La saga de l'été a pris fin. Oublié Amour, gloire et beauté. Cette année, c'était davantage Bruges, Standard et Sterchele (prononcez désormais stérkélé). Depuis jeudi dernier, on connaît la nouvelle destination de l'attaquant du Germinal Beerschot. Cela ne faisait plus aucun doute que François Sterchele allait quitter le club anversois (même si certains avaient osé imaginer le Germinal débuter le championnat avec son meilleur buteur) mais restait encore à connaître le nom du nouvel employeur. Au jeu des enchères, c'est finalement le Club Bruges qui, en déliant 3 millions d'euros, a conclu au nez et à la barbe du Standard le transfert du Liégeois d'origine.
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La saga de l'été a pris fin. Oublié Amour, gloire et beauté. Cette année, c'était davantage Bruges, Standard et Sterchele (prononcez désormais stérkélé). Depuis jeudi dernier, on connaît la nouvelle destination de l'attaquant du Germinal Beerschot. Cela ne faisait plus aucun doute que François Sterchele allait quitter le club anversois (même si certains avaient osé imaginer le Germinal débuter le championnat avec son meilleur buteur) mais restait encore à connaître le nom du nouvel employeur. Au jeu des enchères, c'est finalement le Club Bruges qui, en déliant 3 millions d'euros, a conclu au nez et à la barbe du Standard le transfert du Liégeois d'origine. En deux jours, la Sterchelemania a déjà envahi la Venise du nord : les maillots floqués au nom de Sterchele partent comme des petits pains et lors de la journée portes ouvertes, l'ancien attaquant de Charleroi a largement gagné les faveurs des supporters. Le temps de goûter à ses premiers entraînements, à son premier bain de foule et à ses premières matines brugeoises, Sterchele, accompagné de son manager Youri Selak, nous a confié ses premières impressions et est revenu sur son été agité. François Sterchele : Quelle pression ? Je prends toute cette agitation avec philosophie. C'est vrai que je suis content que cela soit terminé. Une semaine ou deux, cela peut être supportable mais un mois, cela accentue la pression. Pour me préparer en vue du début de championnat, ce n'était pas l'idéal de rester dans un club où je n'avais plus toute ma tête. Mais j'ai bien géré cela à part qu'il y avait toujours une crainte que je me blesse. C'est pour cette raison que je n'ai pris part à aucun match amical. Youri Selak : Avec le Standard, on avait fixé une date butoir autour du 15 juillet pour prendre une décision. Et c'est à ce moment-là que Bruges a donné signe de vie. C'est vrai qu'on avait été surpris qu'il ne se manifeste pas avant. Mais Luc Devroe m'a répondu qu'il pensait que le joueur allait coûter plus cher et que s'il prenait contact, c'était aussi en fonction du départ de Bosko Balaban. Finalement, deux jours après, il retéléphonait en affirmant que Bruges était intéressé même si Balaban restait. On a senti que leur envie était réelle. Sterchele : C'est Jacky Mathijssen qui m'a appelé en premier. Il m'a clairement dit qu'il voulait que je le rejoigne à Bruges. Je lui ai répondu - C'est un grand club et on peut parler du projet. Il m'a alors sonné plusieurs fois et le fait que je le connaisse bien, que je sache comment il travaille et que je n'oublie pas que c'est lui qui m'a donné confiance et qui m'a lancé en D1, c'est un atout. Il m'a dit - Je sais comment on a travaillé ensemble et il me faut quelqu'un pour terminer les actions. J'ai pensé à toi. Quand un entraîneur tient un tel discours, cela donne envie de venir. Sterchele : C'est lui qui a directement abordé le sujet en disant - Ne te tracasse pas, on ne t'utilisera pas sur les flancs mais en pointe. Selak : Cela a été évidemment un élément prépondérant. Même avec un noyau pléthorique, il n'est pas question qu'il puisse dépanner à droite ou à gauche comme c'était souvent le cas à Charleroi. Sterchele : Mise à part cette saison, quand je prenais les statistiques de Sport/Foot Magazine, je voyais que Bruges terminait chaque année parmi les deux premiers. Cette stabilité me plaît. Sterchele : Mais, pour un Liégeois, le Standard c'est quelque chose. Selak : Chaque club a son atout. Selak : Cela s'est fait tout récemment. Ce sont les derniers à être rentrés dans la danse. Et puis, il faut aussi souligner que François aurait déjà pu être Brugeois l'année passée. Il y avait eu des négociations entre Mogi Bayat et la direction brugeoise mais cela s'est déroulé le week-end du licenciement de Jan Ceulemans. Son remplaçant Emilio Ferrera a mis un terme aux négociations car il préférait Salou. Sterchele : Il n'y avait pas de problèmes entre le Standard et moi. Il y aurait eu moyen de trouver un accord mais il fallait d'abord que le club s'arrange avec le Germinal Beerschot, ce qu'il n'a pas réussi à faire. Sterchele : Non. Il y avait un accord de principe. Selak : C'était un accord plutôt moral. On avait senti que le Standard était vraiment intéressé quand on a discuté avec eux lors du gala du Footballeur Pro. Leur discours était clair - Si tu as l'opportunité de trouver mieux, tu es libre mais sache que l'on est intéressé. Ils ont tout fait pour l'attirer mais sans vouloir commettre de folies financières pour garder leur budget équilibré. Il y a eu une proposition ferme du Standard (une somme d'argent et deux joueurs) mais celle-ci n'a pas agréé le Germinal. Quand je leur ai fait part des intentions brugeoises, les dirigeants liégeois nous ont affirmé - On n'a toujours pas vendu de joueurs et on ne sait pas avoir de moyens financiers du jour au lendemain. Selak : Le Germinal Beerschot pouvait choisir les joueurs. On a cité aussi Dembele, Fred, Lukunku. Selak : Toutes les propositions étaient sensiblement identiques, dans une fourchette de 5 à 10 %. Ce n'est pas cela qui a fait pencher la balance. Sterchele : Je n'avais pas le feeling. Sterchele : J'ai parlé avec Frankie Vercauteren qui m'a clairement dit que j'allais évoluer sur la gauche ou sur la droite dans un système de trois attaquants. J'aurais été mis à contribution sur les flancs et je sais très bien que ce n'est pas ma place préférée pour me mettre en valeur. Sterchele : J'aurais pu en discuter avec ma famille mais ils m'ont mis la pression pour que je me décide tout de suite. Sterchele : Que je signe à Anderlecht, au Standard ou à Bruges, j'aurais été confronté à la concurrence. Si je craignais celle-ci, je serais resté au Germinal Beerschot. Sterchele : Oui. Sterchele : Oui. Selak : Le Germinal Beerschot s'est montré très correct. Les dirigeants n'ont jamais mis la pression. Sterchele : Tous les jours, on recevait des offres. Selak : Le jour où la décision tombait, un agent me téléphonait pour me dire que l'Espanyol Barcelone était intéressé. Quelques jours auparavant, c'était Sienne qui lui proposait un contrat de quatre ans. Sterchele : Mon plan de carrière consiste à grandir, étape par étape. Passer du Germinal Beerschot à la Série A, je ne pense pas que cela soit la bonne solution. D'abord viser un club du top belge et m'y imposer. Je dois encore accumuler les matches internationaux. Selak : C'est vrai que pour la suite de sa carrière, c'était un élément intéressant. Sterchele : Mais avant de partir en Italie, il fallait marquer des buts au Standard... Sterchele : Pas nécessairement. A Heerenveen, on a vraiment été bien reçu. Mais entre le top club belge et le subtop néerlandais, je préfère rester en Belgique. Je me plais dans mon pays ( il sourit). Sterchele : Non. La Ligue des Champions n'était pas non plus un critère. Anderlecht la disputait et je n'ai pas choisi ce club. Selak : Non. Pas seulement. De la part des Néerlandais, il y avait du scouting. Cela se sentait. Sterchele : Quand je suis arrivé à Heerenveen, l'entraîneur m'a fait passer des tests psychologiques. Il me posait des questions et notait dans la marge - Bien, pas bien. Sterchele : Pourquoi changes-tu de club chaque année ? Pourquoi as-tu envie de venir ici ? A quelle position le club va-t-il terminer ? C'est la première fois que je voyais cela. Selak : C'est ce qu'on appelle les nouvelles méthodes. Tout rentre dans un ordinateur. C'est parfois un peu dommage car on perd le contact humain. Sterchele : J'ai déjà évolué dans toutes les régions de Belgique. Il me restait à découvrir ce coin-ci ( il rit). J'ai des offres supérieures chaque année. Je n'y peux