Solberg, Norvégien si latin

En décembre prochain, Petter Solberg sera convié par la Fédération internationale automobile à la soirée des champions. Pourtant, après les trois premiers rounds du mondial des rallies, la cote du Norvégien était au plus bas chez les bookmakers : avec trois petits points, il ne semblait pas en mesure de se mêler à la course au titre. Mais en se classant ensuite à sept reprises en ordre utile, s'adjugeant au passage deux victoires à Chypre et en Australie, il se replace : " J'étais passé à côté de mon sujet au Monte-Carlo et en Suède. Ces deux épreuves ne m'ont jamais réussi, je devrai les préparer tout spécialement la saison prochaine. En Turquie, j'ai également abandonné très vite ; puis la roue a commencé à tourner en ma faveur à l'occasion du lointain déplacement en Nouvelle-Zélande ".
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En décembre prochain, Petter Solberg sera convié par la Fédération internationale automobile à la soirée des champions. Pourtant, après les trois premiers rounds du mondial des rallies, la cote du Norvégien était au plus bas chez les bookmakers : avec trois petits points, il ne semblait pas en mesure de se mêler à la course au titre. Mais en se classant ensuite à sept reprises en ordre utile, s'adjugeant au passage deux victoires à Chypre et en Australie, il se replace : " J'étais passé à côté de mon sujet au Monte-Carlo et en Suède. Ces deux épreuves ne m'ont jamais réussi, je devrai les préparer tout spécialement la saison prochaine. En Turquie, j'ai également abandonné très vite ; puis la roue a commencé à tourner en ma faveur à l'occasion du lointain déplacement en Nouvelle-Zélande ". C'est dans l'épreuve dont il attend le moins que le chef de file du team Subaru signe le coup le plus fumant : " Au Tour de Corse, j'avais mes chances s'il pleuvait ; dans ces conditions, les pneus Pirelli fonctionnent très bientandis que sur l'asphalte sec, ils sont un peu inférieurs aux Michelin. Mais toutes ces considérations ont été balayées la veille du départ durant le shakedown, la spéciale-test qui permet de peaufiner les réglages : je suis en effet sorti de la route, endommageant sérieusement mon Impreza WRC contre un poteau. J'ai cru qu'elle était irréparable mais les mécanos l'on remise en état de marche en... 26 heures ! Trois jours plus tard, je gagnais et dédiais ce succès à mes mécanos ". Une nouvelle fois dans les points en Catalogne, le Norvégien aborde en position favorable le match décisif en Grande-Bretagne. C'est là que, douze mois auparavant, il a décroché ses premiers lauriers au plus haut niveau. Trois autres pilotes rêvent encore de la couronne mondiale : Richard Burns, Carlos Sainz et Sébastien Loeb. L'Anglais ne peut défendre ses chances, la faculté lui interdisant de prendre le départ (il a été hospitalisé après un sérieux malaise). Le Matador va à la faute dès la troisième spéciale. Reste l'Alsacien. La bataille en début de course est somptueuse mais elle ne dure pas : " Citroën a demandé à mon adversaire de ralentir pour assurer le titre mondial des constructeurs. Je trouve cette décision un peu nulle. Cela dit, je ne suis pas sûr que Sébastien en a tenu compte car il n'aurait pas signé ces chronos s'il avait franchement levé le pied... " Scandinave au tempérament très latin, expansif, extraverti, soucieux de faire partager sa joie par son team et ses supporters, le champion 2003 est né il y a 29 ans dans une ambiance 100 % sports mécaniques : " Mon père et ma mère ont brillé en autocross, mon frère Henning est un excellent pilote de rallye et moi, tout gamin, je savais déjà monter et démonter un moteur. Chez les Solberg, l'automobile a toujours tenu une place importante et il n'y a pas de raison que cela s'arrête : mon épouse Pernillia est une ancienne rallywoman de talent et notre petit Oliver grandira dans un milieu baigné par la compétition ". Avec Sébastien Loeb, Markko Märtin et François Duval, Petter Solberg symbolise la nouvelle vague qui pousse vers la sortie des champions du calibre de Colin McRae et Tommi Makinen. Ce dernier occupe cependant une place à part dans le c£ur du Norvégien : " J'ai côtoyé Tommi durant deux ans chez Subaru et j'ai découvert un grand monsieur dont les conseils m'ont énormément aidé. En Grande-Bretagne encore, il m'avait prévenu que l'enjeu m'empêcherait de bien dormir et que je me poserais de nombreuses questions, il