Samedi prochain, c'est un grand moment pour le football allemand : Le Bayern et le Borussia Dortmund s'affrontent. Toutefois, l'écart entre les deux clubs est énorme. Le Borussia est en pleine crise, Jürgen Klopp, son entraîneur tant vanté, donne parfois l'impression de ne plus savoir que faire, et il y a dix jours, après la défaite 2-1 contre le FC Cologne, il s'est même demandé s'il ne devait pas démissionner mais la direction n'a rien voulu en savoir. Klopp n'aurait rien à craindre et ne serait jamais limogé.
...

Samedi prochain, c'est un grand moment pour le football allemand : Le Bayern et le Borussia Dortmund s'affrontent. Toutefois, l'écart entre les deux clubs est énorme. Le Borussia est en pleine crise, Jürgen Klopp, son entraîneur tant vanté, donne parfois l'impression de ne plus savoir que faire, et il y a dix jours, après la défaite 2-1 contre le FC Cologne, il s'est même demandé s'il ne devait pas démissionner mais la direction n'a rien voulu en savoir. Klopp n'aurait rien à craindre et ne serait jamais limogé. Il ne reste plus rien de l'aura du Borussia : il accumule les erreurs individuelles, la défense est une passoire, les recrues n'apportent pas de plus-value, l'équipe se crée des occasions mais manque de sang-froid devant le but. L'arrivée de l'Italien Ciro Immobile et du Colombien Adrian Ramos n'ont pas pallié le départ de Robert Lewandowski au Bayern. Une cascade de blessures a achevé de précipiter la chute d'un club qui avait fait impression contre Anderlecht en Ligue des Champions, avec une demi-équipe B. Ce dualisme est étrange : le club de la Ruhr excelle sur la scène continentale, comme il l'a encore montré la semaine dernière en s'imposant 0-4 à Galatasaray, prenant ainsi neuf points sur neuf. Mais en championnat, ça coince. Le Bayern, lui, est intouchable. Sa victoire 1-7 sur les terres de l'AS Rome montre qu'il est devenu un rouleau compresseur, alors que Franck Ribéry, Footballeur européen de l'Année, est souvent sur le banc, après sa blessure, et que Bastian Schweinsteiger comme Thiago Alcantara sont indisponibles. Pep Guardiola dispose d'une infinité de possibilités de rotation et si les premiers matches de championnat avaient été un peu pénibles, maintenant, plus rien ne semble en mesure d'arrêter le Bayern. Entre-temps, le Bayern est également devenu le club le plus riche du monde. Selon le magazine Focus, il a clôturé la saison 2013-2014 avec un budget de plus d'un demi-milliard d'euros. Les chiffres seront officialisés le 18 novembre. En l'espace de huit ans, le club munichois a doublé son budget. Aucun club ne peut rivaliser avec lui sur le plan économique. Les rentrées connaissent une croissance exponentielle et le stade, qui a coûté 340 millions d'euros, sera bientôt complètement remboursé alors que le Bayern avait prévu d'échelonner le remboursement sur 25 ans. A l'avenir, la forteresse bavaroise n'en sera que plus difficile à prendre. Le club jouit d'une popularité énorme. Sur le terrain et en dehors. Pendant la saison 2013-2014, le Bayern a écoulé 1,2 million de vareuses. C'est plus que les 17 autres clubs réunis. Le Bayern soigne son image de toutes les manières possibles : après sa démonstration à Rome, l'équipe a été reçue par le pape François. Le Bayern lui a remis un chèque d'un million d'euros que le pape peut consacrer à l'oeuvre de son choix. PAR JACQUES SYSLe budget du Bayern a doublé en l'espace de huit ans.