Après cinq ans passés en Belgique, le football belge n'a pratiquement plus de secret pour Sergiy Serebrennikov. Mais il ne savait pas que, lorsqu'on évoque le Cercle, on devait t utiliser le mot " association " plutôt que " club ". Car ce dernier mot est réservé à l'autre formation brugeoise. " Ah, je n'avais jamais entendu parler de cela ", rigole-t-il en évoquant la rivalité... Mais il jure qu'au Cercle, personne ne lui a jamais parlé de son passage chez les Blauw en Zwart.
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Après cinq ans passés en Belgique, le football belge n'a pratiquement plus de secret pour Sergiy Serebrennikov. Mais il ne savait pas que, lorsqu'on évoque le Cercle, on devait t utiliser le mot " association " plutôt que " club ". Car ce dernier mot est réservé à l'autre formation brugeoise. " Ah, je n'avais jamais entendu parler de cela ", rigole-t-il en évoquant la rivalité... Mais il jure qu'au Cercle, personne ne lui a jamais parlé de son passage chez les Blauw en Zwart. " La saison dernière, nous avons pris quatre points au Club. Les supporters nous en ont remercié tout au long de la saison. L'ambiance du Cercle est très chouette. Quand on entre dans le vestiaire, on ne voit que des regards souriants. Au Club, c'était différent : j'étais souvent blessé et découragé. J'y avais débuté comme milieu droit offensif mais je courais partout. Trond Sollied m'a appris à rester en place mais la dernière saison, j'ai évolué comme médian défensif, comme à Charleroi. Mon passage au Sporting fut intéressant également car Charleroi, pour moi, c'était presque l'étranger. J'étais le seul médian défensif et je ne pouvais pas quitter ma position. Au Cercle, nous sommes deux et j'ai plus de possibilités d'aller de l'avant. Cela me convient mieux. Pour moi, affronter le Club, ce n'était pas le match de l'année. Toutes les rencontres sont importantes. Bien sûr, battre le Club nous aurait permis d'être L'équipe de la ville, ce qui est toujours sympathique (il grimace). Jouer la Coupe d'Europe ? Non, nous n'y pensons pas encore. Nous prenons match par match. L'Europe, ce n'est pas pour cette saison. Le plus important, pour nous, c'est de mûrir, de hausser notre niveau. Plus nous aurons de supporters, plus nous serons forts. Quand on voit qu'ils n'étaient que 4.000 au début et qu'ils sont maintenant près de 20.000, cela motive encore plus. Je sens que nous évoluons. Nous sommes en train de faire un grand pas en avant. Le nouvel entraîneur amène plus de professionnalisme à l'entraînement et dans la préparation des matches. Il est très ouvert avec les joueurs : il faut pouvoir donner du crédit à certains et se montrer plus exigeant envers d'autres. Il analyse bien l'adversaire et nous demande d'éviter les longs ballons, de jouer au sol. Nous avons pris un bon départ et cela nous donne beaucoup de confiance ". A l'entendre, Glen De Boeck est un bien meilleur entraîneur que Harm van Veldhoven. " Ce ne serait pas correct de ma part de dire cela. Harm était aussi un bon entraîneur. Mais Glen est différent. Et il obtient des résultats ". Lorsque Serebrennikov jouait au Club, Oleg Iachtchouk évoluait à Anderlecht. Le Cercle a permis aux deux Ukrainiens de se retrouver. " J'aime bien pêcher et il nous arrive d'aller ensemble à Hoeke. La fois dernière, nous n'avons rien pris mais il nous est arrivé de prendre un brochet de 2,2 kg ". Selon Serebrennikov, Iacthchouk apporte plus de volume à l'attaque du Cercle. " Avec lui, Tom De Sutter, Honour Gombami et Stijn De Smet, nous possédons quatre attaquants de styles différents. De Sutter est un pivot comme Zlatan Ibrahimovic. S'il continue de la sorte, il deviendra un des meilleurs joueurs belges. Gombami est un des éléments les plus rapides de notre championnat. De Smet est capable, par ses dribbles, de faire la différence à lui tout seul dans certains matches et Iachtchouk sent très bien le jeu. L'équilibre est donc parfait. La saison dernière, nous ne marquions pas beaucoup. Maintenant, c'est différent car nous jouons plus offensivement. La saison dernière, face au leader, nous aurions attendu et nous serions partis en contre. Maintenant, nous pensons avant tout à développer notre jeu ". Mais que vaut la défense du Cercle ? " Contre Anderlecht, nos défenseurs étaient les meilleurs hommes sur le