"Si j'étais à Anderlecht avec Georges Heylens, c'était pour évoquer la société que nous créons ensemble. Les gens ont cru que j'étais là-bas pour représenter les intérêts de mon fils, mais je ne m'occupe pas de sa carrière. "
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"Si j'étais à Anderlecht avec Georges Heylens, c'était pour évoquer la société que nous créons ensemble. Les gens ont cru que j'étais là-bas pour représenter les intérêts de mon fils, mais je ne m'occupe pas de sa carrière. " Extrait d'une mini-interview du père de Junior Edmilson, Edi, en avril. Il avait été repéré à Neerpede, occupé à discuter avec Georges Heylens et Luc Devroe. Le raccourci était facile : le patriarche tentait de caser son gamin chez les Mauves. Démenti dans la foulée, donc. Et pourtant... Oui, il y avait bien du transfert dans l'air, ou en tout cas des préliminaires. Aujourd'hui, Georges Heylens joue cartes sur table et nous explique : " Edi m'a appelé, il m'a expliqué que son fils avait envie de quitter le Standard, il voulait avoir mon avis. Je lui ai directement répondu qu'il ne fallait froisser personne, qu'on devait veiller à ne se mettre personne à dos. Je l'ai prévenu que si l'info de son envie de départ remontait jusqu'à la direction du Standard, ça risquait d'être fort mal vu. Nous avons pris un rendez-vous à Anderlecht, je confirme que notre visite était liée à un éventuel transfert de Junior. " Boum ! Ce serait donc ça, l'explication de la crise de mauvaise humeur de Junior, qui a brossé la première semaine d'entraînement au Standard ? Brossé parce qu'il continue à avoir des envies d'ailleurs ? Poster une photo en direct de l'aéroport, en partance pour une semaine de détente en Bulgarie, au moment où les Rouches reprenaient le boulot et alors qu'il était censé être sur le terrain, ça avait un côté provocateur. Sur ce coup, le meilleur joueur des play-offs (7 buts et 3 assists) a surpris tout le monde. Même son propre frère, Ediberg, qui nous dit : " J'ai découvert cette photo comme tous ceux qui le suivent sur les réseaux. Je ne savais pas qu'il repartait. Il venait de rentrer du Brésil, où il avait passé deux grosses semaines avec nos parents. Il s'est d'ailleurs bien entretenu physiquement là-bas, dans la région de Recife où mon père et ma mère ont leur famille. Il a pas mal couru sur la plage. Quand il est rentré en Belgique, je pensais qu'il avait suffisamment rechargé ses batteries et qu'il était prêt à attaquer directement la préparation avec le Standard. Je croyais qu'il allait tout naturellement reprendre les entraînements avec les autres joueurs. Je l'ai contacté quand j'ai vu qu'il s'offrait une semaine en Bulgarie avec ses deux meilleurs potes. Il m'a dit qu'il avait besoin de quelques jours en plus. " Junior Edmilson avait fait la demande d'une semaine de congé supplémentaire au club, ça lui avait été refusé. En rentrant, il s'est pris une belle amende. " Il m'a avoué que ses coéquipiers n'avaient pas trop apprécié, il doit assumer... ", poursuit Ediberg. Junior avait justifié sa demande par le fait qu'il s'était entretenu pendant une semaine après la fin des play-offs dans l'optique d'une présence hypothétique dans le noyau pour la Coupe du Monde. Être la surprise de dernière minute dans le groupe de Roberto Martinez, il y a cru. " Il était suivi ", confirme Georges Heylens. " J'ai assisté à un repas qui réunissait des anciens internationaux tout en fin de saison, à Ostende. Roberto Martinez était là. On a parlé de différentes choses, puis la conversation a dévié sur Junior. Je lui ai dit que c'était un joueur en devenir et qu'il pourrait en avoir besoin dans le futur. Il m'a répondu : Vous avez tout à fait raison. " " Quand la presse a commencé à écrire qu'il avait une chance d'aller à la Coupe du Monde, il s'est naturellement mis à y croire lui-même ", explique son frère. " Pourquoi pas, finalement, avec la fin de saison qu'il faisait ? Et puis, jusqu'au dernier moment, jusqu'au jour où Martinez a donné sa liste, il s'est dit que c'était possible. Il a été déçu quand il a appris qu'il n'était pas repris. Mais il est resté positif et m'a dit : Si je continue à jouer au même niveau, je me retrouverai tôt ou tard chez les Diables. " Retour sur le flirt avec Anderlecht. Hein Vanhaezebrouck a récemment dit dans la presse : " C'est un miracle si le Standard arrive à garder Junior Edmilson. " Il faisait allusion à un transfert presque automatique vers une équipe étrangère, à partir du moment où nos clubs ont beaucoup de mal à garder leurs pépites. À moins qu'il ait lui-même toujours l'espoir d'attirer le technicien à Anderlecht ? " Marc Coucke m'a dit, littéralement : Edmilson vaut la peine ", révèle Georges Heylens. " J'ai dit à Luc Devroe que l'Anderlecht actuel n'avait pas un joueur pareil dans son effectif. En plus, il est jeune et belge. La saison dernière, quand je regardais les matches du Sporting, j'avais parfois envie de mettre les mains devant mes yeux, tellement ça faisait peine à voir. Les mouvements offensifs d'Edmilson, par rapport à ce que l'équipe a montré, c'est autre chose, on est bien d'accord ! Et j'ai bien compris que la priorité de son père était de le mettre à Anderlecht, qui peut être un bon tremplin vers l'étranger. Et aussi un tremplin vers l'équipe nationale. Il y a du potentiel et des ambitions au Standard mais Anderlecht reste la meilleure vitrine. " Cette discussion est restée au stade informel et il n'y a plus eu de contacts entre-temps entre Anderlecht d'un côté, le duo Edi - Heylens de l'autre. Mais d'autres personnes qui gèrent la carrière de Junior ont bel et bien négocié pour lui à Neerpede. Et aussi dans les bureaux de la direction du Standard, pour une éventuelle prolongation. Le joueur a toujours le même contrat qu'au moment où il est arrivé de Saint-Trond, en janvier 2016, ça tourne autour du demi-million annuel, en brut, primes comprises. Les négociations sur une prolongation se sont faites sur des bases beaucoup plus élevées, et si elles avaient abouti, Junior aurait fait partie des trois ou quatre joueurs les mieux payés du Standard. Mais il a refusé les chiffres qu'on lui proposait. " Si on lui avait donné ce qu'il voulait, il aurait peut-être prolongé ", nous dit un proche. Ediberg fait son pronostic : " Je pense qu'il finira par rester au Standard. Il est bien là-bas et la perspective de jouer la Ligue des Champions, ça le titille. Moi, en tout cas, je ne le vois pas aller à Anderlecht. J'ai l'impression que s'il part prochainement, ce sera à l'étranger. " Anderlecht était pourtant prêt à le rétribuer en fonction de son talent et de son efficacité. Les négociations se sont faites sur une base d'un million net par saison, en plus d'une prime nette d'un million à la signature. Edi a confié à Georges Heylens que son fils avait déjà reçu, aussi, des offres de l'étranger. Dans son entourage, on nous dit que " la priorité de Junior est de signer un très gros contrat, et si c'est possible de jouer dans un pays ensoleillé, c'est encore mieux. Si Dubaï ou la Chine vient, il fonce. " Plus près de chez nous, Lille a tâté le terrain. " Ils m'ont appelé pour me demander mon avis sur Junior ", poursuit Heylens. " Je leur ai décrit son profil et je leur ai signalé qu'ils n'avaient pas un joueur pareil dans leur effectif. S'il ne prolonge pas prochainement au Standard et s'il ne signe pas ailleurs, Lille risque fort de sauter sur l'affaire. " Une autre piste possible mène au championnat du Portugal. Porto est sur le coup. Et Luciano D'Onofrio est impliqué. On entend qu'il aurait essayé d'attirer Junior Edmilson à l'Antwerp en janvier dernier, en lui promettant de l'aider par la suite à trouver un bon club à l'étranger. Carlos Vara suit le FC Porto au quotidien pour le journal sportif A Bola. Il confirme que le nom du dribbleur circule là-bas : " Il y a deux ou trois semaines, j'ai entendu que Porto se renseignait. Le fait que Junior Edmilson puisse amener du danger sur les deux flancs, ça les intéresse. Entre-temps, ça semble être moins chaud. Pour une raison très simple. Porto voit en Edmilson le successeur possible d'un joueur qui a le même profil, l'Algérien Yacine Brahimi. Mais il faudrait d'abord que Brahimi s'en aille. Le club essaie de le vendre parce qu'il ne lui reste plus qu'un an de contrat. La direction voudrait encore toucher un peu d'argent sur lui, en sachant que ça ne sera de toute façon pas énorme parce que la moitié du montant du transfert ira à une autre partie qui détient des droits sur le joueur. Si Brahimi s'en va, je pense que la direction de Porto prendra officiellement contact avec le Standard. Et je ne serais pas étonné que Luciano D'Onofrio se retrouve alors dans le deal. Quand il faut débloquer des dossiers avec la Belgique, le grand patron du club continue à le consulter. Par exemple, c'est encore lui qui est intervenu pour faire venir Sergio Conceiçao il y a un an. "Par Pierre Danvoye