Un livre publié en France qui éclabousse Lance Armstrong ( L.A. Confidentiel, les secrets de Lance Armstrong, Ed. La Martinière) et un quotidien américain ( Los Angeles Times) qui noie Tim Montgomery.

Le quintuple vainqueur du Tour de France et le recordman du monde du 100 mètres (9''78 en 2002) ne seraient que de vulgaires sportifs dopés. On vous passe les détails, mais on parle de cortisone et d'EPO pour Armstrong, d'anabolisants, d'EPO et d'hormones de croissance pour Montgomery, le mari de la sprinteuse Marion Jones. Point commun entre tous les Américains : le fait qu'ils n'aient jamais été contrôlés positifs. Une réflexion qui déclenche bien des sourires entendus. Les grands spécialistes du dopage étant forcément ceux qui parviennent à masquer la prise de produits interdits.

Armstrong, qui s'accroche à son image de pureté comme quand il tire sur son guidon, a attaqué l'éditeur et les auteurs en justice en France, en exigeant de faire publier sa version concernant les accusations de dopage à son égard. Le juge l'a envoyé paître et l'a condamné aux frais de justice, estimant que son action constituait un exercice abusif de son droit d'ester en justice.

La décision constitue une grande victoire pour le journalisme d'investigation car c'est bien de cela dont on parle. Parmi les témoignages recueillis sur Armstrong, on cite ceux de son ancienne masseuse. En ce qui concerne Montgomery, le journal renvoie à des informations recueillies directement auprès de l'USADA (l'agence antidopage américaine) dans le cadre de l'enquête sur le laboratoire BALCO. Une enquête dans laquelle Jones est également citée ainsi que d'autres athlètes dont la sprinteuse Kelli White, championne du monde à Paris l'an dernier et récemment suspendue pour deux ans suite à ses aveux.

Plus que jamais, les contrôles antidopage ne contrôlent plus grand-chose. Les dopés ont des moyens financiers de plus en plus importants et se font aider par des spécialistes qui se font payer rubis sur ongle. Selon un autre journal américain (le San Jose Mercury News), le prix d'une cure annuelle de produits dopants du laboratoire BALCO coûte 58.000 dollars. Et le sportif qui signe des performances doit payer des primes substantielles à son dopeur.

Comme depuis l'invention du dopage, les tricheurs auront toujours une longueur d'avance. Par contre, la création de l'agence mondiale antidopage et de ses succursales dans le monde a fait passer le pouvoir du monde sportif au monde de l'information et de la transparence, rendant les choses plus difficiles pour les braconniers. Une action encore renforcée par les pouvoirs judiciaire et exécutif lorsque, comme en France et en Italie, il existe des lois fortes contre le dopage et qu'elles sont appliquées. Si les tricheurs arrivaient à passer au travers des mailles du filet, il y aura toujours des reporters prêts à effectuer un travail en profondeur pour faire éclater la vérité.

Dans l'interview de notre dossier Tour de France dédiée à Jim Ochowicz, le premier directeur sportif d'Armstrong, on lit que Lance maîtrise tous les paramètres nécessaires pour gagner. Une phrase à sens multiples. Et puis, Ochowicz prévient aussi que Lance prend toute provocation comme carburant pour ses prestations. Armstrong risque donc d'être remonté comme jamais au départ du Tour.

