" J'ai eu la chance de bien connaître François Sermon, qui fut le dernier survivant de la conquête du premier titre national d'Anderlecht en 1946-47, parti rejoindre le paradis des dribbleurs, le 18 mars dernier, à 89 ans. Le " Susse " était resté un homme élégant jusqu'à la fin de sa vie. Il m'est arrivé de le côtoyer dans l'équipe des vétérans d'Anderlecht. Il avait l'art de raconter la dernière bonne blague. Ce droitier était un redoutable extérieur... gauche qui rentrait dans le jeu sur son bon pied avant de servir Jef Mer...

" J'ai eu la chance de bien connaître François Sermon, qui fut le dernier survivant de la conquête du premier titre national d'Anderlecht en 1946-47, parti rejoindre le paradis des dribbleurs, le 18 mars dernier, à 89 ans. Le " Susse " était resté un homme élégant jusqu'à la fin de sa vie. Il m'est arrivé de le côtoyer dans l'équipe des vétérans d'Anderlecht. Il avait l'art de raconter la dernière bonne blague. Ce droitier était un redoutable extérieur... gauche qui rentrait dans le jeu sur son bon pied avant de servir Jef Mermans, le " Bombardier " du Parc Astrid. Dans le hors-série que Sport Foot Magazine a consacré en 2010 aux 30 titres mauves (Anderlecht, une classe à part), Bruno Govers a dédié quatre pages à sa rencontre avec Sermon, le Boussoufa des années 40. Je les ai relues avec émotion. Susse a notamment déclaré : " Cette année 1947 restera à tout jamais gravée dans ma mémoire. J'étais arrivé au Parc Astrid une décennie plus tôt, en provenance du FC Zuen. Mon père, Jean-Baptiste, inconditionnel de I'Union Saint-Gilloise, aurait aimé que je prenne le chemin de la Butte. Mais je n'avais qu'une seule envie : accompagner mes copains de l'Institut Saint-Nicolas à Anderlecht. Sur le plan de la notoriété, les Mauves étaient devancés par d'autres clubs comme I'Union, le Daring, le White Star, le Racing de Bruxelles voire La Forestoise. Mais c'est là que je voulais aller et nulle part ailleurs. " " J'ai fait mes débuts en Première en 1939. En 1946-47, Après 23 journées, sur 36, l'Olympic caracolait en tête avec 8 points d'avance. Personne ne donnait cher de nos chances mais grâce à la conquête de 22 points sur 26 lors des 13 derniers matches, nous sommes parvenus à coiffer les Dogues sur le poteau : 50 à 48. Après le match de clôture au Lyra (3-0), les dirigeants y allèrent de leur poche. Comme prime de championnat, ils avaient promis 1.000 francs par tête de pipe, à multiplier par le nombre de matches livrés. Comme j'avais disputé l'intégralité des 36 matches, je me retrouvais là avec une somme coquette. Elle était loin des montants actuels. De nos jours, un bon joueur peut se mettre à l'abri, financièrement, en quelques années à peine. Personnellement, mes 14 années passées en Première à Anderlecht m'auront permis d'acheter une maison. C'est tout, mais ce n'était déjà pas mal en ce temps-là. " C'était une autre époque mais sans cette génération-là, Anderlecht ne serait pas devenu le club qu'il est. Pour ce fin connaisseur, la plus belle équipe mauve de tous les temps est celle des années 60, entraînée par Pierre Sinibaldi. Comme le Grand Jojo, j'ajouterai : -Oui, tu as raison. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC