Son bureau se trouve pour le moment de l'autre côté du bâtiment administratif, De Klokke. Toujours au deuxième étage mais sans plus de vue sur les terrains d'entraînement. " Puisque ça nous a porté chance, je ne devrais pas changer ", sourit Vincent Mannaert. Au mur, deux belles effigies, l'une de Mathew Ryan, l'autre de Carlos Bacca. L'un à Valence, l'autre à Milan. Deux transferts réussis de l'ère Verhaeghe. Bruges a enlevé le titre trois jours plus tôt mais l'administration vaque à ses occupations comme si de rien n'était. Pendant que la réceptionniste cherche un vase où déposer les fleurs envoyées par le Standard, le personnel de bureau est concentré sur ses tâches et Mannaert discute avec un agent et son poulain.
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Son bureau se trouve pour le moment de l'autre côté du bâtiment administratif, De Klokke. Toujours au deuxième étage mais sans plus de vue sur les terrains d'entraînement. " Puisque ça nous a porté chance, je ne devrais pas changer ", sourit Vincent Mannaert. Au mur, deux belles effigies, l'une de Mathew Ryan, l'autre de Carlos Bacca. L'un à Valence, l'autre à Milan. Deux transferts réussis de l'ère Verhaeghe. Bruges a enlevé le titre trois jours plus tôt mais l'administration vaque à ses occupations comme si de rien n'était. Pendant que la réceptionniste cherche un vase où déposer les fleurs envoyées par le Standard, le personnel de bureau est concentré sur ses tâches et Mannaert discute avec un agent et son poulain. VINCENT MANNAERT : Deux jours. Le lendemain du sacre, nous avons commandé des pizzas et j'ai conseillé au personnel de profiter intensément du titre, avant de se remettre au boulot. Nous sommes dans un pic, pas seulement sportivement, car la saison suivante arrivera vite. Pour faire des travaux, il faut les planifier maintenant : engager des entrepreneurs, suivre l'évolution. Sportivement, il y a la période des transferts. Elle débute en fait le 1er avril et prend de plus en plus d'importance au fil des semaines. C'est lundi que j'ai le plus profité du titre, une fois le stress du match estompé. Dimanche, à 3-0, nous savions que le titre ne pouvait plus nous échapper mais allions-nous parvenir à empêcher un envahissement de terrain ? On n'a pas envie de programmer quelque chose mais on y est obligé. MANNAERT : Le premier a été le 4-1 à Gand. Nous en avons tiré une analyse rationnelle. Nous avions pris 16 points sur 30 contre 17 sur 30 l'année précédente au même moment. Compte tenu des blessés et de la formule de la compétition, nous savions que tout était encore possible. Le problème n'était pas d'ordre qualitatif. Le staff savait ce qu'il devait faire. Nous avons établi un plan de marche en regardant le parcours de Gand, champion en titre, alors que cette équipe avait achevé le championnat régulier avec 57 points. Jusqu'au Nouvel-An, il restait 33 points à gagner et nous nous sommes fixé un gain de 23. Après le Nouvel-An, nous avons réussi un 18 sur 27. Nous étions dans les temps. Nous avons expliqué tout ça aux joueurs. Ensuite, il y a eu le match à Courtrai, aux alentours de la Noël. Un autre moment-charnière. Nous devions gagner pour atteindre notre objectif. Le lendemain du 1-4 contre Anderlecht, la semaine précédente, nous avions prévu une petite fête de Noël. Nous nous sommes demandé si c'était opportun mais nous avons décidé de la maintenir. Ça peut paraître bizarre mais c'est sans doute la fête la plus agréable que j'ai vécue ici. Puis, nous avons gagné à Courtrai et nous avons abordé la trêve hivernale avec un sentiment positif. Ensuite, il y a eu le stage et un plan de transferts clair, qui nous a permis de réaliser ce que nous voulions. Poulain, Butelle et un avant, Wesley. Et un transfert sortant : Vazquez. MANNAERT : Je n'aurais jamais pensé qu'il serait encore au Club à la trêve hivernale et j'ai été surpris par le peu d'offres arrivées pour celui qui était quand même Footballeur Pro de l'Année. De fait, nous voulions déjà le transférer en été. Sans lui, nous avons entamé une fameuse série et plusieurs joueurs sont revenus. La finale de la Coupe a été un autre moment important : elle nous a affûtés. Le stage qui lui a succédé a été positif, même si certains n'avaient pas envie de partir juste après les attentats. Nous avons réalisé que si nous ne nous ressaisissions pas et que chacun ne haussait pas son niveau, nous échouerions. Je persiste : si Diaby n'avait pas été exclu de la finale, nous aurions gagné la Coupe. MANNAERT : Oui, ce qu'il a fait à la fin y est lié : il ne voulait pas que la saison s'achève sur cette erreur. MANNAERT : Oui. Ou il se serait passé un événement similaire en PO1, avec des conséquences peut-être plus dramatiques. En résumé, il y a plusieurs moments-clés qui nous ont rendus plus forts. Le groupe s'est soudé. Le dernier moment décisif s'est produit à Gand, avec notre succès 1-4. Et ce, durant une saison où il nous a été difficile de vaincre les ténors en déplacement. MANNAERT : L'analyse effectuée pendant la trêve a montré que le problème se situait au niveau de la défense. Il n'était pas lié à une personne, c'était une question de stabilité. Le retour d'Engels, lié au transfert de Butelle, a joué un rôle crucial. Ce n'était pas la faute de Bruzzese mais il était arrivé comme doublure de Ryan et quelqu'un devait remplacer l'Australien. Seba le savait. C'est pour ça que Butelle a été immédiatement accepté. Je pense que Vanaken a progressé au fil de la saison et a montré qu'il pouvait faire la différence, en marquant comme en délivrant des passes décisives. MANNAERT : Rafaelov a joué un rôle important dans les deux matches à domicile que nous devions gagner, contre Zulte Waregem et le RC Genk, mais sa fragilité est ennuyeuse. Izquierdo a fait la différence par sa classe en première mi-temps à Gand. Il a joué un rôle important à Courtrai aussi. N'oubliez pas Vossen, qui a marqué des buts difficiles. A Lokeren, contre Genk, à Malines. Claudemir... MANNAERT : Ce qui est arrivé à Bjorn est regrettable mais peut-être logique après une absence de seize mois. Une blessure était prévisible. Ceci dit, c'est très bien pour eux. MANNAERT : Je ne pense pas car le défi sportif est alléchant. Jouer la Ligue des Champions fait une différence pour beaucoup de joueurs. Ils ont encore faim de succès et beaucoup ont encore une large marge de progression. (Il montre le portrait de Ryan.) Je l'ai dit à Mat : attends encore un an. Un gardien de 23 ans à peine... Maintenant, il fait banquette. Je lui ai accordé son transfert mais j'avais un drôle de sentiment... Perisic était le meilleur buteur et le meilleur joueur. Bacca aussi. Mat avait reçu deux fois le gant en or mais ce n'était que sa deuxième saison. Des joueurs sont restés à Gand pour la Ligue des Champions aussi. MANNAERT : Il a 24 ans, il a joué cinq ans ici et est sélectionné pour l'Euro, après une période difficile. Il a gagné la Coupe et le titre. Il peut rester mais il est possible qu'il s'en aille. MANNAERT : A son arrivée, il a déjà trouvé une toute bonne organisation. Il l'a déclaré dans ses premières interviews : je découvre un club structuré. Il a comparé le Club à Gand et au Standard et a dit qu'ici, il n'avait pas besoin de construire, qu'il pouvait se concentrer sur le travail sportif. Il l'a très bien fait ces trois années. S'il part, il restera toujours une base. Nous espérons évidemment qu'il nous jure fidélité. Car, comme entraîneur, c'est le top. MANNAERT : Nous avons une base encore plus solide. Dès lors, je ne me tracasse pas. S'il y a une grande différence par rapport aux play-offs précédents, c'est que les joueurs ont assumé davantage leurs responsabilités. Pendant le stage printanier, le groupe a même pris une certaine autonomie. Il faut une stratégie claire, une préparation mais en plus, il y avait des joueurs, Simons, Vormer, Claudemir, qui ont pris les choses en mains. C'est