Le rassemblement des bâtisses autour de l'église Sainte-Marie-Madeleine, elle-même plantée à flanc de coteau, rappelle le passé moyenâgeux de ce village dont la première trace écrite remonte au IXe siècle. Mais c'est désormais sur ses hauteurs que Erpion se développe. Là-bas, entre les éoliennes et les champs, les infrastructures sportives ont de quoi impressionner. Un terrain synthétique doté d'une tribune, un deuxième en herbe pour les équipes de jeunes et un troisième en pleine phase de création. Il vient d'être semé et fait partie du projet de rénovation imaginé par le comité il y a quelques années. Et peu importe s'il a fallu surélever une partie du site par rapport aux vestiaires, enterrés comme dans des tranchées. " Je n'ai plus que ça en tête depuis cinq mois ", concède le président...

Le rassemblement des bâtisses autour de l'église Sainte-Marie-Madeleine, elle-même plantée à flanc de coteau, rappelle le passé moyenâgeux de ce village dont la première trace écrite remonte au IXe siècle. Mais c'est désormais sur ses hauteurs que Erpion se développe. Là-bas, entre les éoliennes et les champs, les infrastructures sportives ont de quoi impressionner. Un terrain synthétique doté d'une tribune, un deuxième en herbe pour les équipes de jeunes et un troisième en pleine phase de création. Il vient d'être semé et fait partie du projet de rénovation imaginé par le comité il y a quelques années. Et peu importe s'il a fallu surélever une partie du site par rapport aux vestiaires, enterrés comme dans des tranchées. " Je n'ai plus que ça en tête depuis cinq mois ", concède le président Patrick D'Haene, qui accueille les froides soirées d'automne en combo short-doudoune. " Heureusement, on a pu inaugurer le terrain synthétique début septembre, à quelques jours de l'organisation d'un grand tournoi rassemblant mille jeunes issus des régions carolo et louviéroise. " Patrick en a fait depuis longtemps une maxime : à Erpion, on n'a pas de pétrole mais on a des idées. La dernière en date a d'ailleurs coûté quelques heures de sommeil au président, qui a fermé la buvette à 6 heures du matin le jour-même, après la diffusion du match Belgique-Suisse. Le concept erpionnais connaît le succès : plus de 200 jeunes évoluent au club pour un total d'environ 300 affiliés, le tout dans un village de 200 âmes. " Les gens viennent de Beaumont, de Cerfontaine et des autres villages avoisinants ", précise Frédéric D'Haene, cousin de Patrick et correspondant qualifié. " Il faut dire que c'est le désert footballistique à 25 kilomètres à la ronde. Il faut aller jusqu'à Couvin-Mariembourg ( à 27 km, ndlr) pour trouver un autre terrain synthétique. " La renommée de l'EC Erpion n'est plus à faire, surtout depuis que le club a associé en 2015 son nom aux véritables célébrités du coin : les Lacs de l'Eau d'Heure. À deux kilomètres à vol d'oiseau du complexe, des dizaines de promeneurs profitent de l'été indien pour se saluer le long du lac principal de la région. Dans une odeur de barbecue, un cycliste peste quelque peu en redoublant d'efforts pour rester à hauteur de sa femme et de sa fille malgré son pneu crevé. " Les Lacs sponsorisent l'équipe, mais il n'y a pas d'autre synergie... pour le moment ", sourit Patrick. Son club envisage en effet de s'associer avec les Lacs pour proposer des formules de stages à des clubs de niveau supérieur (ou non). " Ils s'entraîneraient dans nos installations la journée puis iraient dormir dans les gîtes du lac. " D'où le coup marketing du changement de nom. 19 heures, il reste trente minutes avant le coup d'envoi du derby face à Beaumont. Patrick se rend dans les vestiaires pour son speech d'avant-match. Faute de banc, certains joueurs sont installés dans un divan et écoutent leur coach emboîter le pas du président. Devant une dizaine de feuillets reprenant le classement, le nombre de buts inscrits par équipe, les forces et faiblesses de l'adversaire et ses consignes précises, Marlon Leurquin déballe un discours clair et concis, ponctué par un très efficace : " Les gars, vous vous souvenez de ce qu'on a pris l'année dernière ( défaite 4-1, ndlr), on ne veut plus vivre ça, on doit relever la tête ! " Valeur sûre de la P2 depuis près de 20 ans, Erpion-Lacs de l'Eau d'Heure aimerait découvrir la P1 pour la première fois de son histoire et se stabiliser entre les deux premières divisions. Pas plus. " Il faut savoir qui on est ", estime le président. Une humilité qui n'empêche pas le comité de regarder vers l'avant. À l'avenir, la buvette va se doter d'un " club house " avec une restauration pratiquement permanente gérée par un professionnel. " On veut devenir complètement autonome. " Deux heures plus tard, l'heure est en tout cas au sourire : les locaux viennent de battre Beaumont (2-1) pour la première fois depuis deux ans.