J érémy Perbet sait que sa carrière décolle et que c'est le moment de faire le bon choix qui boostera son voyage sportif et bétonnera ses finances pour de nombreuses années. Rêve-t-il du Standard ? Dans un football globalisé, l'effet papillon a commencé à Al-Shabab, en Arabie Saoudite, où Michel Preud'homme a absolument besoin d'un attaquant de pointe. Il a humé le marché belge avant de fixer son choix sur Mémé Tchité.
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J érémy Perbet sait que sa carrière décolle et que c'est le moment de faire le bon choix qui boostera son voyage sportif et bétonnera ses finances pour de nombreuses années. Rêve-t-il du Standard ? Dans un football globalisé, l'effet papillon a commencé à Al-Shabab, en Arabie Saoudite, où Michel Preud'homme a absolument besoin d'un attaquant de pointe. Il a humé le marché belge avant de fixer son choix sur Mémé Tchité. Du coup, le nom de Perbet sortit comme successeur idéal de Tchité au Standard. En plus, un malentendu éclata : un quotidien flamand interpréta erronément des propos du Montois. Oui, il apprécie le Standard et l'a clairement dit mais l'affirmation selon laquelle il avait déjà signé à Sclessin était fausse. Cela déclencha un gros intérêt médiatique. Son téléphone et celui de son agent n'arrêtèrent pas de sonner. Et cela a énervé le joueur qui aimerait savoir au plus vite ce qui se passe vraiment et s'il intéresse les Rouches. A Sclessin, l'intérêt pour Perbet ne date pas d'hier et les rapports de scouting positifs s'accumulent sur le bureau de Jean-François de Sart et de José Riga. Si son agent n'a pas été contacté, une source indique que le Standard pourrait lui faire une proposition dans les prochains jours. On peut le comprendre au vu du parcours, du style et des progrès du merle blanc de l'écurie de l'agent de joueurs Youri Selak. Ce dernier détient-il un serial buteur de la taille du regretté François Sterchele ? Si le Liégeois était plus rapide, et probablement plus flamboyant, plus vif dans les duels d'homme à homme, Perbet est plus fort dans le grand rectangle où sa précision est diabolique. Perbet cadre comme personne en D1. L'agent de Sterchele avait dessiné tranquillement, la courbe de progrès de Sterchele : La Calamine, Louvain, Charleroi, Beerschot, Club Bruges. Perbet était engagé sur une pente semblable mais tout se corsa à Lokeren où il ne convenait pas à Peter Maes. On connaît la suite : la fine gâchette française ne cesse plus de marquer pour Mons, que ce soit en D2, ou désormais au top niveau belge. Même si certains continuent à faire la fine bouche, ses statistiques en 2011 sont phénoménales : 22 buts en D2, 16 en D1 (3 refusés et portés au crédit des arrières adverses), 2 en Coupe. Cette efficacité ne s'explique évidemment pas par hasard. Il n'est plus qu'à six buts d' Ivan Perisic (meilleur buteur 2010-2011) qui au Club Bruges, la saison passée, disposait d'un soutien plus huppé que celui de Perbet au stade Charles Tondreau. Dans ces conditions, on ne comprend pas l'incapacité de Lokeren à exploiter cette veine avant finalement de le céder définitivement à Mons pour 300.000 euros. En un an, Perbet a multiplié sa valeur financière par cinq sur le marché belge et par dix à l'échelle internationale. Perbet peut continuer sur sa lancée en championnat, aller très loin en Coupe : ce serait une belle confirmation sportive. Un titre de meilleur buteur est toujours le bienvenu mais nourrit-il son homme ? Pas nécessairement si on se souvient du cas de Toni Brogno (2000, Westerlo) ou de Tosin Dosumnu (2006, Germinal Beerschot) qui ont peiné après avoir changé d'air. Luigi Pieroni (2004, Mouscron) et Cédric Roussel (2003, Mons) ont fait du surplace après avoir décroché leur titre de meilleur buteur. Ils ont un dénominateur commun : un petit club. Les buteurs des grandes équipes en vue sont infiniment plus médiatisés. C'est désolant mais c'est comme cela et Perbet n'échappe pas à la règle générale. Or, il est quand même difficile d'être le buteur d'un petit club. La direction de Mons, elle, se retrouve face à un choix cornélien. Perbet a permis aux Dragons de digérer leur nouvelle découverte de la D1. Sans lui, la donne aurait été bien plus délicate. Peut-elle se passer de Perbet ? De plus, le public s'est identifié au joueur, et revient au stade pour voir un attaquant qui peut changer le cours d'un match à chaque instant. Les petites équipes ont aussi besoin d'une vedette pour remplir leur stade respectif. Le tout de savoir si Perbet rapporterait plus en restant à l'Albert que sur les étals du mercato ? Répétera-t-il longtemps ses exploits actuels ? La forme d'un buteur n'est-elle pas volatile ? Les clubs comme Mons n'ont hélas pas le temps de se poser ce genre de questions. Le temps n'est plus aux folies. Si le marché est favorable, il ne faut pas rater les bonnes affaires. Tout le monde le sait au Tondreau. Les indicateurs financiers sont favorables pour bien rentabiliser un transfert de Perbet : 27 ans, un contrat jusqu'en 2014, etc. Si un départ arrange Mons et l'attaquant : il se fera car une injection financière serait la bienvenue. Les Dragons ne jetteront plus jamais de l'argent par les fenêtres. Même si les joueurs ne sont pas comparables, la venue d' Aloys Nong indique que Mons a intégré l'éventualité d'un départ de Perbet. Le temps presse et le tout est de savoir qui en a le plus besoin : Mons ou le Standard ? A-t-il le profil pour remplacer Tchité ? Pourquoi les tractations entre Mons et les Liégeois n'ont-elles pas commencé alors que l'intérêt des Rouches est réel ? Y a-t-il un autre candidat acheteur belge ? Si Perbet ne part pas avant la fin janvier, Mons a d'autres touches. Des clubs d'Ukraine et de Turquie l'ont à l'£il. Mais il ne faut pas négliger non plus le marché russe qui se clôture en mars. En cas d'hésitations belges, Perbet prendra peut-être la direction d'un pays plus lointain où les clubs trouvent facilement trois millions d'euros pour un vrai buteur. Les joueurs et les clubs savent mieux que personne qu'il faut monter dans le bon train. Celui de Lokeren menait vers l'oubli : Perbet a su le quitter et faire preuve de caractère. Au classement du Soulier d'Or, le Montois a obtenu 38 points (en un tour de scrutin car il évolua en D2 de janvier à juin) et s'est classé 9e devant Brüls, Perisic, Biglia, Lukaku ou Tchité et donc premier représentant d'un petit club. C'est quand même une belle reconnaissance pour un attaquant que les spécialistes les plus pointus destinaient pour l'éternité à la D2... PAR PIERRE BILIC -PHOTO: IMAGEGLOBE Qui a le plus besoin de Perbet : Mons ou le Standard ?