" A Molenbeek, on parle régulièrement des belles années du RWDM, ce que je peux comprendre mais évoquer une nouvelle fusion entre les gars du stade Fallon et ceux de la rue Charles Malis est une erreur. La D1 est devenue un univers inaccessible pour ces deux clubs. Ils devraient se satisfaire des joies qu'on peut vivre en D2. En 1973, le mariage entre le Daring et le Racing White ne pouvait qu'être difficile car ils ne partageaient pas les mêmes traditions. Il y a eu le titre en 1975 mais l'osmose ne fut jamai...

" A Molenbeek, on parle régulièrement des belles années du RWDM, ce que je peux comprendre mais évoquer une nouvelle fusion entre les gars du stade Fallon et ceux de la rue Charles Malis est une erreur. La D1 est devenue un univers inaccessible pour ces deux clubs. Ils devraient se satisfaire des joies qu'on peut vivre en D2. En 1973, le mariage entre le Daring et le Racing White ne pouvait qu'être difficile car ils ne partageaient pas les mêmes traditions. Il y a eu le titre en 1975 mais l'osmose ne fut jamais totale. A mon avis, le Daring a même eu tort de snober un autre projet de fusion avec le Crossing de Molenbeek. A la fin des années 60, il s'avéra que le stade de la rue de Normandie n'était pas taillé pour la D1 . Sénateur bourgmestre de Molenbeek, Edmond Machtens était le président d'honneur des Bleu et Blanc qui, venus de Ganshoren, s'étaient établis au Sippelberg en 1959. Le Daring du président Marcel Fluche tirait la langue. En 1966, suite à un penalty accordé à Anderlecht et transformé par Jef Jurion, Fluche descendit la tribune et ordonna à ses joueurs de quitter la pelouse : -C'est un scandale, rentrez aux vestiaires. Le Daring essuya un 5-0 sur le tapis vert mais cela n'ébranla pas Fluche. Trois ans plus tard, au Lierse, il fut emporté par une crise cardiaque. A cette époque, René Fosset, le président du Crossing avança l'idée d'une fusion mais le conseil d'administration du Daring rejeta. Les Rouge et Noir ne voulaient pas unir leur destin à celui de leurs ennemi molenbeekois. Or, que se passa-t-il à la fin de la saison 1968-1969 ? Le Daring prit l'ascenseur pour la D2 et confia un peu plus tard la présidence à Jean-BaptisteL'Ecluse, qui réorganisa le club. Le Crossing, lui, intégra l'élite. J'aimais bien l'ambiance de la rue de Normandie où les joueurs bruxellois se retrouvaient en face du stade, dans le café de Martin Lippens. Le Crossing avait bataillé ferme avec l'apport des Coppens, Masopust, Culot, Craps et sans oublier l'accident de la route, sur le viaduc de Koekelberg (cet ouvrage n'existe plus), qui mit plusieurs joueurs sur le flanc. C'était le moment où jamais de fondre les deux équipes dans un beau projet. Et que sont devenus les frères ennemis de Molenbeek ? Le Daring et le RWDM ont été rayés de la carte. Le Crossing s'est installé à Schaerbeek et y joua trois saisons en D1. Plus tard, le Crossing se réfugia dans l'anonymat, à Elewijt. Enfin, le Brussels joue quand même au stade Machtens tandis que le Sippelberg accueille des clubs amateurs et des professionnels sans contrat. Je suis persuadé qu'une fusion Daring-Crossing aurait constitué une belle réussite molenbeekoise. "PIERRE BILIC