Trond Sollied nous avait un jour expliqué la difficulté du travail d'un coach à l'Olympiacos : " La direction te juge sur ce que tu réussis en Ligue des Champions, mais c'est un niveau fort élevé pour ce club. Presque inatteignable. Tu ne peux pas vraiment envisager d'aller loin parce qu'il y a trop d'équipes de grands championnats qui sont plus fortes, qui arrivent à attirer des meilleurs joueurs, qui ont un autre budget et une autre histoire. "
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Trond Sollied nous avait un jour expliqué la difficulté du travail d'un coach à l'Olympiacos : " La direction te juge sur ce que tu réussis en Ligue des Champions, mais c'est un niveau fort élevé pour ce club. Presque inatteignable. Tu ne peux pas vraiment envisager d'aller loin parce qu'il y a trop d'équipes de grands championnats qui sont plus fortes, qui arrivent à attirer des meilleurs joueurs, qui ont un autre budget et une autre histoire. " Le Norvégien a été viré en décembre 2006, après un an et demi au Pirée. Après, aussi, un titre et une Coupe de Grèce. Insuffisant aux yeux de son boss. L'exploit de Sollied, c'est d'avoir tenu aussi longtemps. Un chiffre résume tout : depuis dix ans, seize entraîneurs ont défilé. Autre particularité : aucun Grec parmi les dix derniers qui ont reçu leur chance. Par contre, des coaches de Serbie, de Géorgie, du Brésil (Zico), d'Allemagne, du Portugal. Aujourd'hui, c'est l'Espagnol Michel (JoséMiguelGonzalez) qui s'y colle. Un parcours de fou comme joueur : 20 ans au Real (six titres), 66 sélections avec la Roja. Mais pas pour autant à l'abri chez les Grecs ! " A peine arrivé, déjà contesté ", explique un insider du club, actif pour l'un des plus importants sites grecs d'information (gazzetta.gr). " Il a repris l'équipe au début de cette année mais il y a eu récemment de grosses rumeurs sur son sort. Il a suffi de deux moins bons résultats : 1-4 contre le PSG lors de la première journée de Ligue des Champions, puis juste après, 0-0 sur le terrain de Panetolikos, un club qui vient de monter. Ce résultat a été vécu comme une maladie honteuse. Déjà, ça avait un peu tiqué après la victoire tirée par les cheveux lors de la première journée, contre un club qui jouait le tout premier match de son histoire en D1. Ne pas écraser le championnat, c'est une aberration aux yeux de la direction de l'Olympiacos. Et les supporters pensent la même chose. Ils doivent toujours être champions, facilement et en proposant un beau football. Pour eux, le championnat n'est qu'une formalité, un passage obligé vers la Ligue des Champions. " Sur ce plan-là, ça ne se passe pas mal avec huit titres lors des dix dernières saisons - et le seizième doublé en mai. Mais la Superleague, ça reste donc de la gnognotte pour le président. Cet EvangelosMarinakis ne connaît pas sa fortune, faite dans le transport maritime, l'énergie et l'immobilier notamment. Il met le prix quand ça lui plaît. Toujours en se focalisant sur la CE1. " Indépendamment de l'incroyable compte en banque de son propriétaire, l'Olympiacos est un club très riche ", raconte notre insider. " Tous les matches attirent beaucoup de monde, et surtout, il y a les recettes presque systématiques de la Ligue des Champions. " Depuis dix ans, l'Olympiacos n'a raté qu'une édition, et le club est même arrivé deux fois en huitièmes de finale. Lors de certaines campagnes de transferts, il y a de gros dérapages financiers mais ils sont sans conséquences fâcheuses sur l'avenir, ils ne menacent pas l'existence du matricule. Dernier exemple en date : le recrutement cet été de JavierSaviola, arrivé de Malaga. Il n'a pas été énorme avec le club espagnol, il n'a d'ailleurs pas crevé l'écran quand il a affronté Anderlecht il y a un an, il a connu plus d'échecs que de réussites dans sa carrière (Barcelone, Real, Benfica) mais cet Argentin conserve une étiquette de surdoué et il faut donc continuer à payer beaucoup pour le séduire. Il n'a pas encore réussi à se rendre indispensable en attaque : il est confronté à la concurrence embêtante de KonstantinosMitroglu, qui marque comme il respire depuis quelques semaines. Gazzetta.gr : " A terme, ça semble quand même inconcevable que Saviola ne soit pas l'attaquant numéro 1 de l'Olympiacos. " Pour recruter, le président se fie aux avis de deux ex-icônes : ChristianKarembeu est officiellement son conseiller stratégique et l'ex-international sud-africain (et ex-Marseille) PierreIssa est directeur sportif. A gazzetta.gr, on nous dit que Michel joue gros dans le match à Anderlecht. " Comme les autres, il va être jugé sur la base de ses résultats en Ligue des Champions. Au début de cette année, c'était le Portugais LeonardoJardim qui entraînait. Il a été mis dehors au moment où l'Olympiacos écrasait à nouveau le championnat, avec dix points d'avance sur le deuxième. Il n'avait pas réussi à sortir des poules, ça a été son arrêt de mort. " Dans un groupe avec Schalke, Arsenal et Montpellier, les Grecs avaient quand même pris la troisième place et ils avaient donc poursuivi en Europa League, mais ce n'était pas assez. " On reproche aussi à Michel le manque de peps dans le jeu depuis le début de la saison. L'Olympiacos est en tête, marque beaucoup et n'encaisse pratiquement pas, mais il faut encore autre chose. C'est un public extrêmement exigeant. Les joueurs ont été applaudis après la défaite contre le PSG parce qu'ils ont montré quelques belles choses en première mi-temps, ont marqué un but, ont frappé deux fois sur les poteaux, mais ils ont déjà joué leur joker. Une deuxième défaite en deux matches ferait mal, ce serait vécu comme un désastre. Le coach est sous pression, le stade pourrait vite s'enflammer. " La semaine dernière, pendant qu'Anderlecht se rassurait contre Eupen, l'Olympiacos jouait en Coupe de Grèce contre une équipe de D2. Victoire 5-1 avec deux buts du Serbe MarkoScepovic, transféré tout récemment du Partizan Belgrade, qui a lâché dans la foulée : " C'est incroyable qu'on nous mette une pression pareille. Je n'ai jamais vu ça ailleurs, il faudra m'expliquer. " PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO : IMAGEGLOBEMichel joue déjà gros, au Parc Astrid.