Courageux, ils le sont ces supporters de la cause des Diables. Face au Portugal, passe encore, mais pour la trentaine partie en Finlande, on comprend plus difficilement. Et pourtant, quatre jours avant, les commentaires se voulaient optimistes. On avait inscrit un but ! On s'était créé des occasions ! Et le fighting spirit s'était immiscé au sein de notre jeune équipe nationale. Oui, les Portugais avaient eu une pléiade d'occasions franches, méritaient cent fois leur victoire, mais cette fois le public avait vu de bonnes choses sur le terrain. Pour les téléspectateurs, la surprise ét...

Courageux, ils le sont ces supporters de la cause des Diables. Face au Portugal, passe encore, mais pour la trentaine partie en Finlande, on comprend plus difficilement. Et pourtant, quatre jours avant, les commentaires se voulaient optimistes. On avait inscrit un but ! On s'était créé des occasions ! Et le fighting spirit s'était immiscé au sein de notre jeune équipe nationale. Oui, les Portugais avaient eu une pléiade d'occasions franches, méritaient cent fois leur victoire, mais cette fois le public avait vu de bonnes choses sur le terrain. Pour les téléspectateurs, la surprise était double. Et doublement heureuses. Habitués à un duo de commentateurs sur Club RTL, face aux Portugais, ils ont eu une troisième voix dans les oreilles. Georges Grün s'était invité pour commenter, ou plutôt apporter son analyse en direct. Et de l'avis de tous, l'expérience fut une réussite. On était back in the nineties, quand Grün officiait alors comme consultant pour feu Canal + Belgique. Contre le Portugal, à plusieurs reprises, bien choisies, il n'a pas hésité à pointer certains détails et même contredire ou reprendre ses collègues commentateurs. À trois, son rôle correspondait plus à celui qu'occupe Arsène Wenger aux côtés de Thierry Gilardi et de Jean-Michel Larqué sur TF1, qu'à celui, difficile, du Gary Lineker belge. Ce choix gagnant n'était pourtant pas stratégique ou ne répondait pas aux critiques que l'on peut entendre lors d'une troisième mi-temps, par exemple... " Deux facteurs ont influencé cette formule ", explique Laurent Haulotte, chef des sports à RTL. " Le premier c'est que Geert De Vlieger, qui devait être en studio au côté de Georges a été sélectionné en dernière minute. Et puis, le manque de solution de rechange vu le grand nombre d'invités potentiels partis en vacance. A l'analyse, cette expérience à trois, déjà utilisée en Coupe, est positive. Cependant aucune décision n'a été prise pour le futur ". Et l'intéressé, qu'en pense-t-il, lui qui nous avait déjà exprimé son désir de changement ? " Plusieurs échos ont été positifs ", assure Grün. " Et de mon côté, je me sentais à l'aise. J'ai eu plusieurs interventions lors de la rencontre mais je n'en ai pas abusé. C'est vrai, je préfère l'ambiance d'un stade à la froideur des studios. On verra pour la suite... " Club RTL et les Diables, on est très loin de l'histoire d'amour. Depuis 2002, date du début du partenariat, les journalistes de la chaîne n'ont jamais pu s'extasier autour d'une qualification pour un Euro ou une Coupe du Monde. Maintenant, ils en sont arrivés à commenter une équipe qui lutte avec l'Arménie pour la place de cinquième du groupe. Difficiles conditions. Et très certainement, ces piteux résultats ont dû avoir une incidence sur les critiques dont ils furent la cible. Il était plus facile de faire l'unanimité pour un Roger Laboureur après avoir crié " Goal, goal, goal ! " lors d'un quart de finale de Mondial en 86... THOMAS BRICMONT