une grosse différence. Ils se sont assumés et le groupe n'a pas perdu son assurance après une défaite. Je suis convaincu qu'avant, après un zéro sur six dans les PO1, nous aurions baissé les bras. Cette fois, nous sommes restés stables. Les joueurs ont trouvé en eux de nouvelle ressources. Il y a eu un progrès entre les stages d'été, d'hiver et de printemps. Il a été très net en fin de saison. MANNAERT : Je le connais bien, maintenant. Ses émotions ont beaucoup fluctué. En septembre, en octobre, au moment de Naples, il était mal. Michel est rationnel mais son vécu est très émotif. On finit par devenir philosophe. Daum était comme ça aussi. Il avait un contrat de deux ans mais, à un moment donné, il nous a dit qu'il s'en tiendrait à une seule saison. Nous nous occupons du dossier mais il n'est pas encore prêt : il est trop important pour être bouclé dans la précipitation. De 2012 à 2016, quatre ans se sont écoulés. Quatre ans d'expérience en plus et donc de sérénité dans la gestion de ce genre de situation. Nous possédons assez de qualités pour garantir la continuité. Un entraîneur principal est important mais un grand club doit parvenir à dépersonnaliser son succès. Il a bien travaillé quand il y arrive. Dortmund en est le meilleur exemple. Klopp est parti et a été remplacé par un coach que 90 % des Belges ne connaissaient pas mais qui a remis le Borussia sur les bons rails. Le Barça a enrôlé Luis Enrique, qui n'avait pas été bon à Rome mais qui réussit en Catalogne. C'est une question de culture mais ça prend du temps car elle requiert de la continuité de la part de gens qui se mettent au service de l'ensemble. MANNAERT : En effet, dans trois ou quatre ans. C'est pour ça que nous allons réaménager complètement le troisième étage du Jan Breydel. Champions ou pas, nous l'avions prévu afin d'obtenir un rendement plus élevé et offrir une meilleure ambiance à nos partenaires commerciaux. Un match au Club Bruges doit être un vrai événement. MANNAERT : Oui mais depuis cinq ans, nous atteignons un niveau élevé, avec des formules individuelles. Le service, la carte et la nourriture sont bons, nous offrons une ambiance particulière, avec un vécu intense du football, proche du terrain. Ces trois dernières années, un seul club a gagné deux trophées : le Club Bruges. Les autres ont été champions ou ont gagné la Coupe mais pas les deux. C'est agréable de pouvoir dire ça. MANNAERT : Oui, y compris pour le stade, mais nous savons maintenant que les permis sont toujours difficiles à obtenir. Aucune législation ne nous facilite la vie. L'essentiel est d'avoir une portée très claire au niveau de la Communauté et de la Ville. MANNAERT : Naturellement ! C'était un jour de joie. Mais bon, les supporters ne connaissent pas tous les aspects du dossier. Ils ont retenu Naples et l'interdiction d'assister au match car ça les a touchés. On parle peu du stade, ce qui est une excellente chose, même si ce n'est pas toujours gratifiant. MANNAERT : Il ne sera pas achevé avant le printemps 2018 et comme nous ne voulons pas déménager en cours de saison, ce sera pour l'exercice 2018-2019. On peut dire que c'est tard car c'est un site sportif existant mais ici aussi, il faut des permis pour quatre terrains et un bâtiment. Il faut suivre des procédures et ça prend vraiment beaucoup de temps. Il y a peu de dates-butoirs dans ce genre de dossiers. Ils indiquent bien quels avis positifs vous devez obtenir mais pas quand le service concerné doit se prononcer. Dimanche, j'ai reçu un sms de Paul Okon : good things happen to those who can wait... Ça vaut aussi pour nos projets de construction. Mais nous avons plus qu'une brique dans le ventre. PAR PETER T'KINT - PHOTOS BELGAIMAGE" J'avais dit à Ryan d'attendre encore un an. Aujourd'hui, il cire le banc à Valence. " - VINCENT MANNAERT " Avant, après un 0 sur 6 lors des play-offs, les joueurs auraient baissé les bras. Cette fois, ils sont restés stables. " - VINCENT MANNAERT