Des menaces. On en a parlé mercredi dernier dans la salle Anne Politkovskaïa du parlement européen de Bruxelles. Trois des cinq candidats à la présidence de la FIFA devaient y croiser le fer, à l'invitation de quelques parlementaires européens et de NewFIFANow, un groupe de pression. Seul le Français Jérôme Champagne s'est présenté. Le prince jordanien Ali et le Sud-Africain Tokyo Sexwale ont fait faux-bond in extremis.
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Des menaces. On en a parlé mercredi dernier dans la salle Anne Politkovskaïa du parlement européen de Bruxelles. Trois des cinq candidats à la présidence de la FIFA devaient y croiser le fer, à l'invitation de quelques parlementaires européens et de NewFIFANow, un groupe de pression. Seul le Français Jérôme Champagne s'est présenté. Le prince jordanien Ali et le Sud-Africain Tokyo Sexwale ont fait faux-bond in extremis. Le prince Ali, qui a perdu les dernières élections face à Sepp Blatter, a fait savoir par écrit qu'on lui avait signalé que participer à ce débat constituait une infraction aux statuts de la FIFA : ils interdisent toute immixion des pouvoirs publics. Et selon Ali, un autre candidat avait déposé plainte auprès de la commission électorale. Le président du comité, l'Italo-Suisse Domenico Scala,a refusé d'éclaircir la situation, poussant Sexwale à se retirer. Une semaine plus tôt, le secrétaire général suisse de l'UEFA, Gianni Infantino, s'était déjà excusé mais était prêt à envoyer une vidéo. Le cheik Salman n'a jamais été intéressé. Tous deux ont démenti être à l'origine de la plainte, malgré les soupçons de NewFIFANow. On ne peut donc pas être sûr de l'existence de la plainte mais le doute a suffi : pas de débat ni de chance pour les participants de donner du poids à leur campagne. Le prince Ali, seul candidat disposant de crédit auprès des partisans de réformes, ne voulait pas courir le risque d'être exclu des élections mais il ne doit pas avoir inventé cette histoire de plainte : à défaut d'être charismatique, il est incorruptible et droit. Au sein d'une FIFA décapitée (Blatter et son secrétaire général Jérôme Valcke étant suspendus), Scala est considéré comme un des hommes forts du moment. " " Pourquoi n'a-t-il pu fournir une réponse claire sur ce point du règlement ? La FIFA se complaît dans le gris, c'est son problème ", a déclaré Ramon Vega, l'ancien international suisse, venu apporter son soutien à NewFIFANow. Le vaudeville semble jouer en faveur de Salman et Infantino, qui refusent toute confrontation publique. Ils sont les principaux favoris. Le cheik, qui a condamné les raids du FBI à Zurich et est un fan de Blatter, avait promis son soutien à Michel Platini mais il a posé sa candidature une fois celui-ci entraîné par le scandale. Un sale coup pour Ali car Salman est président de la confédération asiatique. NewFIFANow a exposé, à Bruxelles, les atteintes aux droits de l'homme dont est soupçonné Salman. En 2011, il aurait été impliqué dans l'arrestation et les mauvais traitements infligés à 150 sportifs, coaches et arbitres de Bahreïn. La commission éthique de la FIFA n'a pourtant pas refusé sa candidature. JamieFuller, membre du groupe de pression : " En 2009, il a financé son élection au comité exécutif de la FIFA avec l'argent du fonds GOAL. " On pense que Salman a promis à Infantino le poste de secrétaire général s'il était élu, le 26 février. Le Suisse a refusé de se retirer de la course. Il bénéficie du soutien de l'UEFA et de l'Amérique du Sud, que Salman rend responsable de la crise actuelle. Champagne, qui a toujours critiqué l'arrogance de l'UEFA, vise Infantino : " Quid du match fixing en Grèce et en Turquie ? Dans quelles conditions l'EURO 2012 a-t-il été attribué ? L'UEFA dispose-t-elle d'une commission éthique indépendante ? " Le président de l'Olympiacos, Evangelos Marinakis, a été condamné pour son rôle dans un scandale de corruption. Le fils de son bras droit à l'Olympiacos est un lieutenant d'Infantino : Theodore Theodoridis. Ses détracteurs estiment que c'est ce qui a permis au club de ne pas être exclu de la Ligue des Champions. Pour l'Ukraine, on parle d'enveloppes... Et Champagne ? Bras droit de Blatter pendant onze ans, on ne parle jamais de lui. D'aucuns le considèrent comme son homme de paille. PAR JAN HAUSPIE - PHOTOS BELGAIMAGE