René Desaeyere (56 ans) a fourbi ses premières armes, comme footballeur, au Beerschot (1957- 1970 avant de rejoindre l'Antwerp, après une saison au Daring Molenbeek. Il retrouva le stade du Kiel, comme entraîneur cette fois, de 1992 à 1995, et occupe à présent les mêmes fonctions, depuis le début de cette campagne, à Deurne.
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René Desaeyere (56 ans) a fourbi ses premières armes, comme footballeur, au Beerschot (1957- 1970 avant de rejoindre l'Antwerp, après une saison au Daring Molenbeek. Il retrouva le stade du Kiel, comme entraîneur cette fois, de 1992 à 1995, et occupe à présent les mêmes fonctions, depuis le début de cette campagne, à Deurne. " Si j'étais passé en droite ligne d'un club rival à l'autre, autrefois, on m'aurait sans doute traité de déserteur ", raconte-t-il. " La transition fut probablement moins abrupte parce que j'étais passé dans les rangs des Rouge et Noir de la capitale, entre-temps. Et peut-être aussi, pourquoi le nier, parce que je ne faisais pas figure de favori auprès du difficile public du Beerschot. Au cours de toutes mes années à l'Antwerp, je n'ai toutefois jamais vécu de réactions hostiles de la part des sympathisants des deux camps. Tout au plus me faisais-je allégrement chambrer. Il est vrai que tout en étant footballeur à Deurne, j'habitais toujours à proximité du stade olympique. Dès que je sortais de chez moi avant le derby, j'en prenais inévitablement pour mon grade ". René Desaeyere, qui connaît mieux que tout autre la musique dans les deux clubs, où il a occupé toutes les tâches, à l'exception de celle de dirigeant, est d'avis que tant l'Antwerp que le Beerschot, devenu GBA depuis 1999, doivent garder leur identité propre. Le seul rapprochement réellement possible et envisageable, à ses yeux, est un stade commun, comme à Rome pour l'AS et la Lazio. " A cet égard, on a sûrement raté le coche dans un passé récent ", dit-il. " Il aurait fallu profiter de l'organisation de l'EURO 2000 pour ériger un stade flambant neuf à Anvers, susceptible d'abriter à la fois l'Antwerp et le GBA. En lieu et place, chacun a voulu prêcher pour sa chapelle et cette épreuve d'envergure a finalement échappé à la ville la plus prospère du pays alors que Charleroi, nettement moins bien lotie financièrement, a concocté un pur joyau architectural. Compte tenu de l'aménagement du Kiel et des travaux effectués au Bosuil entre-temps, je me demande si le projet d'une nouvelle enceinte est encore d'actualité. Pourtant, une transposition de la réalité milanaise, où deux clubs se partagent San Siro, serait formidable aussi dans la Métropole. De la sorte, il n'y aurait pas de jaloux et le derby serait toujours une réalité. Pour moi, en tout cas, il constitue un must. Une compétition belge sans l'affrontement entre l'Antwerp et le GBA, ce serait comme un potage sans sel ".