rien. Dans l'état actuel des choses, je veux progresser chaque saison. Et puis les trois parties ont toujours trouvé leur compte. Cependant, maintenant, cela ne me dérangerait pas de rester plusieurs saisons à Bruges. Selak : Il est temps aussi pour lui de gagner un trophée. Sterchele : A commencer par la Supercoupe. C'est un trophée comme un autre ! C'est pour cela qu'on joue, non ? Sterchele : Vu le noyau que l'on possède, je pense que l'on peut y parvenir. Dans l'entrejeu, il faudra faire des choix difficiles tellement il y a de la qualité. Et puis, il y a Jacky Mathijssen. Il va redonner à cette formation une envie de gagner. Sterchele : C'est vrai. Nos destins sont liés. On doit prouver quelque chose. On veut tous les trois remporter un trophée. Selak : Les contacts avec Luc Devroe ont été très positifs. On sent que c'est quelqu'un qui a envie de progresser, qui arrive dans un nouvel environnement. Chacun sait la chance qu'il a de se trouver au Club Bruges et veut justifier la confiance placée en lui. Sterchele : Ici, tout est différent. Que ce soit les infrastructures, les moyens, la qualité des joueurs. Sterchele : L'image de Bruges me plaisait, c'est sûr. J'ai toujours été frappé par son jusqu'au-boutisme. Lors du déplacement du Germinal Beerschot ici, Bruges a décroché la victoire à la 94e minute. Un match n'est jamais fini à Bruges. Il y a un peu un style anglais ici. Sterchele : Je n'ai pas l'impression d'avoir perdu de temps. Pour moi, 23 ans constitue l'âge idéal pour percer en D1. A moins d'être doté d'un talent au dessus de la moyenne, personne n'éclate plus tôt. Surtout quand on est attaquant. Les divisions inférieures m'ont forgé un caractère et je n'oublie jamais d'où je viens. Je ne sais pas où je vais m'arrêter mais je ne me pose pas la question. Selak : Sa force, c'est qu'il n'a pas de style. Il peut marquer du pied gauche, du droit, de la tête. Du coup, les défenseurs ne savent pas comment le contrer. Marc Brys avait compris cela et il l'a laissé s'exprimer. Il bougeait sans cesse sur le terrain. Sterchele : Si on a un jeu fou mais que ça fonctionne, l'entraîneur comprend et laisse faire. Je peux m'adapter à beaucoup de situations. Sterchele : Brys m'a apporté beaucoup sur le plan physique. Les charges de travail étaient conséquentes. Et puis, je garde un bon souvenir de l'ambiance. Je suis content d'avoir connu les joueurs argentins et brésiliens. Ce fut un plaisir de jouer avec eux. Sterchele : C'était la tradition de sabrer le champagne lors des grands événements et j'ai aussi laissé quelques petits cadeaux. Sterchele : Comme je vois, tout se sait. Sterchele : Il me disait - Si tu veux jouer un jour à Milan, tu dois faire ça ou ça. Il me motivait sans cesse. Il savait que je ne devais pas me reposer sur mes acquis. J'ai aussi accumulé de l'expérience et je parviens à mieux appréhender certaines situations. J'ai réussi par exemple à gérer la pression du dernier match de championnat lorsque je devais absolument marquer un but pour être sacré meilleur buteur. Sterchele : Oui tout à fait. J'ai été déçu du comportement des supporters mais cela m'a motivé. Sans cela, le Germinal Beerschot ne serait jamais revenu à 3-3. Sterchele : Non. Sterchele : Je ne pense pas l'avoir été cette saison. Quand je ne suis pas dans une situation idéale pour marquer, je privilégie toujours la passe à un partenaire. Malgré cela, j'ai quand même terminé meilleur buteur. Selak : Il rentre toujours dans un groupe sur la pointe des pieds... Sterchele :... et après deux jours, je suis déjà bien intégré. Sterchele : Si je travaille sérieusement, je devrais rattraper le retard dû au fait que je n'ai pas encore disputer de matches amicaux. Selak :... et s'il n'y a plus trop d'interviews de la presse (il rigole) Sterchele :... et qu'on me laisse faire mon travail en paix (il rigole également). Lors de mes derniers entraînements au Germinal Beerschot, il y avait plein de journalistes. C'est difficile de se concentrer. C'est d'ailleurs pour cette raison que je ne répondais plus au téléphone. En moyenne, trois journalistes de chaque journal m'appelaient par jour. Faites le compte ! par stéphane vande velde