En reconduisant le contrat de Roberto Martinez à la veille du Mondial, la fédération a misé sur la stabilité et la clarté. C'est positif en soi et ça balaie les spéculations qui n'auraient pas manqué de voir le jour si elle avait attendu l'issue du tournoi. On pensait que l'Espagnol allait retourner en Premier League mais lors de sa visite en nos bureaux, en octobre dernier, Martinez avait déjà confié qu'il se plaisait beaucoup en Belgique, nettement mieux qu'en Angleterre. Ça tenait presque de la déclaration d'amour.
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En reconduisant le contrat de Roberto Martinez à la veille du Mondial, la fédération a misé sur la stabilité et la clarté. C'est positif en soi et ça balaie les spéculations qui n'auraient pas manqué de voir le jour si elle avait attendu l'issue du tournoi. On pensait que l'Espagnol allait retourner en Premier League mais lors de sa visite en nos bureaux, en octobre dernier, Martinez avait déjà confié qu'il se plaisait beaucoup en Belgique, nettement mieux qu'en Angleterre. Ça tenait presque de la déclaration d'amour. Roberto Martinez est un homme charmant, qui se contrôle. Contrairement à son prédécesseur Marc Wilmots, il permet à son entourage de travailler indépendamment. D'emblée, ses collaborateurs ont ressenti son arrivée comme une libération. Martinez s'intéresse passionnément à tous les aspects du football belge. Les joueurs le soutiennent, d'après ce qui ressort d'une série d'entretiens, même s'il faut toujours relativiser ce genre de déclarations. Il n'y a pas si longtemps encore, Kevin De Bruyne avait publiquement plaidé pour plus de clarté sur le terrain, constatant que le système comportait trop de hiatus. La critique n'a pas plu à Martinez mais il s'est empressé de fermer les yeux. La quête du juste équilibre n'a pas été simple pour Roberto Martinez, confronté à l'irrégularité des prestations. Ce n'est pas nouveau. Depuis deux ans, Martinez fait bonne impression, sans plus. On n'a jamais eu l'impression qu'il apportait une plus-value, qu'il innovait sur le plan tactique ni qu'il rehaussait le niveau. Mais il n'a guère commis d'erreurs. À son embauche, l'Espagnol est resté très modeste, déclarant qu'il préférait l'évolution à la révolution. Elle s'est produite à très faible dose. Le processus est loin d'être à son terme, même s'il y a des progrès sur le plan tactique. Son défi consiste à retirer le meilleur de cette génération tant vantée, comme il le déclare dans nos pages. Dès le début, il a dit qu'un de ses premiers chantiers consistait à obtenir un meilleur rendement collectif. Maintenant, poursuit-il, il veut élaborer un bon concept avec cette équipe et rendre la défense plus homogène. Martinez doit surtout trouver le bon équilibre. On ne pourra vraiment juger le travail de Roberto Martinez qu'à la Coupe du Monde. La vérité est sur le terrain. Nul ne se satisfera de moins qu'un quart de finale. Un Mondial décevant rebattrait les cartes. Il faudrait rediscuter et sans doute payer. En prolongeant son contrat avant le tournoi, la fédération a pris un risque (calculé). Il ne reste plus que deux matches avant la fin de la compétition. Ce sera alors le moment des bilans. Les treize changements d'entraîneur qui se sont produits en D1A montrent que rien n'a changé. 29 entraîneurs ont été en poste dans les seize clubs pendant cette saison. Les belles paroles sur l'importance de la continuité s'ensablent dans le court terme. C'est un problème qui ne date pas d'aujourd'hui. Plus que jamais, on peut se demander dans quelle mesure on screene vraiment les entraîneurs. Le 28 juillet, au début du prochain championnat, douze clubs auront un entraîneur différent de celui qui a entamé l'exercice en cours, puisque Ricardo Sa Pinto s'en va. Probablement pour Michel Preud'homme, le passage de témoin semble en cours. La décision de la direction sera difficile à expliquer et à présenter, même si le Portugais, qui a eu du succès, est un projectile incontrôlable. Les dirigeants sont toujours prompts à dresser le bulletin des entraîneurs. Ils ont la chance d'être eux-mêmes rarement évalués.