Il y a de courtes phrases qui en disent parfois plus que de longs discours. A Nuremberg, avant et après Allemagne-Belgique (2-0), de " J'ai un Kleenex pour Jean-François deSart si c'est ce qu'il veut " à " Certaines personnes se font un malin plaisir de déstabiliser les A ", on a pu mesurer la profondeur des problèmes qui minent la vie des Diables Rouges. La première intervention appartient à Jean-Marie Philips (CEO de l'Union Belge), l'autre à Stijn Stijnen.
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Il y a de courtes phrases qui en disent parfois plus que de longs discours. A Nuremberg, avant et après Allemagne-Belgique (2-0), de " J'ai un Kleenex pour Jean-François deSart si c'est ce qu'il veut " à " Certaines personnes se font un malin plaisir de déstabiliser les A ", on a pu mesurer la profondeur des problèmes qui minent la vie des Diables Rouges. La première intervention appartient à Jean-Marie Philips (CEO de l'Union Belge), l'autre à Stijn Stijnen. Tous les deux adorent sortir les couteaux comme les charcutiers de Jacques Dutronc : - A la Villette, on tranche le lard. Il est cinq heures et les paris s'éveillent pour les aventuriers de la Chine. Cela ne doit pas faire plaisir aux cadres supérieurs des Diables Rouges à nouveau battus en Allemagne. Quand on ne fait plus rien de bon depuis six ans, il faut tourner la page, passer à autre chose. La campagne olympique aurait dû être une nouvelle rampe de lancement pour le football belge, un creuset porteur d'avenir. Or, les divisions n'ont jamais été aussi profondes (le conflit de Sart-fédé via la presse le prouve) tandis que les mentalités divergentes opposent désormais les jeunes et les anciens de l'équipe A. Une chance historique a peut-être été ratée. Quelle est la différence entre les baby-boomers, les fils de Kurt Cobain et les enfants du net ? Vieux et éternel débat entre les anciens et les jeunes, les conservateurs et les révolutionnaires ? " A Anderlecht, je n'ai pas hésité une seconde à lancer Enzo Scifo, Georges Grün puis Stéphane Demol ", dit Paul Van Himst. " Quand cela ne va pas, il faut passer à autre chose et faire confiance à la jeunesse. " Tous les coaches connaissent le débat. Guy Thys l'avait réglé de deux façons différentes. En 1979, il fit appel à un vieux de la vieille ( Wilfried Van Moer) pour donner plus de volume de jeu et de jugeote tactique à son équipe. Plus tard, en 1984 et en 1986, le fumeur de cigares fit souffler un vent de jeunesse sur son effectif. " Sa connaissance des hommes était phénoménale ", confie EricGerets. " Il affirmait souvent que son job était simple comme bonjour car il avait 11 entraîneurs sur le terrain. Après la théorie, chacun avait le sentiment d'être important. Il proposait des solutions et c'était à nous d'en choisir une. Je suis certain que les joueurs retenaient toujours la solution qu'il avait en tête. " Gerets et ses potes, nés au cours des années 50 sont des baby-boomers (explosion de la natalité après la Deuxième Guerre mondiale) et cette génération se distingue par son idéalisme et sa volonté de se battre jusqu'à la mort, s'il le faut, pour atteindre ses objectifs. Quand Gerets avance qu'il aurait donné sa vie pour Thys, cela en dit beaucoup sur les valeurs de cette vague. La presse allemande s'est penchée sur le recul international du football belge et l'expliquait en partie par le retrait des barbus. Les Gerets, LucMillecamps, René Vandereycken ou Gérard Plessers faisaient peur avec leurs barbes de pirates. Des durs à cuire... Le temps a passé et les jeunes qui montent font partie de ce que les sociologues appellent désormais la Génération Y. Elle se distingue par son optimisme, son indépendance, sa tolérance, sa perspicacité, sa confiance, etc. C'est exactement ce qu'on peut lire dans les regards et les propos d' Axel Witsel quand il dit : " J'ai ressenti un étonnant manque de confiance quand je suis arrivé en équipe nationale A. Je ne m'expliquais pas cette carence. Au Standard, quand Sergio Conceiçao est parti, les jeunes n'ont pas tremblé. Et ils se sont bien débrouillés, je crois. Je n'ai pas éprouvé la moindre crainte avant notre match aller contre Liverpool. Le Standard a opposé sa jeunesse aux Reds. C'était pas un problème mais bien une force. Je respecte tout le monde mais je ne crains personne. Steven Defour et Marouane Fellaini partagent le même avis que moi. " Les chercheurs affirment que ces enfants du net savent ce qu'ils valent. La grande maison de verre a-t-elle jamais mesuré les atouts de la jeunesse, que ce soit les baby-boomers ou les générations suivantes ? Tous les coachs des Espoirs ont exprimé leurs doutes à ce propos. Jean-François de Sart a accentué cette analyse en annonçant qu'il quitterait son poste au terme de la saison. " Je ne suis pas d'accord avec ce qui se passe ", explique Philips, le directeur