Les excuses des coaches belges commencent vraiment à bien faire. L'un qui estime que la Belgique ne compte pas assez de bons joueurs pour le niveau international, l'autre qui explique une grosse défaite européenne par le fait que ses joueurs n'avaient pas appliqué ses directives tactiques et celui qui disait que ses troupes avaient coulé parce qu'elles n'avaient pas été assez agressives...
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Les excuses des coaches belges commencent vraiment à bien faire. L'un qui estime que la Belgique ne compte pas assez de bons joueurs pour le niveau international, l'autre qui explique une grosse défaite européenne par le fait que ses joueurs n'avaient pas appliqué ses directives tactiques et celui qui disait que ses troupes avaient coulé parce qu'elles n'avaient pas été assez agressives... Les entraîneurs devraient plutôt avoir la démarche d'enseignants : les bons professeurs ne se plaignent jamais d'avoir de mauvais élèves. Ils savent que les bons points ou les échecs de leurs ouailles dépendent de leur propre travail avant tout. Quand on remet sans cesse en cause la qualité du football belge et que l'on parle de crise en ce mois de novembre, il faudrait rappeler que la situation n'est sans doute pas pire qu'il y a un an quand les Diables voyaient l'EURO 2004 s'éloigner et qu'Anderlecht était collé à la dernière place de son groupe en ligue des Champions. Cette saison : rien de changé pour les Diables et pour les Mauves. Mais qui oserait jurer que ni le Standard ni le Club Bruges ne se dépatouilleront de leurs poules en Coupe de l'UEFA ? Attendons la fin de saison et ne réagissons pas à quelques défaites cuisantes. Ayons le recul nécessaire pour être conséquents dans l'analyse. Joueur, Marc Wilmots avait l'attitude la plus noble quand on mettait en cause la valeur des Belges. Willy n'avait peur de personne et a dû énormément s'énerver quand la période d'Halloween s'apparenta pour le foot belge à un carnage de la confiance en soi. Albert Cartier, le coach français de La Louvière, a encore rappelé samedi soir à Anderlecht qu'il ne comprenait pas qu'on dénigre la valeur de notre D1. Et ça dans l'antre de dirigeants qui avaient trouvé dans la faiblesse de l'opposition belge û et non dans leurs propres manquements û l'excuse la plus facile à leurs récents revers européens ! Pour Cartier, la mise en place d'une équipe performante dépend de la philosophie de jeu, des joueurs que l'on choisit pour la faire vivre et de l'agressivité positive qu'ils mettent à l'exécution de leurs missions. Les Loups ont prouvé à Bruxelles qu'ils sont sur la bonne voie s'ils veulent continuer à hanter les nuits des coaches de D1. Ils menaient méritoirement avant de se faire rejoindre et dépasser sur deux buts anderlechtois avec effets spéciaux. D'abord le ballon éclaté par Walter Baseggio et, ensuite, le penalty obtenu par le malin Aruna Dindane. Le coach des Loups est passé tout près de l'exploit mais ne s'est pas appesanti un instant sur ce qui était négatif dans ce match, se satisfaisant, par exemple, de la manière dont ses joueurs avaient chassé le ballon sur tout le terrain. Une attitude qui contraste singulièrement avec celle de champions qui donnent toujours l'impression de temporiser devant le porteur du ballon. Et on s'étonnera qu'au plus haut niveau, ils sont toujours en retard ! Cela n'a rien à voir avec leurs adversaires belges. Agir au lieu de réagir par rapport à une situation s'apprend et doit devenir un réflexe. Et quand on décide de faire un choix de jeu, il faut se donner les moyens pour qu'il soit le plus efficace possible. Cartier révèle ainsi qu'il demande à son préparateur physique de travailler les qualités mises en £uvre dans le pressing sur le porteur du ballon. " Parce que je veux que mes joueurs sachent qu'ils seront frais pour reprendre leur place s'ils n'ont pas gagné leur duel ", explique le Français. " Pour bien appliquer une consigne, il faut s'y consacrer sans arrière-pensée ". Le jeu d'équipe de La Louvière avait rapidement attiré les regards. Une mise en place si rapide d'une organisation aussi pointue est-elle exceptionnelle ou la simple conséquence d'un travail bien structuré ? Pourquoi faut-il û une nouvelle fois û que ce soit un entraîneur étranger qui rende les choses si claires ? Après Trond Sollied, Albert Cartier. Doit-on pour autant penser que le vrai problème du football belge est un problème d'entraîneurs... belges ? par John Baete Doit-on penser que LE VRAI PROBLèME DU FOOTBALL BELGE est un problème d'entraîneurs... belges ?