EIJI KAWASHIMA

2012-2015

88 matches

36 ans

RC Strasbourg

" DEVENIR L'UN DES LEURS "

" Jouer au Standard, ce n'est pas simple, mais c'est une chance. Je me suis entraîné avec Arnaud quand j'étais au club et si je peux lui donner un conseil aujourd'hui, c'est de profiter de chaque instant qu'il passe sur le terrain, sous ce maillot. Être le gardien d'un tel club, c'est très spécial. Personnellement, c'est probablement l'une des choses les plus spéciales que j'ai vécues. Quand je suis arrivé du Lierse, je savais qu'il s'agissait de l'un des plus grands clubs de Belgique. J'étais très excité, mais j'avais aussi conscience qu'y garder les buts, c'était peut-être l'un des métiers les plus difficiles du pays ( rires). Il y a beaucoup de pression, et elle peut jouer aussi bien pour que contre toi. Quand je jouais bien, tout se passait pour le mieux, même si je savais que je devais toujours prouver ma valeur. C'est le cas pour tout le monde à Sclessin : si tu ne performes pas sur deux ou trois matches, tu peux être sifflé. Mais quand tu es gardien, tu as la tribune juste derrière toi et quand elle te siffle, avec l'ensemble du stade, c'est difficile de garder la confiance. Dans ces moments, j'ai compris qu'il fallait un gros caractère pour être gardien du Standard sur le long terme. Mon premier match, c'était justement à Sclessin. On a perdu contre Zulte-Waregem ( défaite 0-1, ndlr), mais l'atmosphère dans le stade était particulière. J'étais content d'en faire partie, malgré la défaite. J'ai aussi senti que les Liégeois aiment supporter des joueurs locaux, ils aiment pouvoir s'identifier à leur équipe. Parce que j'étais un étranger, je savais que je devais me donner deux fois plus pour devenir l'un des leurs. Je ne dis pas non plus que j'ai tout fait pour être aimé, car je crois vraiment qu'ils aiment le beau football et les bons gardiens, d'où qu'ils viennent. Par exemple, à mes débuts, Sinan Bolat était encore là et quand je prenais un but, tout le stade chantait à sa gloire. C'était difficile à vivre. Ma deuxième saison était la plus aboutie. J'ai sauvé un penalty contre Malines ( victoire 2-0 en mars 2014, ndlr) et ça nous a permis de faire la course pour le titre. Nous avons terminé deuxièmes, malheureusement, mais l'ambiance était fantastique. J'ai vécu les meilleurs moments de ma carrière, cette saison-là. Après, ma situation est devenue plus compliquée. Je sortais de la Coupe du Monde, le club voulait me prolonger mais je voulais trouver un nouveau challenge à l'étranger, après cinq ans passés en Belgique. Ce qui ne m'a pas aidé et j'ai été relégué sur le banc ( au profit de Yohann Thuram, ndlr). Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment apprécié mes moments à Liège. "

EIJI KAWASHIMA, BELGAIMAGE
EIJI KAWASHIMA © BELGAIMAGE

GUILLAUME HUBERT

2013-2017

36 matches

25 ans

Cercle Bruges

" AVOIR DU CARACTÈRE "

