Teddy Chevalier se sent bien à Courtrai, cela saute aux yeux. Il marque régulièrement, délivre plus de passes décisives que jamais, travaille pour l'équipe, partage la joie de ses coéquipiers et grimpe même parfois aux barrières pour chanter avec les supporters. " Je redonne aux gens ce qu'eux-mêmes me donnent. "
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Teddy Chevalier se sent bien à Courtrai, cela saute aux yeux. Il marque régulièrement, délivre plus de passes décisives que jamais, travaille pour l'équipe, partage la joie de ses coéquipiers et grimpe même parfois aux barrières pour chanter avec les supporters. " Je redonne aux gens ce qu'eux-mêmes me donnent. " Teddy Chevalier : C'est un soulagement d'être enfin apprécié et respecté dans un club. Cela me motive, et surtout : la vie est plus agréable avec un sourire. Lorsque je suis triste parce que je ne suis pas sélectionné, mes parents le sont aussi. La saison dernière, mes parents venaient me voir dans l'espoir que je puisse au moins monter au jeu durant quelques minutes, mais la plupart du temps, je restais sur le banc. Aujourd'hui, je suis toujours titulaire ; je marque, je fais marquer et nous sommes bien classés, que demander de plus ? Je le pense, oui. Huit buts et neuf assists : je n'ai jamais été aussi décisif. La saison dernière, je ne jouais presque pas avec Hein Vanhaezebrouck. J'ai beaucoup pris sur moi, j'ai décidé de respecter ses choix, de rester calme et de me concentrer à 100 % sur le football. Ma chance, c'est qu'Yves Vanderhaeghe soit devenu T1. Il me parle beaucoup et me donne confiance. Dans les équipes d'âge, j'ai toujours joué seul en pointe, mais à Zulte Waregem, Francky Dury a décidé de me positionner sur le flanc droit. J'y ai livré de bons matches, mais ma meilleure place reste celle à laquelle j'évolue actuellement : en n°9. Et de préférence avec un n°10 capable de conserver le ballon, comme Ivan Santini. Il m'a fait venir à Courtrai pour jouer à droite, mais dans ce système avec deux attaquants de pointe, je devais aussi défendre et ce n'est pas mon style. La saison dernière, nous procédions davantage par de longs ballons en direction des attaquants. Aujourd'hui, le ballon transite plus souvent par le milieu de terrain. Beaucoup de joueurs actuels étaient peu utilisés par Vanhaezebrouck. C'est le cas de Baptiste Ulens, Landry Mulemo, Alassane També, Robert Klaasenet moi-même. Cela ne nous empêche pas de figurer dans le Top 6. Je l'apprécie énormément parce qu'il me parle, me soutient et m'écoute lorsque j'ai quelque chose à dire. L'an passé, le dialogue était impossible avec le coach. Je n'ai même pas pris la peine de lui demander des explications, car il n'y avait aucune relation humaine avec lui. Il gardait ses distances. J'attendais simplement de recevoir me chance. Il me l'a donnée en fin de saison. Je ne voulais pas avoir de problème avec le coach. Aujourd'hui, c'est différent. Vanderhaeghe parle avec tout le monde et cela resserre les liens. Chacun se sent respecté, même ceux qui ne jouent pas, et c'est une grande différence. C'est dû au fait que je suis un mauvais perdant. Je suis direct et passionné. Mauvais caractère ou pas, c'est le caractère d'un vainqueur. Parfois, ma rage de vaincre est mal interprétée, mais tant pis. Je sais que je suis une bonne personne. Mon entourage, ma famille et mes amis m'apprécient, et c'est le principal. Ils sont le fruit d'une trop grande sensibilité. Mais le principal, c'est que je travaille pour l'équipe, que je marque et que je fais marquer. Si certains m'apprécient tel que je suis, tant mieux. Les autres, je m'en f... Je ne demande pas aux gens de m'aimer. Moi-même, je n'aime pas tout le monde non plus. Je préfère que l'on me juge sur mes prestations plutôt que sur mon comportement. Un manque de respect n'est pas agréable, mais je ne demande pas d'être aimé. Zulte Waregem est le seul club où j'ai connu des problèmes. Ici, vous n'entendez pas ce genre de remarque. Oui, mais pourquoi ? Parce que je voulais absolument partir et que, selon lui, je laissais tomber le groupe. Pour le reste, je ne pense pas devoir me justifier pour la réputation qu'on m'a collée à Waregem. C'est du passé et on ne vit pas avec le passé. Je ne commettrai plus les mêmes erreurs. Mais je suis un vainqueur et je réagis parfois émotionnellement. Il en découle de temps en temps une mauvaise réaction ou une parole déplacée, mais je ne suis pas un mauvais garçon pour autant. Ecoutez... et je vous demande même de l'écrire. En quittant Waregem prématurément, j'ai sacrifié une partie de mon salaire. A Waalwijk, je n'avais même pas de prime de match et je n'habitais pas une grande maison. Je gagnais mieux ma vie en D3 ! C'est la vérité. Si j'accepte autant de sacrifices financiers pour relancer ma carrière, est-ce le signe d'un égoïste ? J'ai même essayé d'apprendre l'anglais, mais la barrière de la langue était insurmontable et je me suis senti seul dans ce club. Lorsqu'on ne peut discuter avec personne pendant des mois, on se sent forcément mal dans sa peau. Mes prestations en ont souffert, ma compagne n'était pas heureuse non plus et j'ai fini par demander à partir. Suis-je, pour cela, un égoïste ? Mais le monde du football est ainsi fait. Quand on joue bien, tout le monde veut vous serrer la main. En cas contraire, on vous donne un coup de pied au cul. Mon ambition est de pouvoir jouer, un jour, l'Europa League avec un plus grand club, et je sais que j'ai encore des progrès à faire sur le plan mental. Mais j'ai déjà beaucoup progressé dans ce domaine. Le coach et son assistant (Adnan Custovic, ndlr) m'aident beaucoup. Cela prendra peut-être encore un peu de temps, mais je pense que je parviendrai à contenir mes émotions sans l'aide d'un coach mental.PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTOS: BELGA IMAGE/ KETELS" Je suis direct et passionné. Mauvais caractère ou pas, c'est le caractère d'un vainqueur. " " Je ne demande pas que tout le monde m'aime. "