exécutif de l'Union Belge. " La presse tente d'opposer Vandereycken à de Sart : ce n'est pas sain. " Philips n'est pas bien renseigné ou ne perçoit plus les vibrations des amateurs de football. Le public ne comprend pas pourquoi l'Union Belge s'accroche plus aux défaites des A qu'au brio des Espoirs. " Mais on a fait le maximum pour l'équipe olympique : de Sart le sait car il était au courant de A à Z en ce qui concerne Fellaini et Vincent Kompany ", continue Philips. " Il savait que le premier ne resterait en Chine que le temps d'un match et que l'autre dépendait d'une décision de son club après deux matches. C'était écrit noir sur blanc dans notre accord avec les clubs concernés. En cas de rupture, qui aurait été indiqué du doigt ? De Sart espérait changer les choses au fil du temps et garder les joueurs : c'était impossible. Alors quand il dit que la fédé ne l'a pas beaucoup aidé, je rétorque qu'on lui a tout donné : un soutien technique, psychologique et financier. Nous sommes fiers des Diablotins. Leur parcours n'est pas le fruit du hasard. Mais on ne peut pas comparer leur stress à celui des A, c'est différent. Qu'est-ce que de Sart veut ? En Chine, il a mis le président dans une position inacceptable. Le coach des Espoirs n'est pas un imbécile : s'il veut partir, c'est une occasion rêvée. Il peut s'en aller mais, nous, on ne le met pas à la porte. " La fédération n'a visiblement pas compris que de Sart était surtout lassé par le manque de vision en matière de politique des jeunes. Il est vrai que les clubs se moquent des jeunes. La D1 entend d'abord vivre d'import-export. Les transferts d'été en disent long à ce propos : la mare des joueurs belges s'assèche de plus en plus. La fédé ne le dit pas assez aux clubs. La bombe de Sart a éclipsé l'analyse tactique d'Allemagne-Belgique. La première mi-temps fut intéressante avec la présence de deux attaquants : Tom DeSutter et Wesley Sonck. Cette " richesse " a eu pour effet de contenir les défenseurs allemands. Stijn Stijnen a sauvé quelques ballons chauds. Mais ce gars est complètement fou : un jour, il tuera un adversaire. Son intervention de karateka sur Lukas Podolski était inqualifiable. " C'est le jeu, l'arbitre a estimé comme moi que c'est lui qui s'est empalé sur moi. Podolski est venu vers moi avec le genou : je devais bien me défendre ", a dit le gardien belge. Après le repos, VDE retira un attaquant (De Sutter) et le remplaça par un arrière ( Jelle Van Damme). Une vieille habitude et le même verdict : recul général et défaite. VDE avait un accord avec le Cercle Bruges. De Sutter a longtemps été blessé et devait être ménagé. Mais pourquoi ne pas l'avoir remplacé par un attaquant ? Ce débat doit-il encore être lancé ? C'est tellement vain. Le public n'a cure de cette attitude laxiste de l'UB et s'est rangée en masse derrière les jeunes héros de Chine. Les anciens ? Les supporters en ont soupé ! VDE ? Même réponse mais on ne fera rien pour retenir de Sart, la lueur d'espoir. La fédé est malade. Bravo et bye, bye de Sart. Ou bye, bye les huiles de la fédé ? Les Olympiques ont réuni de grosses assemblées devant les petits écrans, certainement en Flandre ou une partie de la presse dénigre pourtant les Olympiques et soutient encore VDE qui réalise la plus mauvaise moisson de succès de l'histoire du football belge. Pour combien de temps encore ? " Il a un contrat de 18 mois avec une option de six mois de plus en cas de qualification pour la phase finale de la Coupe du Monde en Afrique du Sud ", explique Philips. " Pas question de le déstabiliser. On ne dressera pas de bilan après deux ou trois matches de qualification. Cela se fera avant la levée de l'option, pas avant. A la fin octobre, la Belgique aura disputé quatre matches et ce serait bien d'avoir 7 points sur 12. "VDE va récupérer le gros de l'équipe olympique. Les retrouvailles risquent d'être assez tendues. Les anciens vont s'accrocher à leurs maigres atouts et défendre leurs derniers acquis. Ils estiment que l'équipe nationale a besoin d'eux. Et pourquoi ? Quelles sont leurs lettres de noblesse ? De quel droit Sonck s'est-il payé la tête des Olympiques ? Ces derniers ne mettront-ils pas tout de suite les choses au point avec ces jaloux ? C'est le conflit des générations dans toute sa splendeur. Sera-t-il résolu avant Belgique-Estonie du 6 septembre à Sclessin ? Pas sûr. A Nuremberg, l'Allemagne a reçu la Belgique avec tous les honneurs : drapeaux, des cohortes de petits ramasseurs de ballons, des cuivres pour l'exécution des hymnes nationaux. On imagine que le décorum sera différent à Sclessin pour la venue de l'Estonie. Philips peut toujours demander à ses amis de la Ligue Pro où ils ont trouvé la vieille table utilisée lors de la remise de la Supercoupe. Ils ne font pas partie de la génération Y... par pierre bilic-photos : reporters