Encore trois matches, et l'EURO 2016 appartiendra déjà au passé. A l'UEFA, c'est le soulagement qui domine. Après les attentats du 13 novembre de l'an passé à Paris, les organisateurs étaient confrontés à un défi majeur, alors que la fédération européenne était elle-même touchée en plein coeur.
...

Encore trois matches, et l'EURO 2016 appartiendra déjà au passé. A l'UEFA, c'est le soulagement qui domine. Après les attentats du 13 novembre de l'an passé à Paris, les organisateurs étaient confrontés à un défi majeur, alors que la fédération européenne était elle-même touchée en plein coeur. La famille du football européen pleure toujours la suspension du président de l'UEFA, MichelPlatini, qui a été détrôné il y a neuf mois, et le départ soudain du secrétaire général GianniInfantino qui est parti renforcer les rangs de la FIFA en février. Le degré de difficulté de l'organisation de l'EURO 2016 a surtout été accrû suite aux menaces terroristes qui ont suivi les attentats de Paris et de Bruxelles. Car les stades flambant neufs avaient été terminés dans les délais et tout le monde avait pu se procurer des billets. Les premiers jours du tournoi se sont déroulés d'une manière un peu chaotique. Les contrôles de sécurité paraissaient relativement laxistes pour un pays où l'état d'urgence avait été décrété. Cette image a encore été renforcée par les émeutes déclenchées par les supporters anglais et surtout russes à Marseille et à Lille. Juste après, des supporters croates ont jeté des feux de Bengale sur le terrain et un fan portugais est parvenu à traverser toute la pelouse du Parc des Princes pour réaliser un selfie avec CristianoRonaldo. Des questions se sont posées sur le rôle des stewards et l'absence de séparation entre les noyaux de supporters a fait débat. La tension est montée entre l'UEFA et les autorités locales. " Les mêmes rengaines ont été entendues dans les dix villes hôtes ", écrivait le journal L'Equipe. " On reproche à l'UEFA d'être trop exigeante et trop autoritaire. Les villes devraient être heureuses d'accueillir le grand cirque du football européen et se taire. " Les critiques, souvent anonymes, sont devenues de plus en plus virulentes. A Marseille et à Saint-Etienne, l'UEFA a remplacé les services de sécurité locaux par leurs propres hommes, que les autorités locales connaissaient mal. Au départ, l'UEFA ne voulait rien entendre d'un contrôle d'identité des détenteurs de billets, mais a finalement dû céder sous la pression de la police française. Après la violence, c'est une 'guerre verte' qui s'est déclenchée à propos de l'état lamentable des pelouses. A Marseille, à Nice, à Lille et à Saint-Denis, un doigt accusateur a été pointé en direction de Nyon. Le Britannique RichardHayden, qui était déjà responsable des pelouses au Brésil y a deux ans, aurait commandé en Slovaquie du gazon incompatible avec le sous-sol des stades français. Heureusement, après la phase de poules, les tensions ont diminué entre les Français et l'UEFA. La fédération européenne s'est à nouveau projetée vers l'avenir. Et plus précisément vers l'élection du 14 septembre à Athènes, où le successeur de Michel Platini doit être désigné. Les pronostics donnent le président de la fédération espagnole et ancien footballeur AngelMariaVillarLlona comme grand favori. Villar (66 ans) est le premier vice-président de l'UEFA et remplace, selon le protocole, Platini depuis sa suspension. C'est lui qui, dimanche prochain, remettra la Coupe Henri Delaunay au nouveau champion d'Europe. Le Basque reste discret, pour l'instant du moins. Il est contesté dans son propre pays et a le grand handicap de ne parler que l'espagnol. Le Portugais FernandoGomes (64 ans), qui vient d'être réélu à la présidence de sa propre fédération, n'hésiterait pas longtemps à franchir le pas. Le premier candidat qui s'était manifesté, fut MichaelvanPraag. " Le président de la fédération néerlandaise présente un grand avantage ", selon Karl-HeinzRummenigge, le puissant président de l'EuropeanClubAssociation qui rassemble plus de 200 clubs. " Il a presque 69 ans, et compte tenu de son âge, ne pourrait reprendre que les deux années et demie de mandat de Platini. Je connais Van Praag et je sais qu'il serait un président, non seulement moderne et démocratique, mais courageux. Il prendrait des décisions dans l'intérêt du football, sans tenir compte de ses chances de réélection. " On devine aisément où Rummenigge veut en venir. " Le marché souhaite plus de qualité en Ligue des Champions. Il compte sur la présence des meilleurs clubs. Pour des raisons politiques, on organise actuellement quatre ou cinq tours préliminaires. L'aspect sportif doit redevenir prioritaire. Van Praag estime que la principale compétition européenne interclubs a pris un mauvais virage et je partage entièrement son avis. " " Comprenez-moi bien ", poursuit l'homme fort du Bayern Munich. " Je ne demande pas une compétition fermée, comme c'est le cas en Amérique, mais il y a des leçons à tirer des Américains. Là-bas, la masse salariale totale d'un club est plafonnée, afin d'éviter une concurrence déloyale et une montée en flèche des salaires. Ici, je constate que l'UEFA n'applique plus les règles du fair-play financier à la lettre. " Entre-temps, Van Praag s'est découvert un concurrent : le président de la fédération slovène AleksanderCeferin, 48 ans et membre de la Commission Juridique de l'UEFA (il en est le deuxième vice-président, après FrançoisDeKeersmaecker). Seferin aurait déjà reçu le soutien de 18 des 54 fédérations européennes membres de l'UEFA. Outre la Slovénie, son propre pays, l'Italie, le Danemark, la Finlande, la Norvège, la Suède, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, la Macédoine, le Monténégro, la Roumanie, la Russie, la Serbie, la Turquie et la Grèce seraient également prêts à voter pour cet homme. Pour la Grèce, cela se comprend parfaitement. Seferin aurait en effet conclu un accord de collaboration avec le secrétaire général ad interim de la fédération grecque, TheodoreTheodoridis, comme cela existait autrefois entre le Suédois LennartJohansson, le prédécesseur de Platini, et l'Allemand Gerhard Aigner. Theodoridis dirigerait l'UEFA au quotidien depuis le quartier général en Suisse. Seferin ne se déplacerait qu'épisodiquement sur les bords du lac de Genève pour apposer sa signature au bas de quelques documents. Les candidatures pour la succession de Platini peuvent être introduites jusqu'au 20 juillet. L'âge maximal est fixé à 70 ans et la recommandation d'au moins une fédération est exigée. PAR FRANÇOIS COLIN - PHOTOS BELGAIMAGE