Les chiffres valent souvent bien mieux qu'un long discours. A cet égard, ceux de Jan Polak sont assez significatifs. Avec lui dans ses rangs, le Sporting n'a enduré aucune défaite cette saison et encaissé moins d'un but par match en moyenne. Pendant son absence de six semaines, due à une déchirure subie en cours de partie au Standard, Anderlecht a, par contre, enduré trois revers et concédé neuf goals. Ce qui en dit suffisamment quant à son impact sur les résultats des Mauve et Blanc. Le milieu de terrain international tchèque n'est pas seulement indispensable au bon fonctionnement du RSCA. Il en est devenu aussi le véritable patron sur le terrain même si, modeste, il refuse à se pousser du col.
...

Les chiffres valent souvent bien mieux qu'un long discours. A cet égard, ceux de Jan Polak sont assez significatifs. Avec lui dans ses rangs, le Sporting n'a enduré aucune défaite cette saison et encaissé moins d'un but par match en moyenne. Pendant son absence de six semaines, due à une déchirure subie en cours de partie au Standard, Anderlecht a, par contre, enduré trois revers et concédé neuf goals. Ce qui en dit suffisamment quant à son impact sur les résultats des Mauve et Blanc. Le milieu de terrain international tchèque n'est pas seulement indispensable au bon fonctionnement du RSCA. Il en est devenu aussi le véritable patron sur le terrain même si, modeste, il refuse à se pousser du col. Jan Polak : Vous ne m'entendrez jamais affirmer que je suis supérieur à un autre. Je fais partie des rouages comme dix autres joueurs, c'est tout. Je me fais fort de jouer le mieux possible et j'essaie d'entraîner les autres dans mon sillage. Si certains sont d'avis que j'ai l'étoffe d'un patron, c'est leur bon droit. Mais moi, je ne me le sens pas et je ne me comporte pas comme tel. Du moins est-ce mon sentiment. Nico venait de prendre une carte jaune. Au lieu de se repositionner, il a voulu polémiquer avec l'arbitre, au risque de se faire exclure. Ce comportement-là est tout simplement inadmissible. Le collectif doit primer en toutes circonstances et quand l'un ou l'autre de mes partenaires l'oublie je n'hésite pas à me faire entendre. Au Club, j'ai tancé l'Argentin. La saison passée, à l'occasion de notre visite à Dender, précisément, je m'en étais pris à Ahmed Hassan qui se souciait absolument de tout, sauf de la place qu'il était censé occuper sur le terrain. J'ai en tout cas eu du mal à me situer en début de campagne lorsqu'il faisait encore figure d'incontournable. Personnellement, j'avais à c£ur de me profiler comme box to box mais dans la pratique c'était impossible car Hassan ne se tenait pas du tout à son rôle. Loin de moi l'idée de le dénigrer ou de minimiser ses mérites mais l'Egyptien était à ce point attiré par le ballon et par le désir de bien faire qu'il sortait constamment de son cadre tactique prévu. Tout le monde avait beau essayer de le raisonner, rien n'y faisait. A 32 ans, il était sans doute trop tard pour qu'il change. La situation a évolué quand Guillaume Gillet est arrivé. Compte tenu de son jeune âge, il était beaucoup plus réceptif aux conseils. C'est à ses côtés que j'ai commencé à disputer des bons matches. Face à Bordeaux notamment. Pas ceux-là uniquement. Je mets toujours un point d'honneur à me livrer à fond. Il arrive, bien sûr, que la forme ne soit pas au rendez-vous. Mais à défaut d'inspiration on ne pourra jamais me reprocher de ne pas me donner corps et âme sur le terrain. Je pense que tout est une question de perception. Les gens évoquent constamment ma reprise de volée qui a fait mouche contre les Français au Parc Astrid. Pourtant j'avais déjà marqué un but similaire à Roulers, plus tôt dans la saison. Et plus personne n'y pensait. Gillet et moi sommes les infiltreurs au Sporting. Des deux, c'est Guillaume qui a le sens du but le plus aiguisé. Avant que Nico ne revienne, c'est