" J'ai commencé chez les pros alors que le club vivait une situation catastrophique. Le Standard était dernier et on allait à Charleroi ( victoire 2-3, en octobre 2015, ndlr). C'était spécial pour moi, qui suis carolo, et ce n'était pas évident de défendre mes buts dans ce contexte. C'était la grosse crise, mais on gagne là-bas et on bat ensuite Anderlecht, à la maison. Quand tu joues dans les buts à Sclessin, tu sens qu'il y a quelque chose qui gronde derrière toi. Là, c'était la folie. Pour moi, c'était une bonne pression. J'ai enchaîné les matches jusqu'à ce que Victor Valdés arrive. Après, on connaît l'histoire. Le club a eu l'opportunité de le faire signer, tant mieux, mais il n'a pas forcément presté et moi, j'ai été coupé dans mon élan. C'est dommage parce que le Standard a cette tradition des gardiens formés au club... Ensuite, Jean-François Gillet est revenu et c'est vraiment devenu compliqué pour moi. J'ai disputé quelques matches, par-ci, par-là, toujours dans des contextes particuliers. Un gardien doit pouvoir enchaîner pour engranger de la confiance. Je pense que si on m'avait laissé une saison complète, j'aurais connu une autre carrière à Liège. J'avais beau jouer, je n'avais jamais de certitudes. Je sentais qu'à la moindre boulette, j'allais disparaître. Il suffit de regarder les débuts de David De Gea à Manchester : au début, ça ne se passait pas bien. Aujourd'hui, il figure parmi les meilleurs. J'espère qu'Arnaud connaîtra une histoire différente de la mienne. Il a la chance qu'au Standard, les supporters aiment bien s'identifier et sont toujours plus tolérant avec un jeune du club, un gars du coin. J'ai l'impression qu'il est lancé, avec Jean-François Gillet pour l'accompagner, derrière lui. Il y a eu une petite mésentente contre Mouscron ( but contre son camp de Laifis, ndlr), mais ça fait partie de son apprentissage, ce n'est pas la dernière. Il est bien parti pour rester et c'est très bien, parce que c'est un super gars. Il a un bon jeu au pied et c'est important à l'heure actuelle. Son seul défaut, c'est peut-être sa taille. Sinon, il est plutôt complet. Il faut vraiment avoir du caractère pour s'imposer à Sclessin sur le long terme et je pense qu'Arnaud a les qualités pour le faire. "

GUILLAUME HUBERT, BELGAIMAGE
GUILLAUME HUBERT © BELGAIMAGE

DIMITRI HABRAN

1992-1994 ; 1998-2002 ; 2003-2004

6 matches

44 ans

Stade Disonais

" RESTER SOI-MÊME "

" Il y a une image que les gens retiennent de moi : ma sortie kamikaze sur Aruna Dindane ( 1-1 à Sclessin face à Anderlecht, en avril 2004, ndlr). Walter Baseggio lui avait envoyé un ballon profondeur et je l'ai dégagé de la tête... Je n'ai rien fait de mal, mais je suis rentré dans Dindane, comme il faut. J'ai gardé la photo parce qu'elle me tient aussi à coeur. Elle montre que quoi qu'il arrive, je donnais ma vie pour le Standard. C'était mon avant-dernier match. En tout, j'en ai disputé seulement six, mais je n'ai jamais perdu ( quatre nuls, deux victoires, ndlr). Comme Arnaud Bodart, c'est Michel Preud'homme qui m'a lancé dans le grain bain. Mais c'était particulier. On recevait Alost ( victoire 2-0, en décembre 2001, ndlr) et c'est Khalid Fouhami qui devait être titulaire. Sauf qu'il est arrivé en retard. On avait rendez-vous à onze heures à Sclessin et il n'est arrivé qu'à treize heures parce qu'il devait aller chercher quelqu'un à l'aéroport... Moi, je n'étais au courant de rien. Puis, j'ai vu mon nom sur la feuille. J'étais surpris, mais j'étais prêt. Preudhomme n'a pas fait de grand discours. Juste quelques mots, pour me mettre en confiance. Il m'a dit de jouer simple, de faire mon match... De toute façon, je ne suis pas quelqu'un qui ressens la pression. Que je joue devant 100, 1.000 ou 100.000 personnes, c'est la même chose pour moi. Le problème, c'est qu'on en demande toujours beaucoup aux gardiens. Si tu fais une boulette, une seule, on te tue. Surtout à Sclessin. Maintenant, on donne beaucoup de crédits aux étrangers. Je me suis battu pour avoir ma place, mais on ne m'a jamais vraiment donné ma chance. En même temps, il faut dire qu'il y avait des pointures devant moi : Fabian Carini, Vedran Runje... Aujourd'hui, Bodart a l'occasion de montrer ce qu'il vaut et il faut qu'il en profite, parce qu'on ne fait pas assez confiance aux jeunes. Le plus important, c'est qu'il joue avec son coeur, avec passion et qu'il reste lui-même. C'est ce qui fait un bon gardien. La passion, le coeur, c'est ce qui me tient debout, c'est ce qui fait que je joue encore aujourd'hui, à 44 ans. Tant que le temps et mon corps me le permettent, je serai dans un but. "

