Le garçon est poli, bien éduqué. Dans son discours, posé et réfléchi, on sent déjà beaucoup de maturité. SébastienPocognoli (18 ans) ne se pousse pas du col, mais est conscient de ses capacités et déterminé à les exploiter. Son histoire ressemble à celle de beaucoup d'autres : descendant d'immigré italien venu chercher du travail dans les mines en Belgique, il est né dans la Cité Ardente et s'est parfaitement intégré dans la société liégeoise. Ses grands-parents étaient originaires de la région d'Ancône, sur la côte Adriatique. Son père a travaillé à Cockerill-Sambre. Il a voulu taper dans un ballon et a signé sa première carte d'affiliation à Seraing, dès l'âge de cinq ans, puis a émigré à Sclessin lors de la fusion. Où il a fait la même constatation que beaucoup d'autres...
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Le garçon est poli, bien éduqué. Dans son discours, posé et réfléchi, on sent déjà beaucoup de maturité. SébastienPocognoli (18 ans) ne se pousse pas du col, mais est conscient de ses capacités et déterminé à les exploiter. Son histoire ressemble à celle de beaucoup d'autres : descendant d'immigré italien venu chercher du travail dans les mines en Belgique, il est né dans la Cité Ardente et s'est parfaitement intégré dans la société liégeoise. Ses grands-parents étaient originaires de la région d'Ancône, sur la côte Adriatique. Son père a travaillé à Cockerill-Sambre. Il a voulu taper dans un ballon et a signé sa première carte d'affiliation à Seraing, dès l'âge de cinq ans, puis a émigré à Sclessin lors de la fusion. Où il a fait la même constatation que beaucoup d'autres... Si le Standard forme des jeunes, il ne leur ouvre pas les portes de son équipe Première. Il y avait pourtant une belle équipe, chez les -16 ans : KevinMirallas (Lille), JordanRemacle (Genk), JonathanLegear (Anderlecht) PacoSanchez (Mouscron), LaurentCastellana (MVV Maastricht) et d'autres encore. Tous exercent aujourd'hui leur talent ailleurs, et c'est également le choix qu'a fait Séba, en optant pour Genk :. " Il y a deux ans, lorsque Ronny Vangeneugden et Pierre Denier avaient repris l'équipe après le limogeage de Sef Vergoossen, j'avais déjà pu goûter au parfum de l'élite alors que je n'avouais encore que 16 printemps : j'étais monté au jeu contre La Gantoise, l'espace de 30 minutes, en remplacement de Marco Ingrao ". Mais l'expérience s'était arrêtée là. " Avec RenéVandereycken, je n'avais plus voix au chapitre. J'ai réintégré le noyau B. Ma chance, ce fut l'arrivée d' Hugo Broos, un entraîneur qui fait confiance aux jeunes. Et, aussi, la politique de la direction, qui a voulu inté- grer huit ou neuf Espoirs au noyau A. Les blessures ont sans doute précipité notre entrée dans l'équipe, mais l'entraîneur a vu qu'on avait des qualités et nous a maintenu sa confiance ". Broos qui fait confiance aux jeunes ! Faudra-t-il, à tout jamais, arracher cette étiquette d'entraîneur conservateur ? " Je n'ai jamais compris comment on a pu lui faire une telle réputation ", s'étonne Pocognoli. " Les jeunes d'Anderlecht et de Genk lui doivent beaucoup ". Et cette image d'entraîneur taciturne, peu communicatif, est-ce aussi un cliché dépassé ? " C'est vrai qu'il ne parle pas beaucoup, mais sa porte est ouverte et on peut, à tout moment, aller le trouver pour des explications. C'est ce que j'ai fait en fin d'automne, déçu de ne pas avoir joué durant le premier tour, et je lui ai signalé que, s'il n'avait pas confiance en moi, je préférais être prêté au mercato hivernal. Il m'a simplement demandé de patienter un peu et d'accompagner l'équipe en stage en Turquie. J'ai livré deux très bonnes prestations là-bas : l'une au milieu gauche, l'autre à l'arrière gauche. Vu les blessures de TomSoetaers et d' IndridiSigurdsson, l'entraîneur a décidé de me donner une chance pour le match de reprise du championnat, à Charleroi. Je l'ai saisie ". Il était moins une. Dans la tête de Pocognoli, ce stage en Turquie était le dernier qu'il accomplissait avec Genk : " Plusieurs clubs néerlandais avaient déjà manifesté leur intérêt : AZ Alkmaar, RKC Waalwijk, NAC Breda. J'ai toujours considéré que le championnat des Pays-Bas aurait pu me convenir et j'avais déjà un accord avec AZ. Si je me suis donné à fond durant le stage en Turquie, c'était surtout avec l'objectif de... partir sur une bonne note. Je me suis montré tellement convaincant que Genk a refusé de me céder. Au vu du déroulement du deuxième tour, je ne l'ai jamais regretté ". Tantôt milieu gauche, tantôt arrière gauche, Séba a aujourd'hui relégué GonzagueVandooren sur le banc des remplaçants, alors que le Hennuyer avait été spécialement transféré pour occuper ce poste ! A l'exception du déplacement à Anderlecht, Pocognoli a participé, en tout ou en partie, à tous les matches du deuxième tour. Et il trouve cela logique : " Je ne veux pas passer pour un vantard, mais je n'ai pas encore commis de grosse erreur depuis que je joue en D1. Je me montre régulier à chaque match, tant sur le plan défensif qu'offensif, car j'ai délivré plusieurs assists. Pourquoi, dès lors, m'écarter sous le seul prétexte que je suis plus jeune ? " On ne peut pas lui donner tort. Ses qualités ? Comme arrière gauche, un tacle déterminé mais propre, qui laisse peu de chances de débordement à son adversaire direct : " J'ai toujours aimé