avait raison. Je suis fier de dire qu'il est devenu mon ami. Et grâce à lui, j'ai un objectif tout trouvé pour les prochaines années : je veux le rejoindre au palmarès et décrocher quatre titres mondiaux ! " CHAMPIONNAT DU MONDE DES PILOTES : 1. Solberg NOR 72 pts ; 2. Loeb FRA 71 ; 3. Sainz ESP 63 ; 4. Burns G-B 58 ; 5. Märtin EST 49 ; 6. Grönholm FIN 46 ; 7. McRae ECO 45 ; 8. Duval BEL et Makinen FIN 30 ; 10. Panizzi FRA 27....14. Loix BEL 4. CHAMPIONNAT DU MONDE DES CONSTRUCTEURS : 1. Citroën 160 pts ; 2. Peugeot 145 ; 3. Subaru 109 ; 4. Ford 93 ; 5. Skoda 23 ; 6. Hyundai 12. VICTOIRES : Solberg (Subaru) 4 ; Loeb (Citroën) et Grönholm (Peugeot) 3 ; Märtin (Ford) 2 ; Sainz (Citroën) et Panizzi (Peugeot) 1. PODIUMS : 1. Solberg, Loeb et Burns 7 ; 4. Sainz 5 ; 5. Grönholm et Märtin 4 ; 7. Duval, Panizzi et Makinen 2. Il a fallu attendre le rallye du Condroz pour que soit connu le champion d'Europe 2003. Au terme d'une épreuve suivie par un public record mais malheureusement endeuillée par la mort d'un jeune spectateur, fauché par une voiture en perdition, le titre a récompensé Bruno Thiry. " J'ai été bien inspiré d'inciter les dirigeants de Peugeot-Belgique et de Bastos à opter pour une campagne européenne plutôt que cinq ou six sorties sur la scène mondiale. Je disposais avec la 206 WRC 2000 d'une auto capable de me mener au titre continental tandis qu'au plus haut niveau, sauf circonstances exceptionnelles, j'aurais peiné pour entrer dans le top 10. Or il est cent fois plus motivant de se battre pour la victoire que de briguer un résultat honorable mais loin des leaders ". Dès les premiers rounds, la lutte pour les écussons européens n'a concerné que deux hommes, Bruno Thiry et le Portugais Miguel Campos. Leur duel a atteint son paroxysme en Pologne : " Jamais je n'avais livré une bataille aussi serrée ! L'écart n'a pas dépassé les cinq secondes, c'était fou. Nous étions tous les deux sur le fil du rasoir et la moindre erreur se payait cash. Finalement, mon adversaire l'a emporté mais je me suis rattrapé par la suite ". Mais il fut rarement verni, comme lors de son abandon au Tour de Corse 1995 alors qu'il filait vers cette première victoire mondiale que la Belgique attend toujours... Cette année encore, il fut à deux reprises stoppé en plein élan : " Et chaque fois, j'avais course gagnée. Aux Mille Miglia, la transmission a cassé alors que je comptais plus de deux minutes d'avance puis au Barum en Tchéquie, c'est le moteur qui a déclaré forfait. Par contre, Campos a eu beaucoup de réussite. A Ypres, il aurait pu rester définitivement dans le wateringue mais en est ressorti grâce à des spectateurs... pour terminer en 3e position. Au Barum, il a poursuivi sa route après avoir violemment heurté un rail et en Italie, il a bénéficié de la clémence de l'organisateur qui ne lui a infligé que trois minutes de pénalité plutôt que de le mettre hors course comme le règlement le prévoit pour les concurrents n'ayant pas effectué le bon nombre de tours de la spéciale show ". Si le début de campagne fut favorable au pilote de Peugeot-Portugal, notre compatriote inversa la tendance en fin de parcours : " Tout aurait dû être bouclé à l'Antibes où, à armes égales, j'ai nettement battu mon rival. Mais je traînais comme un boulet les points perdus lors de mes deux abandons, et tout s'est joué au Condroz, une épreuve ne bénéficiant pourtant que du coefficient 10 au championnat ". En l'absence de Campos, Thiry devait se classer dans le top 2 du Condroz pour être couronné et remporta sa première victoire au volant d'une Peugeot. : " J'ai répondu à l'attente de mes employeurs tout en prouvant que ma pointe de vitesse et ma motivation sont intactes. Je constate d'ailleurs qu'au Barum, j'ai dominé Roman Kresta, qui a signé des scratches en mondial. Cela ne me donne pas de regrets particuliers mais montre que je peux encore réussir au plus haut niveau. Bien entendu, les places y deviennent rares et les dernières trouvailles de la fédération internationale ne vont pas améliorer les choses. Dès lors, je suis ouvert à toutes les propositions et prêt à découvrir de nouveaux horizons. " CHAMPIONNAT D'EUROPE : 1. Thiry 1.400 pts (5 victoires) 2. Campos 1400 (4) ; 3. Pech 565 ; 4. Donchev et Tsjoen 270 VICTOIRES (coefficient 20) : 1. Thiry 5 ; 2. Campos 4 ; 3. Pech 1 PODIUMS (coefficient 20) : 1. Campos 8 ; 2. Thiry 7 ; 3. Pech et Vasin 2 ; 