Il y a quelques semaines à Sclessin, lors de la victoire du Brussels sur le Standard, le grand public eut la surprise de découvrir un joueur qui, jusque-là, lui était relativement inconnu : Chris Bruno, arrière latéral gauche des Bruxellois, avait ouvert le score sur un magnifique coup franc û son premier but en D1 û mais, en plus, il fut l'auteur de l'assist qui amènera le second but de son équipe. Pour couronner de trois étoiles sa superbe prestation, il avait, par ailleurs, réussi à mettre Sergio Conceiçao hors du match.
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Il y a quelques semaines à Sclessin, lors de la victoire du Brussels sur le Standard, le grand public eut la surprise de découvrir un joueur qui, jusque-là, lui était relativement inconnu : Chris Bruno, arrière latéral gauche des Bruxellois, avait ouvert le score sur un magnifique coup franc û son premier but en D1 û mais, en plus, il fut l'auteur de l'assist qui amènera le second but de son équipe. Pour couronner de trois étoiles sa superbe prestation, il avait, par ailleurs, réussi à mettre Sergio Conceiçao hors du match. En une soirée, Chris Bruno sortait ainsi, d'un seul coup, de l'anonymat où l'avaient confiné plusieurs saisons en D3. Plus que la reconnaissance publique, sa prestation de Sclessin constituait l'aboutissement de plusieurs années de travail et de persévérance. Son comportement exemplaire et sa fiabilité avaient séduit le président Johan Vermeersch lors de la montée du club en D1. Il se chuchote pourtant qu'il l'avait surtout gardé plus pour services rendus que pour sa valeur intrinsèque : une excellente doublure plutôt qu'un titulaire à part entière. Jusqu'au jour où Emilio Ferrera débarqua. " Je me suis tout de suite rendu compte qu'outre ses qualités mentales et morales exceptionnelles, Chris était davantage qu'un joueur d'appoint. Pour moi, il a le niveau de la D1 : bon timing dans le jeu aérien, redoutable frappe du droit, et un pied gauche... moins gauche qu'il n'y paraît. Intransigeant dans les duels, et surtout armé contre la pression d'où qu'elle vienne. C'est un vrai pro ! " Formé au Sporting Charleroi, Chris fit partie du noyau de Première durant deux saisons ; il joua même une rencontre complète de D1 contre Waregem. Mais, sur les conseils de son président Jean-Pol Spaute, il émigra chez les voisins de l'Olympic, avec le secret espoir de réintégrer le noyau des Zèbres plus aguerri et donc plus compétitif. Après trois saisons chez les Dogues û de 1998 à 2001 û et une, toujours dans la même D3 aux Francs Borains, il rejoignit la D2 avec Strombeek. On peut dire que, dans ce coup-là, Chris a eu du pif : la fusion avec Molenbeek allait lui ouvrir de plus larges perspectives de carrière. De plus, il y retrouvait son entraîneur fétiche, Dany Ost, celui-là même qui l'avait tant apprécié à l'Olympic et qui le relancera à Strombeek. " J'aimais sa rigueur et sa force de caractère. Son écoute aussi. J'ai été frappé par le soin et la méticulosité avec lesquels il entretenait son équipement. Pointilleux et ponctuel. Adorable dans la vie mais râleur comme j'ai rarement vu sur un terrain. Il fallait constamment le calmer quand le déroulement de la rencontre n'allait pas dans le sens qu'il voulait ". Chris a toujours interprété son passage dans les divisions inférieures comme momentanée. C'était un passage obligé pour revenir un jour au plus haut niveau. Trop de joueurs, selon lui, se résignent et acceptent trop vite cette fatalité. Ils n'y croient plus et se laissent aller. Chris Bruno, pour garder le rythme des pros, s'entraînait deux fois par jour. A l'Olympic, par exemple, il s'entraînait individuellement pratiquement tous les matins avec son coach Neba Malbasa. De sorte qu'il n'eut guère de mal à retrouver le rythme et l'intensité d'une préparation professionnelle. Aujourd'hui, il est récompensé de sa ténacité et de sa persévérance :" J'ai travaillé dur, je n'ai vécu que pour le foot ! Je sais d'où je viens ou plutôt d'où je reviens. Je savoure mon bonheur. Mais rien n'est jamais acquis... " Une carrière en D1 qui commence à 27 ans a une saveur encore plus intense ! Cela méritait bien un grand coup de chapeau. Mais des rescapés de la dégringolade, il y en a eu quelques autres avant lui pas des moindres : Yves Vanderhaeghe a dû se faire les dents à Roulers en Promotion, Luigi Pieroni en D3 à Liège, Tosin Dosunmu à Denderhoutem, Patrick Dimbala à Courtrai... La liste n'est pas close, j'espère. parAndré Remy" Une carrière en D1 qui COMMENCE à 27 ANS ! "