Arsenal, ce sont des Hollandais qui partent en vacances. La Volvo diesel à l'avant, la caravane derrière. Sauf que face à Monaco, il n'y avait pas d'attache-remorque. T'as les quatre défenseurs et puis Coquelin. Qui n'attache pas grand-chose si ce n'est s'attacher à être partout et nulle part à la fois. Et puis t'as les cinq attaquants. Parce que le milieu de terrain des Gunners c'est que des attaquants avec leurs réflexes neuronaux. Attaquer, attaquer et devoir se replacer. Je n'ai même pas dit défendre, j'ai dit se replacer. Et là, il y a un blême.
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Arsenal, ce sont des Hollandais qui partent en vacances. La Volvo diesel à l'avant, la caravane derrière. Sauf que face à Monaco, il n'y avait pas d'attache-remorque. T'as les quatre défenseurs et puis Coquelin. Qui n'attache pas grand-chose si ce n'est s'attacher à être partout et nulle part à la fois. Et puis t'as les cinq attaquants. Parce que le milieu de terrain des Gunners c'est que des attaquants avec leurs réflexes neuronaux. Attaquer, attaquer et devoir se replacer. Je n'ai même pas dit défendre, j'ai dit se replacer. Et là, il y a un blême. Car Monaco a joué comme un grand d'Europe. Calme, classe, réflexion, jamais de précipitation. Si ce n'est une fine pluie de gestes et de décisions justes. Quand il y avait possibilité d'aller faire mal, que des bons choix devant lesquels les naïfs locaux sont restés cois. Le coït était principautaire. Ils ont bien travaillé la dame, pardon la balle, pour qu'elle se donne. Pour qu'elle nous offre une leçon. Trop fort surtout que depuis trois mois, Monaco c'était : " Voyage au bout de l'ennui ". Jamais plus d'un but dans les matches disputés par les Monégasque en Ligue 1. Mais il y a des jours comme ça où tout ce qui était prévu arrive. Jusque dans l'inspiration " belgicienne ". Garder Ferreira Carrasco pour la fin de match et tuer un peu plus des " Arsenaliens " fatigués. Ecrire un scénario de match, c'est comme prévoir le temps. C'est aléatoire et rarement juste. Sauf que de temps en temps, c'est bingo. Jardim avait tout vu, tout prévu. On n'en est pas revenu. Il y avait du Mourinho dans cette perfection de la transmission de la tâche. Cueillis comme des insulaires, les notaires d'Arsenal. Tellement habitués aux actes de la Premier League que broyés par ceux de l'ouverture à l'Europe. Bluffés par un adversaire qu'ils ont pris de haut. En Premier League, l'audace et le tout devant est l'apanage des grands contre lesquels les petits ont beaucoup de mal à offrir une réplique. D'où ce tremblement de terre. Monaco n'était pas un " petit ". Avant, quand on devait se taper des équipes britanniques, on savait qu'on allait ramasser. Votre serviteur ne s'est fait marcher dessus, au propre comme au figuré, qu'une seule fois dans sa sublime et prestigieuse carrière. Allongé sur le ventre après un duel, deux Ecossais m'ont piétiné au lieu de m'éviter (en, par exemple, sautant tout simplement au-dessus de moi) pour repartir en contre. Résultats, six belles cicatrices dans le dos. Souvenirs de " studs " bien plantés et qui ont fait rêver quelques jeunes filles en quête de vérité " bimboyennes ". " Eh oui ma belle, c'est ça le foot. " Donc les British ont souvent marché sur leurs opposants. Sauf que maintenant, il y a du répondant. Physique et intellectuel. Il y a de la réflexion pour éviter la baston. Le plus beau combat gagné est celui que l'on a évité. En tout cas, en évitant de le subir avec les armes de l'adversaire. Jardim est le roi de l'esquive. Il attire son adversaire pour mieux le contrer. Pour mieux le punir. Uppercut au menton. Trois fois. Arsenal est au tapis. " Down " mais pas encore " out ". Il y avait de l'Ali dans Jardim, mais aussi du Dalaï-Lama. Convaincre Berbatov de penser à protéger dès la perte de balle, c'est fort. Ce qui, pour le Bulgare, était une insulte est devenu un verset de son nouveau testament. " Je participe à l'élévation spirituelle et fonctionnelle du collectif dans lequel je deviens un guide suprême. " Car Dimitar, trop souvent fêtard et pétard mouillé, a mouillé le maillot. Discrètement, mais " balaisement ". Respect Dimitar, tu m'as toujours fait rêver mais je savais que tu étais un cauchemar pour tes entraîneurs. Là, t'as fait l'unanimité. T'as travaillé et puis " buté ". Match parfait. A Monaco, il y a beaucoup de mystères et d'indécence dans les coffres mais ce jeudi 25 février 2015, toute la lumière a été faite sur le blanchiment du talent par les bons arguments. Leur paradis n'était plus fiscal, il s'appelait Arsenal. Il y avait du Mourinho, chez Jardim, dans cette perfection de la transmission de la tâche.