Lors du titre de champion, il y a deux ans, Anderlecht disposait d'attaquants à profusion. Avec Dieumerci Mbokani, Tom De Sutter et Matías Suarez, le Sporting était paré en pointe. Sans oublier Milan Jovanovic sur le flanc. Durant l'été 2013, ce quatuor s'est ensuite dispersé. Mbokani et De Sutter sont partis, Jovanovic a raccroché. Et Suárez ? Son état de santé n'a fait qu'empirer.
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Lors du titre de champion, il y a deux ans, Anderlecht disposait d'attaquants à profusion. Avec Dieumerci Mbokani, Tom De Sutter et Matías Suarez, le Sporting était paré en pointe. Sans oublier Milan Jovanovic sur le flanc. Durant l'été 2013, ce quatuor s'est ensuite dispersé. Mbokani et De Sutter sont partis, Jovanovic a raccroché. Et Suárez ? Son état de santé n'a fait qu'empirer. Ses problèmes de genoux l'avaient déjà écarté des terrains pendant une bonne partie de la saison. 2013-2014 devait marquer son retour définitif à la compétition. Mais, en octobre 2013, cette articulation l'a à nouveau trahi. Le nouveau trio a été réduit à un duo : Aleksandar Mitrovic et Gohi Bi Cyriac. Cyriac était arrivé dans la capitale un an plus tôt. Un transfert surprenant car au Standard il venait de subir sa deuxième lourde opération au genou en 15 mois. Il n'était pas encore prêt à rejouer, loin de là. Anderlecht ne s'en était pas formalisé : avec Mbokani et De Sutter, John van den Brom pouvait se permettre d'attendre. Cyriac avait tout loisir d'oeuvrer à sa rééducation en toute quiétude. Elle a pris pas mal de temps : lors des play-offs, il n'était toujours pas opérationnel. Deux montées au jeu, 20 minutes au total, et c'était tout. Après une année perdue, l'heure de Cyriac semblait enfin arrivée. Mbokani et De Sutter étaient partis, et Mitrovic n'était pas encore là : la place d'attaquant de pointe était donc à prendre. En Supercoupe, contre le Racing Genk, l'Ivoirien a pu fêter sa première titularisation en mauve. Un soulagement, mais ce début prometteur n'a pas trouvé de prolongement. Lors du premier match de championnat contre Lokeren, il a été remplacé au repos, et une semaine plus tard, il a dû céder sa place après une heure de jeu. Par la suite, à deux reprises, il a encore pu monter au jeu en fin de match, mais il était clairement précédé dans la hiérarchie par Suárez et Samuel Armenteros. Cyriac n'était désormais plus que le troisième attaquant. La place de titulaire d'Armenteros contre Gand illustrait à suffisance la pénurie d'attaquants du Sporting. Le Suédois d'origine cubaine avait rejoint les rangs bruxellois au milieu de la saison antérieure. Six mois plus tôt que prévu, car on avait besoin de lui : Mbokani était à la Coupe d'Afrique des Nations et Suárez n'en finissait pas de différer son retour. Armenteros n'a pas été d'une grande utilité dans la conquête du titre : son apport fut quasiment nul. Ce n'est qu'au début de la saison suivante qu'il a conquis une place de titulaire au détriment de Cyriac. Ce fut son dernier fait d'armes sous la vareuse anderlechtoise. Sept mois plus tard, il a été prêté à Feyenoord. Mitrovic a alors débarqué chez les Mauves. Le Serbe a fêté ses débuts sous la forme d'une montée au jeu à Zulte Waregem. Pour Cyriac, le message était clair : le staff et la direction d'Anderlecht n'avaient pas confiance en lui. Armenteros était parti, mais Mitrovic venait à peine de débarquer en Belgique qu'il jouissait déjà de la préférence. Il fut d'emblée élevé au rang de certitude. Avec Suárez en soutien. C'est-à-dire, dans le rôle qui avait été celui de Cyriac au Standard, avec Mémé Tchité. Le rôle dans lequel, grâce à sa vitesse et son maniement de ballon, il aurait pu être complémentaire avec Mitrovic. Hélas, il n'a jamais eu l'occasion de démontrer son utilité. Même lorsque le genou