DIMITRI HABRAN, BELGAIMAGE
DIMITRI HABRAN © BELGAIMAGE

BOGDAN STELEA

1993-1994

3 matches

51 ans

consultant à la TV roumaine

" SUPPORTER LA PRESSION "

" Je n'ai joué que trois mois au Standard. Je suis arrivé à la fin de l'année 1993, en novembre. Gilbert Bodart était blessé et ils cherchaient un remplaçant qui était prêt à jouer, de suite. Ils m'ont appelé sur les conseils de Mircea Rednic, qui était l'un des joueurs à l'époque. J'étais à Majorque, en D2 espagnole, mais je ne jouais plus trop. J'avais besoin de jouer parce que je voulais disputer la Coupe du Monde 1994, avec mon pays, la Roumanie. Au début, c'était l'opportunité parfaite pour moi. Sauf que je n'ai joué que quelques matches, dont la Supercoupe de Belgique ( perdue 3-0 contre Anderlecht, début 1994, ndlr), parce que Gilbert est vite revenu de blessure. C'était un très, très bon gardien, qui plus est formé au club, donc pour moi, c'était normal qu'il joue. Les gens l'adoraient parce qu'ils se voyaient en lui, mais aussi parce qu'il plaçait la barre très haute. J'aurais voulu le mettre sur le banc, mais je n'ai pas eu assez de temps pour le faire. J'aurais eu besoin d'un an, au moins. Mais il se passait trop de choses dans ma tête. J'étais jeune, j'avais 26 ans, je ne parlais pas la langue et je devais à tout prix être sur le terrain pour me sentir bien. Quand je jouais à Sclessin, tout ces éléments s'accumulaient et je sentais que j'avais la pression. Cette pression m'a joué des tours. Pour cette raison, j'étais un peu à l'écart. Ça ne m'a pas empêché de vivre des bons moments dans le vestiaire, je me souviens notamment que Marc Wilmots ne s'arrêtait jamais de faire des blagues, mais il fallait que je trouve une solution. René Vandereycken ( le coach de l'époque, ndlr) voulait que je reste et il m'a dit que si c'était le cas, j'allais peut-être finir par jouer. Il m'a très bien traité et je m'entendais aussi très bien avec Roger Henrotay ( le directeur général, ndlr), mais j'avais besoin de jouer, tout de suite. La Coupe du Monde était mon rêve et ils l'ont compris. En février, j'étais déjà de retour à la maison, au Rapid Bucarest. J'ai retrouvé une place de titulaire et j'ai été sélectionné pour le Mondial aux États-Unis. On a battu la Colombie, dès notre premier match, puis l'Argentine en huitièmes avant d'être éliminés par la Suède en quarts de finale ( Stelea n'a disputé que les deux premiers matches de poule, ndlr). Le Standard était peut-être un passage obligé pour arriver jusque-là... "

BOGDAN STELEA, BELGAIMAGE
BOGDAN STELEA © BELGAIMAGE

KRISTOF VAN HOUT

2009-2011

11 matches

32 ans

Westerlo

" VIVRE AVEC LA FERVEUR "