4. Pedersoli, Basso, Fuster, Ponce, Yaziki, Andreucci, Popov, Donchev, Delecour et Kopecky 1 Champion de Belgique en sur-classement, Pieter Tsjoen est le premier à regretter la faiblesse de la concurrence : " J'aurais préféré que Patrick Snijers dispute toutes les manches. N'avait-il pas annoncé en début d'année qu'il visait un huitième titre ? Mais si l'on excepte les Boucles de Spa, il a trop souvent été stoppé par des ennuis mécaniques et a jeté le gant après son abandon à Ypres. Dès ce moment, je n'avais plus trop de soucis à me faire ". Cette couronne nationale fut plus facile à décrocher que la première, si l'on en croit le pilote flandrien : " En 2001, David Loix était toujours là, prêt à profiter de la moindre erreur de ma part. Cette année, je me suis retrouvé seul à plusieurs reprises et j'ai dû trouver de nouvelles sources de motivation. Au Wallonie, j'ai effectué des tests de pneus en vue d'Ypres tandis qu'au Circuit Flandrien, je me suis appliqué à améliorer les chronos réalisés en 2000 quand une superbe bagarre m'avait opposé à Patrick Snijers et Bruno Thiry ". Disposant avec la Toyota Corolla WRC d'une voiture certes efficace sur tous les terrains mais arrivée en bout de développement, le champion 2003 n'a pu jouer le rôle qu'il espérait lors des confrontations européennes : " Je ne peux rien contre le poids de la technique : ma Corolla est dépassée face à des engins comme la Peugeot 206 WRC ou la Subaru Impreza en version 2002-2003. Cela dit, j'estime avoir tiré mon épingle du jeu à Ypres malgré une crevaison qui m'a retardé quasi d'entrée de jeu, et je rappelle qu'en début de saison j'ai dominé les Boucles de Spa qui demeurent un des rallyes les plus sélectifs du calendrier ". Le citoyen de Waregem s'est également produit sur la scène mondiale, terminant le Deutschland au 16e rang, très bien classé parmi les concurrents privés : " J'y ai compris que je n'ai pas le niveau pour disputer le championnat du monde ! Attention, je ne regrette pas le déplacement, croiser le fer avec l'Allemand Matthias Kahle ou l'Autrichien Manfred Stohl est gratifiant. Mais ces gars ne peuvent pas non plus prétendre à une place full time parmi l'élite. Mon problème est simple : je ne parviens pas à assimiler les pièges d'un parcours en deux passages de reconnaissances seulement et je pilote trop sur la défensive. Je m'alignais en Allemagne pour la première fois. Sans doute pourrais-je améliorer mes performances en y retournant car je connaîtrais mieux les spéciales. Mais cela ne correspond pas à mon approche de la compétition : je sais où je me situe et cela suffit à mon bonheur... " Sous-entendu, Pieter ne sera jamais pilote professionnel et envisage la course comme un hobby qu'il aborde le plus sérieusement possible : " Je répète souvent que le lundi matin, je dois être au bureau pour faire tourner mon entreprise. Ce n'est pas le sport automobile qui me fait vivre. De toute façon, quels sont les rallymen belges qui peuvent se prétendre professionnels ? Je n'en vois que trois : Freddy Loix, Bruno Thiry et François Duval, en plus de leurs équipiers respectifs ". Le pilote de la Corolla rouge sait que le titre 2003 ne changera pas grand-chose à son avenir et que les propositions ne vont pas affluer. Il hésite sur l'orientation à donner à son parcours : " J'ai essayé une Renault Clio Super 1600 au rallye de Sombreffe. Au début, j'étais un peu dépaysé par le comportement de cette traction, très différent de celui d'une 4x4. Au fil des kilomètres cependant, j'ai trouvé mes marques et je me suis bien amusé. Je ne prétends pas pouvoir rivaliser d'emblée avec Larry Cols, le champion 2003, Pascal Gaban et Olivier Collard, les spécialistes de la catégorie, mais je me hisserais progressivement à leur niveau. Alors, si plusieurs bonnes Super 1600 sont de la partie en 2004 et qu'un importateur me soutient, je pourrais me laisser tenter. Je n'exclus pas non plus de repartir sur la Toyota : j'en suis propriétaire avec mon oncle Steven Vergalle et je ne peux laisser dormir pareil capital ". CHAMPIONNAT DE BELGIQUE : 1. Tsjoen44 pts ; 2. Snijers 23 ; 3. Munster 22 ; 4. Bruyneel 20 ; 5. Cols 19 ; 6. Thiry 18 ; 7. Bouche 17 ; 8. Loix 10 ; 9. Collard et Colsoul 8 ; 11. Van Woensel et Campos 6 ; 13. Van Parijs 4. VICTOIRES : 1. Tsjoen 3 ; 2. Snijers, Loix et Thiry 1 PODIUMS : 1. Tsjoen 5 ; 2. Thiry, Snijers, Munster et Bruyneel 2 ; 5. Loix, Van Woensel, Campos, Cols et Bouche 1