Le cyclisme, avec ses épopées et ses déballages, est capable du meilleur et du pire, et il est à prendre avec des pincettes. Mais cette attitude provoque l'ire des fans de vélo qui clament : -Tous les sports sont contaminés. Certainement, mais sans doute pas dans les mêmes proportions. Le principal étant que tous les pouvoirs en place et l'opinion publique restent vigilants et traitent toutes les disciplines avec préoccupation et esprit critique.

par John Baete

" Le jugement sur le livre anti-Armstrong constitue UNE VICTOIRE POUR LE JOURNALISME D'INVESTIGATION "

Un livre publié en France qui éclabousse Lance Armstrong ( L.A. Confidentiel, les secrets de Lance Armstrong, Ed. La Martinière) et un quotidien américain ( Los Angeles Times) qui noie Tim Montgomery. Le quintuple vainqueur du Tour de France et le recordman du monde du 100 mètres (9''78 en 2002) ne seraient que de vulgaires sportifs dopés. On vous passe les détails, mais on parle de cortisone et d'EPO pour Armstrong, d'anabolisants, d'EPO et d'hormones de croissance pour Montgomery, le mari de la sprinteuse Marion Jones. Point commun entre tous les Américains : le fait qu'ils n'aient jamais été contrôlés positifs. Une réflexion qui déclenche bien des sourires entendus. Les grands spécialistes du dopage étant forcément ceux qui parviennent à masquer la prise de produits interdits. Armstrong, qui s'accroche à son image de pureté comme quand il tire sur son guidon, a attaqué l'éditeur et les auteurs en justice en France, en exigeant de faire publier sa version concernant les accusations de dopage à son égard. Le juge l'a envoyé paître et l'a condamné aux frais de justice, estimant que son action constituait un exercice abusif de son droit d'ester en justice. La décision constitue une grande victoire pour le journalisme d'investigation car c'est bien de cela dont on parle. Parmi les témoignages recueillis sur Armstrong, on cite ceux de son ancienne masseuse. En ce qui concerne Montgomery, le journal renvoie à des informations recueillies directement auprès de l'USADA (l'agence antidopage américaine) dans le cadre de l'enquête sur le laboratoire BALCO. Une enquête dans laquelle Jones est également citée ainsi que d'autres athlètes dont la sprinteuse Kelli White, championne du monde à Paris l'an dernier et récemment suspendue pour deux ans suite à ses aveux. Plus que jamais, les contrôles antidopage ne contrôlent plus grand-chose. Les dopés ont des moyens financiers de plus en plus importants et se font aider par des spécialistes qui se font payer rubis sur ongle. Selon un autre journal américain (le San Jose Mercury News), le prix d'une cure annuelle de produits dopants du laboratoire BALCO coûte 58.000 dollars. Et le sportif qui signe des performances doit payer des primes substantielles à son dopeur. Comme depuis l'invention du dopage, les tricheurs auront toujours une longueur d'avance. Par contre, la création de l'agence mondiale antidopage et de ses succursales dans le monde a fait passer le pouvoir du monde sportif au monde de l'information et de la transparence, rendant les choses plus difficiles pour les braconniers. Une action encore renforcée par les pouvoirs judiciaire et exécutif lorsque, comme en France et en Italie, il existe des lois fortes contre le dopage et qu'elles sont appliquées. Si les tricheurs arrivaient à passer au travers des mailles du filet, il y aura toujours des reporters prêts à effectuer un travail en profondeur pour faire éclater la vérité. Dans l'interview de notre dossier Tour de France dédiée à Jim Ochowicz, le premier directeur sportif d'Armstrong, on lit que Lance maîtrise tous les paramètres nécessaires pour gagner. Une phrase à sens multiples. Et puis, Ochowicz prévient aussi que Lance prend toute provocation comme carburant pour ses prestations. Armstrong risque donc d'être remonté comme jamais au départ du Tour. Le cyclisme, avec ses épopées et ses déballages, est capable du meilleur et du pire, et il est à prendre avec des pincettes. Mais cette attitude provoque l'ire des fans de vélo qui clament : -Tous les sports sont contaminés. Certainement, mais sans doute pas dans les mêmes proportions. Le principal étant que tous les pouvoirs en place et l'opinion publique restent vigilants et traitent toutes les disciplines avec préoccupation et esprit critique. par John Baete" Le jugement sur le livre anti-Armstrong constitue UNE VICTOIRE POUR LE JOURNALISME D'INVESTIGATION "