" Quand je suis arrivé à Sclessin, j'avais 22 ans. Je n'avais qu'une faible expérience du haut-niveau. Je n'avais disputé que très peu de matches à Courtrai et je n'étais pas vraiment renommé à mon poste. Ce qui est drôle, c'est que la saison précédente, on avait éliminé le Standard en Coupe aux penalties, grâce à moi. C'était ma première rencontre avec les pros et les gens m'en parlent encore. Normalement, on n'aurait jamais dû gagner ce match : c'était Courtrai contre le Standard champion. Puis, je me suis retrouvé dans cette équipe. J'étais très nerveux, tout a été très vite. Une fois dans les buts, j'ai ressenti quelque chose d'indescriptible. Dès mon premier match (1 -1 contre Zulte-Waregem, en octobre 2009, ndlr), j'ai provoqué un penalty... ( Il souffle) Là, c'était compliqué. Il n'y avait qu'une chose à faire : l'arrêter. Et je l'ai fait. Ça a été un moment très spécial, le stade était en feu. J'ai senti que j'avais gagné la confiance des supporters, qu'ils étaient avec moi. Ce sentiment était beau, vraiment puissant, et c'était grâce au public, qui est probablement le meilleur en Belgique. Il faut aussi apprendre à vivre avec cette ferveur, pouvoir l'apprivoiser. Sinon, c'est impossible de sortir la tête de l'eau. Sur mes deux ans là-bas, je n'ai pas beaucoup joué mais c'était les plus beaux moments de ma carrière, sans aucun doute. De manière générale, c'est toujours plus dur d'être gardien au Standard, à Anderlecht ou à Bruges. La pression est toujours là, tu dois toujours gagner. Surtout pour un jeune gardien, c'est très difficile. À Westerlo, tu vas être davantage mis en avant, parce que tu vas toucher plus de ballons. Au Standard, tu n'en as que très peu donc tu ne dois pas te rater. Pour les dirigeants d'un tel club, c'est également plus dur de titulariser un jeune dans les buts. C'est là que les supporters peuvent aider, en donnant de la confiance à quelqu'un comme Bodart. Maintenant, tu sens qu'ils sont derrière lui. Ils doivent être capables d'accepter qu'il puisse faire des erreurs et à partir de ce moment-là, il n'en sortira que meilleur. Je ne peux que lui souhaiter de garder la tête froide. Je suis des cours d'entraîneur des gardiens et dans ce cadre, j'ai été voir un entraînement de Jan Van Steenberghe ( le coach des portiers rouches, ndlr). J'ai vu les qualités d'Arnaud, je suis convaincu qu'il va devenir très bon et qu'il va s'imposer au Standard pour plusieurs années. "

