Pendant que la presse allemande commente tous les entraînements de Pep Guardiola au Bayern et rapporte la moindre parole de l'Espagnol, Jürgen Klopp, l'entraîneur du Borussia Dortmund, vit des jours tranquilles. Il a été le dernier à rassembler ses troupes pour la reprise des entraînements. De Sylt, une île allemande où il possède une maison et passe ses vacances, Klopp a assisté au déferlement médiatique provoqué par l'arrivée de Guardiola. En hochant la tête, il a lu que le nouvel entraîneur du Bayern voulait franchir un cap de plus dans le développement de son club.
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Pendant que la presse allemande commente tous les entraînements de Pep Guardiola au Bayern et rapporte la moindre parole de l'Espagnol, Jürgen Klopp, l'entraîneur du Borussia Dortmund, vit des jours tranquilles. Il a été le dernier à rassembler ses troupes pour la reprise des entraînements. De Sylt, une île allemande où il possède une maison et passe ses vacances, Klopp a assisté au déferlement médiatique provoqué par l'arrivée de Guardiola. En hochant la tête, il a lu que le nouvel entraîneur du Bayern voulait franchir un cap de plus dans le développement de son club. Jürgen Klopp a l'art de fasciner les masses et la presse par sa rhétorique mais quand il parle de la concurrence avec le Bayern, il reste très modeste, se plaisant à se comparer à Robin des Bois. " Il a eu beaucoup de succès avec son arc et ses flèches. Nous possédons également ces instruments et si nous tirons avec beaucoup de précision, nous pouvons faire des dégâts. " On pourrait croire que l'excentrique entraîneur tente de se glisser dans la peau de l'outsider. Pourtant, le finaliste malheureux de la Ligue des Champions n'a pas été modeste sur le marché des transferts. Il a investi 50 millions en joueurs, ce qui n'est pas beaucoup moins que les 57 millions dépensés par le Bayern pour le transfert de Mario Götze (37) et de l'Espagnol Thiago Alcantara (20). Dortmund-Bayern est le choc entre les riches et les richissimes. Le Borussia a déboursé 27,5 millions pour l'Arménien Henrich Mchitarjan, issu du Shakhtar Donetsk, qui doit remplacer Mario Götze dans l'entrejeu mais qui loupera le début de compétition à cause d'une blessure au pied. Le Borussia a dépensé 10 millions pour l'arrière droit grec Sokratis, transféré du Werder Brême, qui doit doubler le Polonais Lukasz Piszczek, dont la blessure ne sera pas guérie avant plusieurs mois, et 13 millions pour Pierre-Emerick Aubameyang, l'avant gabonais de Saint-Etienne, qui doit apporter plus de variété à l'attaque grâce à sa vitesse : sur 30 mètres, il est presque aussi rapide qu'Usain Bolt. En revanche, le médian sud-coréen Ryu Seungwoo, acheté pour une bouchée de pain, constitue une solution d'avenir. Reste à voir comment ces nouveaux vont s'intégrer à la structure existante. Quant à la qualité, elle reste assurée par l'avant polonais Robert Lewandowski, qui a été prié d'honorer son contrat jusqu'à son terme, en été 2014, malgré l'intérêt de grands clubs et un été turbulent. Henrich Mchitarjan, rapide, intelligent et fin technicien, attire tous les regards. L'Arménie est le seul pays au monde à imposer les échecs dans les écoles. Ce jeu a contribué à former Mchitarjan : il anticipe les actions vite et intelligemment. L'Arménien de 24 ans, héros dans son pays, a inscrit 25 buts en 29 matches pour le Shakhtar. Des ténors tels que Barcelone, la Juventus, Chelsea et Manchester City l'ont courtisé mais, à la surprise générale, Mchitarjan leur a préféré le Borussia Dortmund. Jürgen Klopp dispose d'une base homogène, formée par des joueurs qui ont grandi ensemble avant de devenir des vedettes. C'est aussi là que se situe la différence avec Pep Guardiola et le Bayern : l'Espagnol a le choix entre onze joueurs rien que pour l'entrejeu. Onze vedettes. PAR JACQUES SYS