de Suárez lâcha à nouveau, fin octobre 2013, rien ne changea pour l'Ivoirien. Les minutes de jeu ne lui furent accordées qu'avec une extrême parcimonie. Pendant l'hiver, les dirigeants anderlechtois ne sont pas restés les bras croisés. En janvier 2014, David Pollet est arrivé de Charleroi. Un transfert qui se solda par un nouvel échec. Pollet a encore moins joué que Cyriac, qui a accumulé du temps de jeu en janvier et en février. L'ancien Zèbre n'a été titularisé pour la première fois que lors de la dernière journée de la phase classique. Son histoire à Anderlecht s'est terminée avant qu'elle n'ait réellement commencé. Comme Armenteros avant lui, Pollet a dû quitter Anderlecht six mois après son arrivée : il a été vendu à Gand. Armenteros, de son côté, a été une nouvelle fois prêté, cette fois à Willem II. Eté 2014, il y a tout juste un an. Anderlecht décide de ne pas engager de successeur à Pollet, et de conserver Mitrovic et Cyriac comme attaquants de pointe. Le club espérait, de cette manière, ouvrir la porte au jeune Oswal Alvarez, qui venait de fêter ses 19 ans. Un vrai " 9 et demi ", au style similaire à celui de Cyriac, mais souvent blessé. Le Colombien s'était déjà retrouvé à plusieurs reprises sur la touche dans son pays, victime de blessures musculaires liées à son explosivité. C'est du moins ce que l'on prétendait. Entre la Noël 2014 et le 1er février 2015, il a disputé cinq rencontres, dont deux comme titulaire. C'est tout. Les alternatives manquaient. Ronald Vargas - qui, comme Cyriac, avait été engagé alors qu'il se remettait d'une grave blessure - était parti après trois années qui l'ont vu fréquenter l'infirmerie davantage que le terrain. Ibrahima Conte avait, certes, rejoint la capitale durant l'été. A Zulte Waregem, il était considéré comme le successeur de Thorgan Hazard, mais sous le maillot mauve, il n'est pas parvenu à se montrer suffisamment décisif dans le rôle de deuxième attaquant. Il était censé combler le vide laissé par Massimo Bruno et Guillaume Gillet sur le flanc droit. Aujourd'hui, il se remet d'une double opération au genou. Lui aussi. En janvier 2015, Anderlecht a encore fait son marché. Toujours sans trouver chaussure à son pied. Marko Marin semblait l'homme tout trouvé pour épauler Mitrovic en pointe. Un grand nom, certes, mais qui s'était retrouvé sur une voie de garage. Il n'a pas réussi à se relancer à Bruxelles. Exit Marin, donc. Autre transfert hivernal chez les Mauves : Idrissa Sylla. Un véritable attaquant, mais : blessé. Alors qu'il souffrait des adducteurs, il est tout de même parti à la Coupe d'Afrique des Nations. A son retour, il n'était plus capable de jouer au football. Après six mois dans la capitale, ses espoirs se sont envolés en fumée. Armenteros, Pollet, Sylla : non, les transferts de janvier n'ont pas apporté grand-chose à Anderlecht ces trois dernières années. Et, depuis un certain temps, aucun attaquant ne semble émerger au centre de formation de Neerpede. Romelu Lukaku fut le dernier à avoir percé. Junior Kabananga était à l'époque le numéro trois dans la hiérarchie, derrière Lukaku en De Sutter, mais fut très peu utilisé et a finalement perdu sa place au profit de Dalibor Veselinovic - encore un échec. C'était en 2011. La saison dernière, Nathan Kabasele a parfois mis le nez à la fenêtre, mais cinq ans après ses débuts à l'âge de 17 ans, il n'a toujours pas fait son trou. On fonde désormais plus d'espoirs en Aaron Leya Iseka : après le Nouvel An, il est monté au jeu à sept reprises et a pu jouer 90 minutes lors du dernier match de PO1 contre Gand. La patience est toutefois de mise à l'égard du jeune frère de Michy Batshuayi : il n'a jamais que 17 ans... PAR JAN HAUSPIE - PHOTOS : BELGAIMAGEMitrovic est le seul attaquant à s'être imposé au Sporting ces deux dernières saisons.