terrain. Nous avons beaucoup progressé cette saison au point de vue de l'organisation. Glen De Boeck était défenseur et il travaille beaucoup l'aspect tactique. Il leur montre comment se placer et collaborer. Mon rôle dans l'équipe n'a pratiquement pas changé. Avec Harm, je commençais comme médian défensif mais je pouvais avancer au fil du match. Aujourd'hui, notre football est plus mûr. En possession de balle, nous contrôlons davantage, nous faisons circuler. Le principal, c'est de prendre du plaisir, de savourer ces bons moments. Au Standard, nous avons été battus 4-1 et nous étions tous très déçus mais nous avions pratiqué du bon football ". En possession de balle, le Cercle joue en 4-2-4 : " C'est même parfois 4-1-5 car il m'arrive aussi de me porter vers l'avant. Besnik Hasi a suffisamment d'expérience pour savoir où se placer afin de tenir l'entrejeu. Il le fait bien et, si ça va trop vite, son expérience lui sert beaucoup. Il se place bien, prend le temps de contrôler le ballon et de faire une bonne passe. Il est très important dans notre système. Beaucoup de gens se demandent sans doute quand nous allons nous fracasser. Nous aussi, nous sommes surpris par notre succès mais j'espère que nous allons continuer et que nous conserverons notre style de jeu tout au long de la saison ". " Il est possible que nous connaissions un passage à vide, que nous perdions deux ou trois matches de suite mais pas cinq ou six, je pense. L'entraîneur n'a pas encore dû beaucoup modifier son équipe. Nous devons éviter les cartons jaunes et les blessures mais, heureusement, nous avons un bon banc ". Serebrennikov n'est pas le capitaine du Cercle mais il fait figure de leader du groupe : " Avant l'entame de la saison, l'entraîneur m'a demandé qui devait être capitaine. Je lui ai répondu que, la saison dernière, Dennis Viane et Jimmy De Wulf avaient très bien rempli ce rôle. Pour moi, il n'était pas nécessaire de changer. Ils sont bien dans le groupe. Je n'ambitionne pas de devenir capitaine. Ce qui compte, c'est d'avoir des leaders sur le terrain ". Serebrennikov aurait pu être un grand joueur. Né en Sibérie, il a vécu pendant trois ans et demi en Ukraine, le pays qui lui a donné sa nationalité. Pendant six mois, il a joué avec Andriy Shevchenko, avant que celui-ci ne parte à l'AC Milan. A l'époque, il était candidat à sa succession. " Mais il n'est pas facile d'être un deuxième Shevchenko. Aujourd'hui, j'ai 31 ans. On peut toujours faire mieux, bien entendu, mais je suis content de ma carrière ". Dinamo Kiev, le Club Bruges, Charleroi, le Cercle : on dirait qu'il n'a jamais vraiment atteint le sommet. " A mon âge, rêver d'un grand club n'est pas réaliste. Evidemment, si le Cercle continue à jouer aussi bien, il est toujours possible qu'on vienne me chercher mais je n'y pense pas. Je serais très heureux de pouvoir terminer ma carrière ici. Notre équipe progresse et j'espère qu'elle le fera encore. Actuellement, nous sommes au top en Belgique. Nous devons seulement garder les pieds sur terre mais nous avons envie de progresser ". Il a signé un contrat de quatre ans au Cercle : " C'était ce que je voulais. J'ai besoin de stabilité car je ne m'adapte pas facilement. J'ai besoin de temps. Je ne suis au maximum de mes possibilités que lorsque je suis parfaitement intégré. Nous avons acheté une maison à Varsenare. En principe, nous resterons ici. Ma femme et mes filles parlent le néerlandais. Et moi, j'en suis au niveau trois de mes cours ". Il reconnaît que, parfois, son pays lui manque : " Mais j'essaye d'aller au moins une fois par an en Ardennes. Ça ressemble un peu à la Russie : des températures sous zéro, de la neige, des montagnes. Après mon passage à Charleroi, j'avais demandé à mon agent, Didier Frenay, de me trouver un club en Belgique. Je n'avais pas envie de changer de pays. Ma famille commence à en avoir assez de déménager. Ma femme m'a dit : - Maintenant ça suffit. C'est comme ça que j'ai atterri au Cercle ". Après un an, il arrive que les supporters l'accostent dans la rue : " J'avais toujours entendu dire que beaucoup de gens étaient supporters du Cercle mais ne venaient pas au stade. Maintenant, ils viennent. C'est la preuve que nous avons franchi une étape. La preuve que le club a bien travaillé. Euh... Je veux dire le Cercle ". par raoul de groote