d'ailleurs lui qui, à un moment donné, était notre meilleur buteur. Je trouve donc logique qu'il laisse, plus que moi, libre cours à son tempérament offensif. Surgir à bon escient dans les 16 mètres, c'est sa spécialité. Moi, j'ai d'autres qualités. Je suis un peu plus pointu que lui à la récupération du ballon, par exemple. Je ne suis probablement pas le seul à qui on peut faire ce reproche à Anderlecht. Mais vous avez raison : par rapport à Nuremberg, où j'essayais toujours de jouer en une touche de balle, je monopolise davantage le cuir ici. En fait, j'attends le moment propice pour servir un partenaire dans des conditions idéales. Je ne veux pas courir le risque d'une perte de balle et c'est pourquoi je temporise. Tout est, en réalité, une question de maîtrise. Quand Pavel Nedved jouait encore pour l'équipe nationale de Tchéquie, je pouvais toujours le solliciter sans crainte pour un une/deux car j'étais à peu près certain de recevoir le ballon en retour. Il est techniquement si fort... Sans dénigrer mes partenaires au Sporting, je suis moins sûr de mon fait avec eux. Je veux donc éliminer ce facteur et il faut voir là les raisons pour lesquelles je conserve la balle. Je ne la cède pas tant que je n'ai pas de solution acceptable. Je n'ai pas cette impression. Le top en Belgique n'est pas à dédaigner. Le Standard a prouvé face à des formations comme Liverpool, Everton et Séville qu'il ne détonnerait absolument pas en Premier League ou dans la Liga. Pour ce qui est du Club Bruges, il a eu droit lui aussi à des commentaires flatteurs de la part des suiveurs du football français avant sa rencontre face à Saint-Etienne. La tendance, là aussi, était de dire que les Brugeois auraient leur place au plus haut niveau français. Il ne faut pas sous-estimer votre championnat. Pour un étranger qui débarque ici, comme moi l'année dernière, il y a un degré de difficulté à surmonter sous la forme de l'organisation de l'adversaire. Tous sont remarquablement en place en Belgique. Non seulement quand ils se présentent à Anderlecht mais aussi, et surtout, sur leurs terres. Certains sont vraiment très durs à bouger. Comme Mons, par exemple. Ces gars-là se battent pour chaque centimètre carré de la pelouse. Et ceci est valable aussi pour d'autres formations. Il faut disposer d'un collectif bien huilé pour faire la différence dans ces conditions. Ce n'était pas le cas à Anderlecht en début de saison passée, mais nous nous sommes rattrapés par la suite. Pour avoir éprouvé moi-même pas mal de difficultés d'intégration à mes débuts, je crois que l'erreur est de chambouler trop tôt l'équipe de base d'une saison à l'autre. Au lieu d'injecter tant de sang neuf dès la reprise, il vaut mieux tabler sur les automatismes des mois précédents. A mon arrivée, au vu de ce que je montrais sur le terrain, beaucoup se sont demandé si c'était donc ça ce box-to-box dont les responsables sportifs du club parlaient tant. Et ils avaient bien sûr raison de se poser cette question, dans la mesure où je n'étais que l'ombre de moi-même. Cette fois, j'observe exactement le même phénomène avec Arnold Kruiswijk. Au départ, il n'en touchait pas une et on parlait déjà d'un transfert raté. Depuis, le Néerlandais s'est pleinement ressaisi et le son de cloche est différent à son sujet. Je ne doute pas que pour un garçon comme Hernan Losada, il en ira de même. L'erreur aura cependant été de les aligner d'entrée de jeu, alors que l'équipe jouait déjà son avenir européen contre BATE Borisov. Ils avaient l'avantage de connaître le football belge. Pour des gars comme Nemanja Rnic, Kruiswijk ou moi-même, ce n'était pas le cas. Tout bien considéré, je n'aurais pas dû être aligné pour deux matches d'importance comme ceux que nous avions livrés contre Fenerbahçe la saison passée. Mais, dans un certain sens, je comprends l'envie du club d'aligner un joueur