Quelque 1.200 spectateurs pour ce qui pouvait être le match du titre : si le White Star Bruxelles est admis en D1, il n'apportera pas grand-chose à notre football. Le club n'a aucune tradition, pas de supporters et jouer un échelon plus haut n'y changera rien. Il n'empêche que cette formation, indépendamment des incertitudes financières qui pèsent sur elle, a été sportivement performante.
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Quelque 1.200 spectateurs pour ce qui pouvait être le match du titre : si le White Star Bruxelles est admis en D1, il n'apportera pas grand-chose à notre football. Le club n'a aucune tradition, pas de supporters et jouer un échelon plus haut n'y changera rien. Il n'empêche que cette formation, indépendamment des incertitudes financières qui pèsent sur elle, a été sportivement performante. Le WS Bruxelles possède une équipe costaude et technique, très forte dans les duels, avec un mélange d'expérience et d'enthousiasme juvénile. John Bico a le mérite d'en avoir fait un ensemble complémentaire malgré les remous qui ont agité le club. De ce point de vue, il n'y a rien à redire à son sacre. Il en va tout autrement du volet extra-sportif, qui dure depuis des mois. Il aurait fallu décider de l'octroi ou non de la licence depuis longtemps. Le report constant de ces procédures jette un blâme sur notre football. Le sport n'est pas au-dessus des lois et on trouve toujours des issues juridiques mais le laxisme avec lequel l'affaire a été traitée est consternant. Pourquoi n'a-t-on pas enquêté avant sur l'origine de l'argent du club ? La farce jouée la semaine dernière avec le classement qui a quasiment changé tous les jours est du jamais-vu. Que le WS Bruxelles reçoive ou non deux points de plus parce que Seraing a aligné un joueur non qualifié contre lui n'a même plus d'importance maintenant. Le sacre du WS Bruxelles, avec son petit budget, est une claque à la figure de tous les autres candidats au titre, à commencer par l'Antwerp, qui a échoué en réalisant un lamentable 13/33 avec une équipe entièrement achetée. Il n'est pas pensable que l'équipe ait joué avec une telle peur au ventre ces dernières semaines. L'Antwerp reste en D2 et est plongé dans le discrédit par la brutalité avec laquelle une minorité de supporters s'est défoulée de sa frustration sur la police. C'est une honte, qui étouffe l'enthousiasme qui entoure le club. On a rarement vu autant de chagrin que samedi au Bosuil. Mais malgré cette tristesse, les supporters ont promis de revenir la saison prochaine. C'est une manifestation touchante d'amour de ses couleurs. Reste à espérer pour ces supporters que le club puisse poursuivre son développement, une fois sa gueule de bois passée, et fournisse de la clarté au sujet des investisseurs anonymes. Qui pense, maintenant, à la chance qu'a ratée cet Antwerp en ne prenant pas le risque de construire un nouveau stade et de montrer ainsi l'exemple. Son ancien entraîneur, Georg Kessler, avait plaidé, lors de son second mandat au club, au milieu des années 90, pour l'érection d'un temple de 32.000 places, selon le modèle de l'Amsterdam Arena. Il avait trouvé une foule de suiveurs pour rentabiliser à court terme le projet. Mais l'Antwerp n'avait pas osé sauter le pas. Et avait raté l'occasion, comme Kessler l'avait si souvent répété, de devenir un des clubs les plus riches de Belgique. Vendredi dernier, le passé était à l'honneur à Anderlecht. Le Sporting a fêté les joueurs qui ont remporté la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe, il y a 40 ans. Ce genre d'initiative est typique d'Anderlecht, qui est un club chaleureux derrière sa façade de froideur. On y a certainement rappelé maintes histoires, comme celle de l'entraîneur Hans Croon, qui était dans un tel état après la finale contre West Ham, qu'il n'avait pu articuler un seul mot dans le vestiaire. En quels termes Besnik Hasi s'est-il adressé à ses joueurs la semaine dernière ? Le président Roger Vanden Stock a imputé la responsabilité de la débâcle ostendaise aux joueurs, a trouvé que la presse avait suffisamment attaqué l'entraîneur mais, interrogé sur l'avenir de Hasi, il a répondu qu'il fallait étudier la situation match par match. Anderlecht a redressé la tête contre Gand et, après coup, pour la énième fois, Besnik Hasi s'est demandé pourquoi ses joueurs ne pouvaient pas afficher le même caractère chaque semaine. Poser la question, c'est y répondre. Pour l'heure, nul ne le fait dans la maison mauve. PAR JACQUES SYSOn ne peut pas minimiser les prestations sportives du White Star Bruxelles.