KRISTOF VAN HOUT, BELGAIMAGE
KRISTOF VAN HOUT © BELGAIMAGE
© BELGAIMAGE
2012-2015 88 matches 36 ans RC Strasbourg " Jouer au Standard, ce n'est pas simple, mais c'est une chance. Je me suis entraîné avec Arnaud quand j'étais au club et si je peux lui donner un conseil aujourd'hui, c'est de profiter de chaque instant qu'il passe sur le terrain, sous ce maillot. Être le gardien d'un tel club, c'est très spécial. Personnellement, c'est probablement l'une des choses les plus spéciales que j'ai vécues. Quand je suis arrivé du Lierse, je savais qu'il s'agissait de l'un des plus grands clubs de Belgique. J'étais très excité, mais j'avais aussi conscience qu'y garder les buts, c'était peut-être l'un des métiers les plus difficiles du pays ( rires). Il y a beaucoup de pression, et elle peut jouer aussi bien pour que contre toi. Quand je jouais bien, tout se passait pour le mieux, même si je savais que je devais toujours prouver ma valeur. C'est le cas pour tout le monde à Sclessin : si tu ne performes pas sur deux ou trois matches, tu peux être sifflé. Mais quand tu es gardien, tu as la tribune juste derrière toi et quand elle te siffle, avec l'ensemble du stade, c'est difficile de garder la confiance. Dans ces moments, j'ai compris qu'il fallait un gros caractère pour être gardien du Standard sur le long terme. Mon premier match, c'était justement à Sclessin. On a perdu contre Zulte-Waregem ( défaite 0-1, ndlr), mais l'atmosphère dans le stade était particulière. J'étais content d'en faire partie, malgré la défaite. J'ai aussi senti que les Liégeois aiment supporter des joueurs locaux, ils aiment pouvoir s'identifier à leur équipe. Parce que j'étais un étranger, je savais que je devais me donner deux fois plus pour devenir l'un des leurs. Je ne dis pas non plus que j'ai tout fait pour être aimé, car je crois vraiment qu'ils aiment le beau football et les bons gardiens, d'où qu'ils viennent. Par exemple, à mes débuts, Sinan Bolat était encore là et quand je prenais un but, tout le stade chantait à sa gloire. C'était difficile à vivre. Ma deuxième saison était la plus aboutie. J'ai sauvé un penalty contre Malines ( victoire 2-0 en mars 2014, ndlr) et ça nous a permis de faire la course pour le titre. Nous avons terminé deuxièmes, malheureusement, mais l'ambiance était fantastique. J'ai vécu les meilleurs moments de ma carrière, cette saison-là. Après, ma situation est devenue plus compliquée. Je sortais de la Coupe du Monde, le club voulait me prolonger mais je voulais trouver un nouveau challenge à l'étranger, après cinq ans passés en Belgique. Ce qui ne m'a pas aidé et j'ai été relégué sur le banc ( au profit de Yohann Thuram, ndlr). Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment apprécié mes moments à Liège. " 2013-2017 36 matches 25 ans Cercle Bruges " J'ai commencé chez les pros alors que le club vivait une situation catastrophique. Le Standard était dernier et on allait à Charleroi ( victoire 2-3, en octobre 2015, ndlr). C'était spécial pour moi, qui suis carolo, et ce n'était pas évident de défendre mes buts dans ce contexte. C'était la grosse crise, mais on gagne là-bas et on bat ensuite Anderlecht, à la maison. Quand tu joues dans les buts à Sclessin, tu sens qu'il y a quelque chose qui gronde derrière toi. Là, c'était la folie. Pour moi, c'était une bonne pression. J'ai enchaîné les matches jusqu'à ce que Victor Valdés arrive. Après, on connaît l'histoire. Le club a eu l'opportunité de le faire signer, tant mieux, mais il n'a pas forcément presté et moi, j'ai été coupé dans mon élan. C'est dommage parce que le Standard a cette tradition des gardiens formés au club... Ensuite, Jean-François Gillet est revenu et c'est vraiment devenu compliqué pour moi. J'ai disputé quelques matches, par-ci, par-là, toujours dans des contextes particuliers. Un gardien doit pouvoir enchaîner pour engranger de la confiance. Je pense que si on m'avait laissé une saison complète, j'aurais connu une autre carrière à Liège. J'avais beau jouer, je n'avais jamais de certitudes. Je sentais qu'à la moindre