La puissance du douzième homme. Elle a toujours été propre au Club Bruges. Il jouissait d'une ambiance encore plus chaude dans son ancien stade, le mythique Klokke, où le public se massait jusqu'au bord du terrain. Quand le stade était comble, il fallait même tirer une corde le long de la ligne de touche pour que les supporters ne tombent pas sur le terrain. Les joueurs sentaient le souffle des spectateurs dans leur cou. Ça avait un impact sur le jeu du Club Bruges. Il était quasiment invincible dans son propre stade mais il perdait la moitié de ses moyens en déplacement. C'était aussi lié à son style de jeu purement offensif. L'équipe ne s'est faite plus prudente et plus économe qu'en 1971, suite à l'embauche du Néerlandais Leo Canjels. Cette tactique a offert au Club le titre 1973, le premier en 53 ans.

Les joueurs du Standard soulignent qu'ils sont à fond derrière Sa Pinto.

De nos jours aussi, le stade Jan Breydel tremble sur ses fondations. Comme dimanche lors du match spectaculaire contre le Standard. Entraîné par l'enthousiasme du public, le Club a développé un football dévastateur par moments. Il possède des supporters fidèles, qui huent rarement leurs joueurs. Ça ne s'est produit qu'une seule fois cette saison et encore était-ce en déplacement à Mouscron : éliminé de la coupe d'Europe, le Club avait été défait 2-1 et une partie des supporters s'était retournée contre Ivan Leko. Depuis lors, tout le monde a appris à aimer l'entraîneur. D'une manière naturelle car le Croate ne fait rien pour se mettre en vitrine.

Ricardo Sa Pinto est très différent. L'entraîneur du Standard sait qu'il ne travaillera probablement plus à Sclessin la saison prochaine mais ça n'entame pas sa passion. Le Standard forme un bloc, les footballeurs débordent d'engagement et se battent les uns pour les autres. Le Standard est sans doute la meilleure équipe de Belgique du moment, portée par Mehdi Carcela et surtout Edmilson Junior. Cette rage de vaincre est remarquable, d'autant que sa victoire en coupe l'assure déjà de l'Europe. Le Standard la doit à son entraîneur, qui sait qu'il a le soutien du groupe. Les joueurs ne ratent pas une occasion de souligner qu'ils sont derrière lui.

Ricardo Sá Pinto, BELGAIMAGE
Ricardo Sá Pinto © BELGAIMAGE

Ça doit être ennuyeux pour le président Bruno Venanzi, qui attend l'accord de Michel Preud'homme mais qui est d'avis, non sans raison, que l'entraîneur a trop souvent placé son club sous un jour négatif cette saison. Le Portugais n'a pas été un porte-drapeau positif du Standard, par ses débordements. Mais même un monument comme Eric Gerets trouve qu'il faut garder Sa Pinto. C'est pour le moins interpellant. Quid si le Standard est bientôt deuxième et donc qualifié pour les tours préliminaires de la Ligue des Champions ? Pourra-t-il alors écarter Sa Pinto aussi facilement ?

Cette deuxième place reste aussi l'ambition d'Anderlecht. Le président Marc Coucke a pointé du doigt les transferts hivernaux décevants, après deux défaites, visant ainsi, une fois de plus, l'ancien manager, Herman Van Holsbeeck. Chercher des excuses de ce genre ne se fait pas à Anderlecht. Mais c'est dans le caractère de Coucke, qui dit ce qu'il pense et ne manie pas l'art de la diplomatie. Il est pourtant beaucoup plus intéressant de se demander pourquoi le jeu d'Anderlecht est aussi irrégulier et pourquoi le Sporting n'a pu confirmer le jeu par moments pétillant déployé contre le Club Bruges face au Standard et à Genk.

Marc Coucke et le directeur sportif Luc Devroe pourront vraiment placer leurs accents au terme de la saison. Ils seront notamment jugés sur leur politique de transferts. En mettant le passé en question, ils se placent eux-mêmes sous pression.

La puissance du douzième homme. Elle a toujours été propre au Club Bruges. Il jouissait d'une ambiance encore plus chaude dans son ancien stade, le mythique Klokke, où le public se massait jusqu'au bord du terrain. Quand le stade était comble, il fallait même tirer une corde le long de la ligne de touche pour que les supporters ne tombent pas sur le terrain. Les joueurs sentaient le souffle des spectateurs dans leur cou. Ça avait un impact sur le jeu du Club Bruges. Il était quasiment invincible dans son propre stade mais il perdait la moitié de ses moyens en déplacement. C'était aussi lié à son style de jeu purement offensif. L'équipe ne s'est faite plus prudente et plus économe qu'en 1971, suite à l'embauche du Néerlandais Leo Canjels. Cette tactique a offert au Club le titre 1973, le premier en 53 ans. De nos jours aussi, le stade Jan Breydel tremble sur ses fondations. Comme dimanche lors du match spectaculaire contre le Standard. Entraîné par l'enthousiasme du public, le Club a développé un football dévastateur par moments. Il possède des supporters fidèles, qui huent rarement leurs joueurs. Ça ne s'est produit qu'une seule fois cette saison et encore était-ce en déplacement à Mouscron : éliminé de la coupe d'Europe, le Club avait été défait 2-1 et une partie des supporters s'était retournée contre Ivan Leko. Depuis lors, tout le monde a appris à aimer l'entraîneur. D'une manière naturelle car le Croate ne fait rien pour se mettre en vitrine. Ricardo Sa Pinto est très différent. L'entraîneur du Standard sait qu'il ne travaillera probablement plus à Sclessin la saison prochaine mais ça n'entame pas sa passion. Le Standard forme un bloc, les footballeurs débordent d'engagement et se battent les uns pour les autres. Le Standard est sans doute la meilleure équipe de Belgique du moment, portée par Mehdi Carcela et surtout Edmilson Junior. Cette rage de vaincre est remarquable, d'autant que sa victoire en coupe l'assure déjà de l'Europe. Le Standard la doit à son entraîneur, qui sait qu'il a le soutien du groupe. Les joueurs ne ratent pas une occasion de souligner qu'ils sont derrière lui. Ça doit être ennuyeux pour le président Bruno Venanzi, qui attend l'accord de Michel Preud'homme mais qui est d'avis, non sans raison, que l'entraîneur a trop souvent placé son club sous un jour négatif cette saison. Le Portugais n'a pas été un porte-drapeau positif du Standard, par ses débordements. Mais même un monument comme Eric Gerets trouve qu'il faut garder Sa Pinto. C'est pour le moins interpellant. Quid si le Standard est bientôt deuxième et donc qualifié pour les tours préliminaires de la Ligue des Champions ? Pourra-t-il alors écarter Sa Pinto aussi facilement ? Cette deuxième place reste aussi l'ambition d'Anderlecht. Le président Marc Coucke a pointé du doigt les transferts hivernaux décevants, après deux défaites, visant ainsi, une fois de plus, l'ancien manager, Herman Van Holsbeeck. Chercher des excuses de ce genre ne se fait pas à Anderlecht. Mais c'est dans le caractère de Coucke, qui dit ce qu'il pense et ne manie pas l'art de la diplomatie. Il est pourtant beaucoup plus intéressant de se demander pourquoi le jeu d'Anderlecht est aussi irrégulier et pourquoi le Sporting n'a pu confirmer le jeu par moments pétillant déployé contre le Club Bruges face au Standard et à Genk. Marc Coucke et le directeur sportif Luc Devroe pourront vraiment placer leurs accents au terme de la saison. Ils seront notamment jugés sur leur politique de transferts. En mettant le passé en question, ils se placent eux-mêmes sous pression.