tacler. Lorsque je jouais à Seraing, tout jeune, les terrains en cendrée ne me rebutaient pas. Il m'arrivait de rentrer au vestiaire la cuisse ensanglantée, à force de me jeter sur le ballon. Au fil du temps, j'ai appris à me tempérer et Ariel Jacobs m'a souvent répété qu'un homme à terre était un homme mort. Il faut donc tacler uniquement lorsqu'on est certain d'avoir le ballon. Je n'ai jamais blessé personne et j'éprouve autant de plaisir à exécuter un beau geste défensif qu'à délivrer un assist : un tacle bien réalisé est très esthétique. C'est sans doute pour cela que j'apprécie beaucoup le championnat d'Angleterre et Arsenal en particulier ". Et puis, il y a sa relance : propre, elle aussi. Et ses centres brossés, typiques des bons gauchers comme FrankieVercauteren autrefois et ChristopheGrégoire plus récemment. Ce qui l'amène à tirer la plupart des coups de coin sur le côté droit, et beaucoup de coups francs également : " Cette qualité de passe et de centre a été également travaillée sur les terrains en cendrée de Seraing. C'était très difficile de contrôler un ballon et les passes devaient être bien calibrées. J'ai aussi travaillé la précision de mes frappes... chez moi, en visant la porte de la véranda ! J'inventais des petits jeux où je devais, par exemple, expédier une balle de tennis sur un espace de 20 centimètres. Les jeunes de Genk, aujourd'hui, s'entraînent sur des billards et c'est vraiment beau à voir : ils sont déjà capables de faire circuler le ballon en une touche. Je les envie parfois. A Seraing et au Standard, je n'ai jamais eu cette chance ". S'ajoute à cela un gros mental. " Je suis capable de faire mon autocritique tout seul et je suis même parfois trop sévère avec moi-même. Lorsque je rate certaines actions, je remets simplement l'ouvrage sur le métier. A Roulers, j'avais loupé mes trois premières passes, mais cela ne m'a pas empêché de me re-concentrer et de très bien terminer la rencontre ". Ce qui lui manque encore ? " L'expérience, mais je ne l'acquerrai qu'en jouant. Et un peu de gabarit (1m83 et 73 kg). Je dois aussi encore travailler mon pied droit et améliorer mon démarrage. Lorsque je joue au milieu gauche, j'éprouve parfois des difficultés à me défaire du marquage de mon adversaire. Je préfère partir de loin, et c'est pourquoi, je trouve que la place d'arrière gauche me convient bien. En vitesse pure, je suis l'un des meilleurs à Genk ". De son deuxième tour, faste pour lui, Pocognoli retient essentiellement trois choses. D'abord son premier match : " J'étais un peu nerveux, au stade du Pays de Charleroi, d'autant que l'équipe ne tournait pas très bien, mais je m'en suis sorti honorablement et j'ai même délivré un assist pour KevinVandenbergh. J'aurais pourtant pu apporter davantage encore... " Son premier but, ensuite : " Contre Westerlo. J'étais sur la pelouse depuis 20 secondes et j'ai planté une tête victorieuse sur ma première touche de balle. J'en avais les larmes aux yeux ". Et enfin, son match au Standard : " C'était très spécial puisque j'ai été formé à Sclessin et que tous mes amis avaient pris place dans la tribune. C'était mon deuxième match à l'arrière gauche et je m'attendais à un match très difficile face à Sergio Conceiçao. J'ai pris un carton jaune après un quart d'heure de jeu, ce qui a encore compliqué ma tâche. Mais j'ai appris énormément au contact de ce joueur fantastique, qui a apporté beaucoup au football belge. Il va rater dix matches au total, c'est bien suffisant ". Le poste d'arrière gauche a souvent posé problème en équipe nationale. Malgré son jeune âge, Sébastien s'en est déjà rendu compte lui aussi : " Philippe Léonard n'a plus 20 ans et Peter Van der Heyden est souvent blessé. Mais, avant de songer aux Diables Rouges, je veux conquérir une place en équipe nationale Espoirs ". On le dit déjà courtisé par de grands clubs européens. " Ces dernières semaines, la Sampdoria est souvent présente à Genk. Je ne sais pas si c'est pour moi, mais je me doute que je suis suivi. J'accueille cet intérêt avec satisfaction, mais sans excitation particulière. A 80 ou 90 %, je peux dire que je jouerai toujours à Genk la saison prochaine... sauf si je reçois une offre qu'on ne peut pas refuser. Et par là, je n'entends pas uniquement une offre financière : elle doit aussi émaner d'un club qui ne se morfond pas en bas de classement et où j'aurai la garantie de jouer ". L'étranger le tente. " Cela fera partie de mes objectifs, dans quelques années. Gert Verheyen a réalisé une très belle carrière en Belgique, mais si l'on peut évoluer dans un grand championnat, cela donne tout de même plus de prestige à une carrière. Malgré mes origines, le Calcio ne me tente pas particulièrement : le jeu y est très fermé, et les arrières latéraux sont essentiellement des défenseurs. Or, j'aime participer aux offensives. Mais j'ai encore beaucoup à apprendre et je crois que Genk constitue le club idéal pour poursuivre mon apprentissage. A la place de StevenDefour, je resterais d'ailleurs encore un petit temps également. Mais qui suis-je pour lui donner ce genre de conseils ? ". Sébastien Pocognoli est né le 1er août 1987 à Liège 1m83, 73 kg Ses clubs1992-1996 Seraing (jeunes) 1996-2002 Standard (jeunes) 2002-2003 Genk (jeunes) 2003-2004 Genk 1m/0b 2004-2005 Genk (noyau B) 2005-2006 Genk 13m/1bDANIEL DEVOS