boulette, j'allais disparaître. Il suffit de regarder les débuts de David De Gea à Manchester : au début, ça ne se passait pas bien. Aujourd'hui, il figure parmi les meilleurs. J'espère qu'Arnaud connaîtra une histoire différente de la mienne. Il a la chance qu'au Standard, les supporters aiment bien s'identifier et sont toujours plus tolérant avec un jeune du club, un gars du coin. J'ai l'impression qu'il est lancé, avec Jean-François Gillet pour l'accompagner, derrière lui. Il y a eu une petite mésentente contre Mouscron ( but contre son camp de Laifis, ndlr), mais ça fait partie de son apprentissage, ce n'est pas la dernière. Il est bien parti pour rester et c'est très bien, parce que c'est un super gars. Il a un bon jeu au pied et c'est important à l'heure actuelle. Son seul défaut, c'est peut-être sa taille. Sinon, il est plutôt complet. Il faut vraiment avoir du caractère pour s'imposer à Sclessin sur le long terme et je pense qu'Arnaud a les qualités pour le faire. " 1992-1994 ; 1998-2002 ; 2003-2004 6 matches 44 ans Stade Disonais " Il y a une image que les gens retiennent de moi : ma sortie kamikaze sur Aruna Dindane ( 1-1 à Sclessin face à Anderlecht, en avril 2004, ndlr). Walter Baseggio lui avait envoyé un ballon profondeur et je l'ai dégagé de la tête... Je n'ai rien fait de mal, mais je suis rentré dans Dindane, comme il faut. J'ai gardé la photo parce qu'elle me tient aussi à coeur. Elle montre que quoi qu'il arrive, je donnais ma vie pour le Standard. C'était mon avant-dernier match. En tout, j'en ai disputé seulement six, mais je n'ai jamais perdu ( quatre nuls, deux victoires, ndlr). Comme Arnaud Bodart, c'est Michel Preud'homme qui m'a lancé dans le grain bain. Mais c'était particulier. On recevait Alost ( victoire 2-0, en décembre 2001, ndlr) et c'est Khalid Fouhami qui devait être titulaire. Sauf qu'il est arrivé en retard. On avait rendez-vous à onze heures à Sclessin et il n'est arrivé qu'à treize heures parce qu'il devait aller chercher quelqu'un à l'aéroport... Moi, je n'étais au courant de rien. Puis, j'ai vu mon nom sur la feuille. J'étais surpris, mais j'étais prêt. Preudhomme n'a pas fait de grand discours. Juste quelques mots, pour me mettre en confiance. Il m'a dit de jouer simple, de faire mon match... De toute façon, je ne suis pas quelqu'un qui ressens la pression. Que je joue devant 100, 1.000 ou 100.000 personnes, c'est la même chose pour moi. Le problème, c'est qu'on en demande toujours beaucoup aux gardiens. Si tu fais une boulette, une seule, on te tue. Surtout à Sclessin. Maintenant, on donne beaucoup de crédits aux étrangers. Je me suis battu pour avoir ma place, mais on ne m'a jamais vraiment donné ma chance. En même temps, il faut dire qu'il y avait des pointures devant moi : Fabian Carini, Vedran Runje... Aujourd'hui, Bodart a l'occasion de montrer ce qu'il vaut et il faut qu'il en profite, parce qu'on ne fait pas assez confiance aux jeunes. Le plus important, c'est qu'il joue avec son coeur, avec passion et qu'il reste lui-même. C'est ce qui fait un bon gardien. La passion, le coeur, c'est ce qui me tient debout, c'est ce qui fait que je joue encore aujourd'hui, à 44 ans. Tant que le temps et mon corps me le permettent, je serai dans un but. " 1993-1994 3 matches 51 ans consultant à la TV roumaine " Je n'ai joué que trois mois au Standard. Je suis arrivé à la fin de l'année 1993, en novembre. Gilbert Bodart était blessé et ils cherchaient un remplaçant qui était prêt à jouer, de suite. Ils m'ont appelé sur les conseils de Mircea Rednic, qui était l'un des joueurs à l'époque. J'étais à Majorque, en D2 espagnole, mais je ne jouais plus trop. J'avais besoin de jouer parce que je voulais disputer la Coupe du Monde 1994, avec mon pays, la Roumanie. Au début, c'était l'opportunité parfaite pour moi. Sauf que je n'ai joué que quelques matches, dont la Supercoupe de Belgique ( perdue 3-0 contre Anderlecht, début 1994, ndlr), parce que Gilbert est vite revenu de blessure. C'était un très, très bon gardien, qui plus est formé au club, donc pour moi, c'était normal qu'il joue. Les gens l'adoraient parce qu'ils se voyaient en lui, mais aussi parce qu'il plaçait la barre très haute. J'aurais voulu le mettre sur le banc, mais je n'ai pas eu assez de temps pour le faire. J'aurais eu besoin d'un an, au moins. Mais il se passait trop de choses dans ma tête. J'étais jeune, j'avais 26 ans, je ne parlais pas la langue et je devais à tout prix être sur le terrain pour me sentir bien. Quand je jouais à Sclessin, tout ces éléments s'accumulaient et je sentais que j'avais la pression. Cette pression m'a joué des tours. Pour cette raison, j'étais un peu à l'écart. Ça ne m'a pas empêché de vivre des bons moments dans le vestiaire, je me souviens notamment que Marc Wilmots ne s'arrêtait jamais de faire des blagues, mais il fallait que je trouve une solution. René Vandereycken ( le coach de l'époque, ndlr) voulait que je reste et il m'a dit que si c'était le cas, j'allais peut-être finir par jouer. Il m'a très bien traité et je m'entendais aussi très bien avec Roger Henrotay ( le directeur général, ndlr), mais j'avais besoin de jouer, tout de suite. La Coupe du Monde était mon rêve et ils l'ont compris. En février, j'étais déjà de retour à la maison, au Rapid Bucarest. J'ai retrouvé une place de titulaire et j'ai été sélectionné pour le Mondial aux États-Unis. On a battu la Colombie, dès notre premier match, puis l'Argentine en huitièmes avant d'être éliminés par la Suède en quarts de finale ( Stelea n'a disputé que les deux premiers matches de poule, ndlr). Le Standard était peut-être un passage obligé pour arriver jusque-là... " 2009-2011 11 matches 32 ans Westerlo " Quand je suis arrivé à Sclessin, j'avais 22 ans. Je n'avais qu'une faible expérience du haut-niveau. Je n'avais disputé que très peu de matches à Courtrai et je n'étais pas vraiment renommé à mon poste. Ce qui est drôle, c'est que la saison précédente, on avait éliminé le Standard en Coupe aux penalties, grâce à moi. C'était ma première rencontre avec les pros et les gens m'en parlent encore. Normalement, on n'aurait jamais dû gagner ce match : c'était Courtrai contre le Standard champion. Puis, je me suis retrouvé dans cette équipe. J'étais très nerveux, tout a été très vite. Une fois dans les buts, j'ai ressenti quelque chose d'indescriptible. Dès mon premier match (1 -1 contre Zulte-Waregem, en octobre 2009, ndlr), j'ai provoqué un penalty... ( Il souffle) Là, c'était compliqué. Il n'y avait qu'une chose à faire : l'arrêter. Et je l'ai fait. Ça a été un moment très spécial, le stade était en feu. J'ai senti que j'avais gagné la confiance des supporters, qu'ils étaient avec moi. Ce sentiment était beau, vraiment puissant, et c'était grâce au public, qui est probablement le meilleur en Belgique. Il faut aussi apprendre à vivre avec cette ferveur, pouvoir l'apprivoiser. Sinon, c'est impossible de sortir la tête de l'eau. Sur mes deux ans là-bas, je n'ai pas beaucoup joué mais c'était les plus beaux moments de ma carrière, sans aucun doute. De manière générale, c'est toujours plus dur d'être gardien au Standard, à Anderlecht ou à Bruges. La pression est toujours là, tu dois toujours gagner. Surtout pour un jeune gardien, c'est très difficile. À Westerlo, tu vas être davantage mis en avant, parce que tu vas toucher plus de ballons. Au Standard, tu n'en as que très peu donc tu ne dois pas te rater. Pour les dirigeants d'un tel club, c'est également plus dur de titulariser un jeune dans les buts. C'est là que les supporters peuvent aider, en donnant de la confiance à quelqu'un comme Bodart. Maintenant, tu sens qu'ils sont derrière lui. Ils doivent être capables d'accepter qu'il puisse faire des erreurs et à partir de ce moment-là, il n'en sortira que meilleur. Je ne peux que lui souhaiter de garder la tête froide. Je suis des cours d'entraîneur des gardiens et dans ce cadre, j'ai été voir un entraînement de Jan Van Steenberghe ( le coach des portiers rouches, ndlr). J'ai vu les qualités d'Arnaud, je suis convaincu qu'il va devenir très bon et qu'il va s'imposer au Standard pour plusieurs années. "