qui vient d'être transféré pour plus de 3 millions d'euros. C'est râlant, évidemment. D'autant plus que dans leur poule les Biélorusses doivent composer avec des opposants de rêve comme la Juventus, le Real Madrid et le Zenit Saint-Pétersbourg. Il va sans dire que j'aurais aimé être à leur place. Reste que cette équipe se débrouille plutôt bien : éliminer le Levski Sofia d'abord puis prendre un point contre les Italiens après avoir mené 2-0, il faut le faire. J'aurais pu aller au Shaktar Donetsk si je l'avais réellement voulu et découvrir la Ligue des Champions. Mais je ne m'imaginais pas jouer là-bas. Je suis bien à Anderlecht pour le moment et un transfert ne constitue pas une priorité pour moi. Bien sûr, il ne faut jamais dire jamais. Si un départ peut agréer les différentes parties, pourquoi pas ? Et puis, je me sens de mieux en mieux. L'année passée, en tant que nouveau venu, j'ai souvent observé. Cette saison, je prends plus d'initiatives. Je suis davantage impliqué dans les man£uvres et j'aime ça. Cette éventualité avait déjà été évoquée en début de saison, quand l'Argentin était déjà cité çà et là. J'ai d'ailleurs été aligné à cette place lors d'une joute amicale cet été face à Litex Lovech. L'entraîneur est seul maître à bord et il m'appartient d'obéir à ses ordres. Pour me sentir bien j'ai néanmoins besoin de courir beaucoup et d'être souvent en possession du ballon. Je ne sais donc pas si cette option serait vraiment idéale pour moi. Comme j'ai déjà été amené à bouger fréquemment dans ma carrière, une fois de plus ou une fois de moins, ça ne changerait pas grand-chose finalement. A mes yeux, ma meilleure place est celle que j'occupe actuellement, dans un milieu à trois composantes avec la pointe vers le bas. Mais en équipe de Tchéquie, j'évolue en 4-4-2 avec Tomas Rosicky comme partenaire au sein de l'axe central. Dans cette configuration, je forme la base d'un losange constitué par les hommes du milieu. Ce qui me rapproche déjà du rôle de Biglia chez nous. Même si j'y suis plus décalé vers la droite alors qu'à Anderlecht j'évolue davantage à gauche. J'ai eu la chance de travailler les deux pieds dès mon plus jeune âge, à l'époque où j'évoluais encore en pointe. Mes entraîneurs estimaient qu'avec le droit uniquement je n'irais pas bien loin. Ils n'avaient pas tort car en catégories de jeunes j'ai toujours joué dans une classe supérieure. A la longue, toutefois, j'ai éprouvé de plus en plus de difficultés à marquer et j'ai fini par reculer dans le jeu. J'y étais d'ailleurs plus à l'aise grâce à mon souffle inépuisable. J'ai toujours eu une condition d'enfer. Le hockey sur glace y est pour quelque chose. Je n'ai jamais été affilié dans un club de hockey sur glace. Mais en hiver, mes compagnons de jeu et moi aspergions le béton devant notre immeuble que nous habitions pour pratiquer cette activité. Mais je n'ai jamais hésité : j'ai toujours voulu devenir pro en football. La bière, peut-être ( il rit aux éclats). Votre pils est aussi bonne que la nôtre, en tout cas. Sérieusement, je pense que les joueurs tchèques sont des travailleurs. Ils réalisent qu'ils doivent se secouer sur un terrain pour percer. Et dès que ce pli est pris, on le garde. En toutes circonstances. Voyez Stanislav Vlcek : il n'est peut-être pas toujours titulaire au Sporting mais lorsque l'entraîneur a besoin de lui, il répond toujours présent, même pour quelques minutes à peine. Je ne vais pas faire le procès des autres. Personnellement, je n'ai pas besoin qu'on me motive. Il n'est pas nécessaire qu'on m'apporte ce feu, je l'ai en moi. Si d'autres n'ont pas cette même détermination, c'est dommage... Non, c'est surtout l'Angleterre et l'Espagne qui m'attiraient. Et qui ne me laissent d'ailleurs toujours pas indifférent... Mais le véritable bonheur, c'est de se contenter de ce qu'on a. par Bruno Govers - Photos: Reporters