1. Les matches d'Anderlecht en poule de la Ligue des Champions sont tous comparables.

Les Bruxellois ont eu le mérite de se propulser jusqu' à ce stade de l'épreuve. On oublie qu'ils n'étaient pas qualifiés d'office. Le tirage au sort des poules ne leur pas a pas été favorable. Bruges a été plus verni. Si les joueurs de Jan Ceulemans en sont à deux succès, ce qui est très bien, ils le doivent à leur organisation, évidemment, mais aussi à la faiblesse du Rapid Vienne. Dans le groupe d'Anderlecht, il n'y a pas d'équipe aussi pauvre. Le Sporting a d'autres morceaux à son menu avec le tenant du titre, Liverpool, le champion d'Angleterre, Chelsea, et une très bonne équipe de la Liga, le Betis Séville. Ces trois formations ont bien plus d'atouts que le club autrichien d' Axel Lawarée.
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Les Bruxellois ont eu le mérite de se propulser jusqu' à ce stade de l'épreuve. On oublie qu'ils n'étaient pas qualifiés d'office. Le tirage au sort des poules ne leur pas a pas été favorable. Bruges a été plus verni. Si les joueurs de Jan Ceulemans en sont à deux succès, ce qui est très bien, ils le doivent à leur organisation, évidemment, mais aussi à la faiblesse du Rapid Vienne. Dans le groupe d'Anderlecht, il n'y a pas d'équipe aussi pauvre. Le Sporting a d'autres morceaux à son menu avec le tenant du titre, Liverpool, le champion d'Angleterre, Chelsea, et une très bonne équipe de la Liga, le Betis Séville. Ces trois formations ont bien plus d'atouts que le club autrichien d' Axel Lawarée. Cela dit, il y a des ressemblances entre les quatre matches qu'Anderlecht a disputés jusqu'à présent. Les quatre verdicts sont les mêmes : la défaite. Anderlecht a opté deux fois pour le même dispositif à domicile : 4-4-2. En déplacement, l'occupation fut invariablement identique avec un 5-3-2 que ce soit à Chelsea ou à Liverpool. Dans leurs installations, les Bruxellois ont passé le même film face au Betis ou aux Reds : 45 minutes difficiles, pour ne pas dire catastrophiques, puis un réveil et quelques occasions de but. A l'extérieur, ce fut chaque fois très pâle. Le bilan chiffré n'est pas bon mais on a placé la barre trop haut. Aux yeux de beaucoup, c'était la troisième place sinon rien. Je ne suis pas du tout de cet avis car cette participation ne s'inscrit pas dans ce niveau de performance-là. On se trompe de discours. Il ne faut pas oublier que Liverpool et Chelsea, pour ne citer que ces deux-là, appartiennent désormais à une autre catégorie par rapport à Anderlecht qui n'a pas, pour le moment, le talent et la surface financière pour être ou redevenir, comme autrefois, une valeur stable du top européen. Les Mauves peuvent le redevenir mais cela prendra du temps. Toutes les équipes de la Ligue des Champions ne luttent pas dans la même division. Il y a même un classement invisible, une shadow division, si je puis dire, qui sépare tous les participants de toutes les poules. La première catégorie regroupe les rares clubs qui sont au sommet européen depuis toujours ou qui s'y sont installés fermement : Real Madrid, Milan, Liverpool et même Chelsea, qui n'a pas encore le palmarès de ses compagnons de route mais qui s'est donné les moyens de ses ambitions. Ces clubs sont animés par une immense culture du succès. Ils sont au sommet de la pyramide européenne. Derrière eux, il y a la bousculade des clubs, prestigieux ou à la recherche de la gloire, qui alternent le bon et le moins bon. Je range le Bayern Munich et la Juventus dans cette catégorie. A la fin de la saison, ils auront peut-être rejoint la crème de la crème. Ce n'est pas encore le cas. Ce sera peut-être valable également pour deux clubs intéressants : Barcelone et Lyon. Les Catalans ont beaucoup travaillé sous la direction de leur coach, Frank Rijkaard. Leur équipe est en pleine éclosion mais il n'y a pas de secret : cela a pris du temps. L'aventure de Lyon mérite un coup d'oeil aussi. Le club de Gérard Houllier monte indiscutablement en puissance. Mais cette progression ne date pas d'hier. Il y a déjà quelques années que la machine s'est mise en route. Lyon s'est taillé une trésorerie de plus en plus imposante. Les Gones se sont écorché les genoux sur les terrains européens, ont essuyé des déceptions mais ont sans cesse tiré les leçons afin de progresser. Les Français ne sont pas là par hasard ou suite à des coups de chance. Non, pas du tout : ils ont aussi eu leurs maladies, leur crise d'adolescence mais leurs ambitions étaient méthodiques. Ils n'ont pas attaché la charrue avant les b£ufs, n'ont pas voulu être calife à la place du calife, et c'est pour cela que Lyon a même su se passer de Michaël Essien et creuser son sillon. Le PSV s'inscrit dans cette lignée et on peut en dire autant d'Arsenal. Les Londoniens ont mis du temps avant d'appréhender la dimension européenne. Le vainqueur de la Ligue des Champions émargera des clubs de catégorie A ou B de ce classement invisible. Une troisième vague comprend les clubs qui sont susceptibles de se dépasser à l'une ou l'autre occasion. Ils peuvent réaliser un one shot mais sont incapables de multiplier les grandes performances et de tenir la distance sur les six matches de leur poule de la Ligue des Champions. Enfin, il y a les clubs spectateurs qui n'ont pas voix au chapitre. Avant de courir, il faut réapprendre à marcher. Anderlecht et Bruges, malgré les succès face au Rapid Vienne, font partie des sans-grade. On se trompe de raisonnement en estimant qu'Anderlecht détient un autre statut. Ce n'est pas catastrophique du tout si on prend conscience de cette réalité en analysant le travail à abattre pour progresser. Anderlecht ne peut pas redevenir sans transition un club de deuxième catégorie, alternant le bon et le moins bon en étant capable d'inquiéter le gratin. Anderlecht doit d'abord redevenir un club de one shot. Et c'est en enchaînant petit à petit les exploits qu'Anderlecht retrouvera les sensations du succès, la culture de la victoire. A force de one shot, on apprend à se gérer, à apprécier le goût du progrès. Ce retour vers de plus hautes sphères européennes ne peut pas passer par d'autres itinéraires. Et ce renouveau peut encore s'enclencher cette saison. Le 23 novembre prochain, Anderlecht reçoit Chelsea, qui n'a pas encore un des deux billets qualificatifs en poche. C'est le moment de se transcender, de se dépasser, de puiser dans ses réserves, de faire appel aux forces de son mental afin de gagner, de réaliser un one shot. Si Anderlecht y parvient, ce club aura franchi un pas dans la bonne direction. C'est ce qu'il faudra souligner même si Anderlecht passait ensuite à côté de la troisième place qui ouvre la porte de la Coupe de l'UEFA. S'il y a au moins un grand exploit mauve cette saison, ce sera déjà appréciable. Il en appellera d'autres dans les saisons à venir avec la définition de nouveaux horizons. Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre en acceptant de se donner le temps d'avancer pas à pas. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC