Walter Meeuws(finaliste de l'Euro 1980)

1. On n'avait pas plus de qualité à l'époque, mais on avait certainement plus de personnalité. On était aussi plus solide sur le plan défensif, on était capable de tenir le zéro au marquoir, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. En outre, on maniait très bien l'arme de la contre-attaque. Tout cela faisait qu'on était une équipe très ennuyeuse pour l'adversaire. Personne n'aimait se mesurer aux Diables Rouges, alors qu'aujourd'hui, on ne fait plus peur à personne.
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1. On n'avait pas plus de qualité à l'époque, mais on avait certainement plus de personnalité. On était aussi plus solide sur le plan défensif, on était capable de tenir le zéro au marquoir, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. En outre, on maniait très bien l'arme de la contre-attaque. Tout cela faisait qu'on était une équipe très ennuyeuse pour l'adversaire. Personne n'aimait se mesurer aux Diables Rouges, alors qu'aujourd'hui, on ne fait plus peur à personne. 2.. Ce n'est sans doute pas de sitôt qu'on reverra la Belgique dans un grand tournoi. Pour 2010, cela me semble déjà quasiment exclu. Avec l'Espagne dans le groupe, on joue dès le départ pour la deuxième place. Et là, on se heurte à la Turquie. Même si on termine deuxième, ce qui serait déjà un exploit, on devrait encore se farcir un barrage. Au plus tôt, la qualification peut donc être envisagée pour 2012. Les jeunes du Standard, tout comme Kevin Mirallas, auront alors 24 ans, mais quelle expérience auront-ils d'un grand tournoi ? Aucune, si l'on ne va pas en Afrique du Sud. Or, ils en ont besoin pour mûrir. Voilà deux ans qu'on tâtonne pour trouver un concept de jeu cohérent. Quand on construit, on commence par les fondations. Où en est la défense ? On a pris sept buts sur les deux derniers matches amicaux 1. Cela peut paraître bizarre, mais je trouve qu'il y a plus de talent dans l'équipe actuelle qu'à mon époque. Par contre, je ne retrouve plus cette hargne et cette volonté qu'il y avait autrefois. Jadis, on jouait sans complexe. Quel que soit l'adversaire, on l'abordait en ayant la conviction qu'on pouvait le vaincre, alors qu'aujourd'hui, j'ai parfois l'impression qu'on part battu d'avance. Je trouve aussi qu'on jouait de façon plus intelligente, à mon époque. On était plus malicieux, on savait bien se positionner et, au besoin, commettre la faute nécessaire. On était aussi plus motivé. Etre Diable Rouge, c'était le summum. En ce qui me concerne, l'Euro 1984 demeure un très bon souvenir : j'avais été appelé en dernière minute, suite au forfait de Michel Renquin, et j'avais eu la chance de marquer dès mon premier match, contre la Yougoslavie. 2. J'aimerais répondre qu'on se requalifiera dans les plus brefs délais, mais je n'y crois guère. Au départ, j'étais un pro- René Vandereycken car je pensais qu'il allait nous ramener la rigueur dont on témoignait autrefois, mais j'ai dû déchanter. Pourtant, j'ai l'impression qu'il suffirait d'un déclic : deux ou trois victoires d'affilée, pour relancer la mécanique. Il faudrait peut-être un peu de chance aussi. Mais la chance, il faut la forcer. On doit retrouver un esprit de corps, une envie de se surpasser. Si l'on ne joue qu'à 80 % de ses moyens, on ne s'en sortira jamais. Mais les joueurs ont-ils encore envie de se surpasser lorsqu'ils enfilent le maillot des Diables Rouges ? J'ai l'impression qu'ils songent surtout à éviter une blessure qui les priverait d'un match important avec leur club, trois jours plus tard. Le climat négatif qui entoure l'équipe nationale n'arrange rien : se faire siffler en affrontant l'Azerbaïdjan, c'est plus une corvée qu'un plaisir. 1. Il y avait sans doute plus de coaching interne, à l'époque. Il y avait aussi un schéma de jeu défini, et une équipe-type définie. J'évoluais toujours avec deux attaquants de pointe, et derrière eux, un joueur comme Marc Wilmots, qui possédait une force de frappe appréciable et faisait toujours plus que ce qu'on espérait de lui. Il y avait aussi un joueur que j'adorais : Gert Verheyen, qui en imposait plus par sa présence physique que par la parole, mais qui était écouté. C'est sans doute ce leadership qui manque à l'équipe actuelle. Après la retraite des deux joueurs précités, en 2002, les Diables Rouges n'ont plus jamais participé à un grand tournoi. Aujourd'hui, il y a Timmy Simons, qui s'implique beaucoup mais qui ne dégage pas la même autorité naturelle. 2. Je ne suis pas très optimiste. Certes, l'équipe actuelle est très jeune et dispose encore d'une marge de progression. Les joueurs jouent très tôt en D1 belge, ce qui laisse augurer d'un épanouissement rapide. Certes aussi, une équipe expérimentée n'est pas toujours garante de résultats : lors de l'Euro 2000, ce sont deux joueurs parmi les plus expérimentés ( Filip De Wilde et Lorenzo Staelens, pour les citer) qui avaient précipité l'élimination. Mais je trouve qu'après la Coupe du Monde 2002, le rajeunissement a été trop drastique. Chez les Diables Rouges, il ne faut plus faire de la formation mais aligner la meilleure équipe possible. Or, aujourd'hui, il n'y a plus de différence entre l'équipe A et l'équipe Espoirs.