Dans la rue, les résultats laissent pantois. A tel point que même les supporters les plus modérés ont fait entendre leur courroux cette semaine, se fendant de deux sorties médiatiques. " Vous nous demandez à quels joueurs s'identifie-t-on ? A plus grand monde ", lâche le président de l'Amicale des supporters, Marc Monetti. En semaine, il avait déjà affirmé : " On ne se reconnaît plus à travers cette équipe. Les supporters aiment voir leurs joueurs mouiller le maillot. Or, il n'y a aucune volonté dans ce groupe, pas la moindre combativité. C'est un manque de respect flagrant envers les personnes qui payent leur place en T4 et dans tout le stade ", avait-il dit dans la Gazette des Sports.
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Dans la rue, les résultats laissent pantois. A tel point que même les supporters les plus modérés ont fait entendre leur courroux cette semaine, se fendant de deux sorties médiatiques. " Vous nous demandez à quels joueurs s'identifie-t-on ? A plus grand monde ", lâche le président de l'Amicale des supporters, Marc Monetti. En semaine, il avait déjà affirmé : " On ne se reconnaît plus à travers cette équipe. Les supporters aiment voir leurs joueurs mouiller le maillot. Or, il n'y a aucune volonté dans ce groupe, pas la moindre combativité. C'est un manque de respect flagrant envers les personnes qui payent leur place en T4 et dans tout le stade ", avait-il dit dans la Gazette des Sports. Les chiffres de fréquentation du stade du Pays de Charleroi sont en baisse constante, même si la direction masque les statistiques peu flatteuses en maintenant lors de chaque rencontre le chiffre des abonnés. Or, près de 2.000 abonnés ne se sont pas rendus au stade lors des joutes de décembre et de janvier. On annonce donc parfois 7.000 spectateurs, alors qu'ils ne sont que 5.000, soit une assistance famélique. Les relations (re)deviennent de plus en plus tendues entre la direction et les clubs de supporters, comme en témoigne la plainte émise par le club contre les Storm Ultras lorsque ceux-ci avaient manifesté leur mécontentement au centre d'entraînement de Marcinelle en décembre. Les Storm Ultras qui avaient décoré le centre d'autocollants et déplacé certains outils de travail, reprochent à la direction d'avoir grossi les faits, inventant des dégradations que nie le groupe de supporters. Mais le fil s'est également rompu avec les joueurs. Contre Westerlo, provoqué par une frange des supporters, Badou Kere, un des symboles de ce club puisqu'il s'agit du joueur le plus ancien dans le noyau, a répliqué par un doigt d'honneur. " Quand je suis arrivé il y a cinq, six ans, je sentais encore les gens derrière nous ", explique Bertrand Laquait. " A la limite, même plus lorsqu'on luttait pour ne pas descendre que lorsqu'on se battait pour l'Europe. Aujourd'hui, je ne le sens plus. Le public est en train de nous abandonner. Et pour une équipe comme Charleroi, cela peut faire très mal. " Même son de cloche auprès des plus jeunes. " Le public n'est pas toujours derrière nous et cela peut nous paralyser, même si je comprends très bien leur frustration ", ajoute David Vandenbroeck. Dimanche, le point de rupture a été atteint. Commençant par un vibrant hommage à Jean Pol Spaute (" Adieu au vrai président "), se poursuivant par des huées visant la direction et les joueurs (" Tout va bien ", " Cachez-vous ", " Direction démission ", " On est champion, olé, olé "), les supporters n'ont pas manqué de faire valoir leur point de vue. Les Gueules noires avaient même décidé de ne pas soutenir leur équipe, affichant une banderole Une équipe sans âme, une tribune sans voix. Ces manifestations n'ont pas du tout plu à la direction. Mogi Bayat s'est fendu d'un bras d'honneur. Quant au président, il s'est lâché devant la presse : " Ces supporters ne méritent pas une équipe en D1. On aurait dû la laisser tomber en D4 ", a affirmé Abbas Bayat. " C'est dans les moments durs qu'il faut soutenir son équipe. Ce ne sont pas les joueurs du Sporting qui n'ont pas d'âme mais les supporters ! Je tiens à rappeler que cela fait dix ans que nous sommes arrivés ( NDLR : huit ans et demi exactement) et le Sporting est toujours là. Qui a mis le club dans la merde ? Ce n'est pas nous mais les présidents du passé. Je n'ai plus de respect pour ces supporters. " Quelques minutes plus tard, le directeur général du Sporting, Mogi Bayat, en remettait une couche : " Ce sont des abrutis, des crétins même si je sais qu'il s'agit d'une minorité. Avec ces gens-là, il faut parler crûment car ils ne comprennent que ce langage. Finalement, ils ont l'équipe qu'ils méritent ! "