Dimanche, le stade Roi Baudouin, avenue Houba de Strooper, était silencieux. Peu de trafic en rue, des restaurants fermés, de temps en temps un promeneur... Or, ce jour-là, la saison de football devait y connaître une apothéose avec la finale de la Coupe, opposant le Club Bruges à l'Antwerp. Avec 50.000 spectateurs présents, beaucoup d'ambiance, de boisson et de nourriture, d'énormes bénéfices. Mais ce fut le Grand Silence.
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Dimanche, le stade Roi Baudouin, avenue Houba de Strooper, était silencieux. Peu de trafic en rue, des restaurants fermés, de temps en temps un promeneur... Or, ce jour-là, la saison de football devait y connaître une apothéose avec la finale de la Coupe, opposant le Club Bruges à l'Antwerp. Avec 50.000 spectateurs présents, beaucoup d'ambiance, de boisson et de nourriture, d'énormes bénéfices. Mais ce fut le Grand Silence. Il n'en a pas été autrement dans les clubs. Des terrains d'entraînement désertés, des joueurs reclus chez eux, un avenir d'une incertitude poignante. Nul ne sait si le championnat reprendra ni quand, dans le meilleur des scénarios. Cette incertitude est éprouvante. Les dirigeants s'arrachent les cheveux, en se demandant comment équilibrer leur finances. Ils sont confrontés à un cauchemar qui prend des proportions croissantes. Si ce virus, qui se propage si rapidement, démontre quelque chose, c'est que beaucoup de clubs sont bâtis sur des sables mouvants, malgré tous les avantages fiscaux dont ils jouissent. Le fait qu'ils songent à mettre les footballeurs et les membres du staff en chômage technique - certains ont déjà adopté la mesure - l'illustre bien. Les petits clubs, qui vivent littéralement de recette en recette, sont particulièrement touchés. On parle de pauvreté déguisée, ici et là. En Italie, la discussion fait rage : les footballeurs sont-ils disposés à renoncer à une partie de leur salaire ? La perte globale des cinq grands championnats européens s'élèverait à quatre milliards d'euros. Plus les clubs dépendent des droits TV, plus le déficit est considérable. La Premier League est la plus touchée. Dans le pire des scénarios, les chaînes réclameraient une partie de l'argent investi. Il n'est pas facile de trouver des formules et des constructions pour combler ces déficits. Mardi de la semaine passée, quand l'UEFA a reporté l'EURO d'un an, son président, Aleksander Ceferin, a parlé avec un certain pathos de signes de solidarité et d'union. Mais clubs et joueurs pensent avant tout à leur propre situation. Le geste de Robert Lewandowski, l'avant polonais du Bayern, est inhabituel et admirable. Avec sa femme, il a mis un million à la disposition de la lutte contre le coronavirus. Un geste de préoccupation dans un monde qui ne pense qu'à l'argent. N'est-ce pas justement Karl-Heinz Rummenigge, le patron de ce même Bayern, qui vient encore de le souligner ? En ces temps de corona, Anderlecht continue de remodeler sa structure, avec le limogeage de Pär Zetterberg. Beaucoup de supporters ont réagi avec fureur au départ de cette icône du club. Les tâches attribuées à Zetterberg, très bien rémunéré, n'ont jamais été clairement définies. Il observait les entraînements, bavardait un peu avec les joueurs, mais ça n'allait pas beaucoup plus loin. Il n'apportait donc aucune plus-value. L'embauche de Zetterberg a été une erreur de casting de premier ordre. Michael Verschueren, qui en a pris la responsabilité avec la bénédiction de Marc Coucke, n'a pas gagné de points, d'autant que l'arrivée de Frank Arnesen a également tourné au fiasco. La présence de Zet' durant cette période difficile n'était destinée qu'à calmer les supporters. C'était tout au plus un rappel des temps passés, plus fastes. Le nouveau CEO, Karel Van Eetvelt, ne tient pas compte de ce genre de sentiments et a sifflé Verschueren. Alors que le football est à l'arrêt, Anderlecht continue à poser de nouvelles fondations. Depuis plus de deux ans.