La peau foncée, une coiffure rasta, Junior Diaz (27 ans), l'arrière gauche du Club Bruges est mobile, il a un bon tir et est très rapide. Quand le Canadien Michael Klukowski est parti en catastrophe à Ankaragücü en août, le Club a instantanément trouvé un accord avec cet international costaricain qui ne manque pas d'expérience en Europe, puisqu'il a rejoint la Pologne et le Wisla Cracovie en 2008. Double champion de Pologne, il a pris part à l'Europa League. Ce n'est donc pas un tendron...
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La peau foncée, une coiffure rasta, Junior Diaz (27 ans), l'arrière gauche du Club Bruges est mobile, il a un bon tir et est très rapide. Quand le Canadien Michael Klukowski est parti en catastrophe à Ankaragücü en août, le Club a instantanément trouvé un accord avec cet international costaricain qui ne manque pas d'expérience en Europe, puisqu'il a rejoint la Pologne et le Wisla Cracovie en 2008. Double champion de Pologne, il a pris part à l'Europa League. Ce n'est donc pas un tendron... Il est né d'un père footballeur, Enrique, 52 fois international à l'arrière gauche aussi mais qui n'a jamais trouvé de club en-dehors de son pays. A la naissance de Junior, Enrique jouait à Heredia, une ville proche de la capitale, San José, puis il a rejoint un club de celle-ci, emmenant sa famille. Le football est une histoire de famille, puisque les frères cadets de Junior, Jeferson (23 ans) et Radvall (15 ans) jouent également. Actuellement, Enrique entraîne à Saprissa, un club de division inférieure, et son épouse tient désormais une boutique de vêtements. " La vie à San José était super ", commente Junior. " La ville était calme, le mercure ne chute jamais en-dessous des 15 degrés. " Les alentours de la capitale sont voués à la nature : forêts, collines, plantations de café, rivières et chutes d'eau. Cela a un petit air de brochure touristique. " Malheureusement, l'insécurité gagne du terrain depuis quelques années et il faut être prudent. " Passionné de foot mais aussi de musique - reggae, salsa, hiphop - Junior danse à travers la vie. Si l'école n'était pas son truc, il n'était pas aussi insouciant qu'il pourrait le sembler : il avait un plan de carrière. D'abord, marcher sur les traces de son père. A 16 ans, il est retourné à Heredia pour s'y affilier à un des grands clubs du pays, le Club Sport Herediano. Deux ans plus tard, après avoir été international Junior (13x) il se produit en équipe-fanion et peu après, le sélectionneur du Costa Rica frappe à sa porte (43 caps, 1 but à ce jour). Junior affûte ses ambitions : il veut s'expatrier, jouer en Europe. Le Mexique constitue une option, il paie ses footballeurs mais il est bien pâle à côté de l'Europe... Junior n'a jamais rien négligé pour réussir : alors qu'il a effectué ses débuts en attaque, il redescend volontiers à l'arrière gauche, un poste qui lui permet de toute façon de monter. Mais comment trouver embauche en Europe ? Son équipe émarge au top 3 du Costa Rica, elle est la plus titrée mais n'a plus rien gagné depuis 1993 car ses meilleurs éléments ne songent qu'à s'expatrier, comme Paulo Wanchope, qui a tenté sa chance en Angleterre. Comble du malheur, le Costa Rica n'est pas qualifié pour le Mondial 2006. Junior espérait bien profiter de cette vitrine. Un manager lui propose finalement d'effectuer un test de deux semaines au Wisla Cracovie. Junior accepte, participe aux matches amicaux et le Wisla lui offre un contrat de trois ans en 2008. Il aurait préféré un club hispanophone mais il ne fait pas la fine bouche : l'essentiel est d'être en Europe. Il parle déjà un peu anglais et le perfectionne, il essaie aussi de s'exprimer en Polonais. Il met tout en £uvre pour s'intégrer, réussir, même si le rude climat polonais le rebute. Après sa première saison en Pologne, il épouse une compatriote, Gabriela. Le couple a aujourd'hui une petite fille de neuf mois, Camilla. " Je ne regrette pas d'avoir transité par la Pologne. J'y ai découvert le football européen, physique. Cela a facilité mon adaptation à Bruges. " D'ailleurs, avant de s'y aventurer, il a demandé des renseignements à Roy Myrie et à Bryan Ruiz : " Ils m'ont dit de sauter sur l'occasion, de signer. Tout ce que j'y ai découvert me plaît. Bruges, c'est un grand club. " Et les déplacements y sont moins longs qu'en Pologne, où l'équipe passait des heures en car. Il ne regrette pas les occasions ratées durant l'été 2009, au terme de sa première saison à Cracovie. Le FC Twente s'était manifesté, de même que Saint-Etienne et une formation italienne, mais sans aboutir à une proposition concrète. Cet été, à un an de la fin de son contrat, le Wisla l'a autorisé à partir. Il a effectué sa préparation en Pologne et même joué en Coupe d'Europe, avant de répondre à l'appel brugeois. Pour combien de temps ? " D'abord, je dois me distinguer ici. Et au fond, je suis déjà très heureux de la chance qui vient de m'être offerte. "PAR PETER T'KINT - PHOTO : BELGA" Durant l'été 2009, Twente, Saint-Etienne, et un club italien s'intéressent à l'international costaricain. "