Dimanche, 14 h 10. Le président de Beerschot Wilrijk, Eric Roef, s'exprime sur les ondes de la première chaîne flamande. La radio néerlandophone n'est pas la seule à s'être déplacée pour le premier match officiel du club en P1 anversoise. Et que dire alors des chaînes télé ? Outre la NOS hollandaise, la BBC et CNN sont de la revue.
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Dimanche, 14 h 10. Le président de Beerschot Wilrijk, Eric Roef, s'exprime sur les ondes de la première chaîne flamande. La radio néerlandophone n'est pas la seule à s'être déplacée pour le premier match officiel du club en P1 anversoise. Et que dire alors des chaînes télé ? Outre la NOS hollandaise, la BBC et CNN sont de la revue. " Les Britanniques ont vécu un cas similaire avec la relégation des Glasgow Rangers en 2012 " observe un inconditionnel du Kiel, amusé. " C'est normal qu'ils viennent prendre la température chez nous, dans les mêmes conditions. Car le Beerschot est à la Belgique ce que les Rangers sont à l'Ecosse ". Si les gars d'Ibrox drainaient 40.000 personnes lors de leurs débuts à domicile, le Beerschot Wilrijk, toutes proportions gardées, ne laisse pas indifférent non plus : dans les trois tribunes ouvertes pour cette première, face à Ternesse, club de la banlieue anversoise, ils ne sont pas moins de 8500. Dont les trois-quarts à brandir des drapeaux mauve et blanc. La quatrième tribune, elle, arbore fièrement un immense calicot avec une inscription latine. Non plus le fameux Tene quod bene, cher au Beerschot pendant des décennies, mais le slogan Futurum nobis est. Traduction : le futur est à nous. Dans un coin, une banderole plus petite, de la part des sympathisants de feu le Beerschot, qui remercient Wilrijk de leur avoir tendu la main. " Nous avons inclus le nom du club au nôtre, modifié nos couleurs et, finalement, accepté de jouer tous les matches au stade olympique parce que nous avons vite compris qu'on ne pourrait pas mettre autant de monde à Wilrijk ", dit Marc Bartholomeeusen, vice-président du club et ancien supporter... de l'Antwerp. La transition est plutôt grande. En 2012-13, Wilrijk jouait devant une moyenne de 60 supporters payants. Ce coup-ci, dans les loges, plus de 300 repas sont servis. Pour le prix démocratique de 15 euros par personne. Parmi les invités, du beau linge. Avec, entre autres, l'ex-international batave Willy van de Kerkhof, invité par le nouveau sponsor du club, LandInvestGroup. Sur le terrain, dans un premier temps, c'est l'adversaire qui s'adapte le mieux à l'ambiance. Puis, c'est au tour du Beerschot de se rebiffer. Ses joueurs se voient notamment annuler un but, sous les coups de sifflet du public. " Amateurs ! ", lancent les supporters au trio arbitral, oubliant que, désormais, leurs joueurs le sont aussi. En la matière, le public local reste toujours aussi percutant, manifestement. Ainsi, quand le gardien de Ternesse va à la chasse aux papillons, c'est tout un stade qui se met à clamer 'Vliegenvanger'. A dix minutes du repos, Peter Nijs ouvre enfin le score. Dans les tribunes, on chante " Kampioenen, Olé Olé " et on crie " Beerschot ! Beerschot ! " Le nom de Wilrijk est déjà relégué aux oubliettes... De fait, tout rappelle le Beerschot. Quinze jours plus tôt, à l'occasion de la conférence de presse au Kiel, en présence de Rik Coppens, l'ancienne icône des Ours, tout était mauve, même le tailleur des serveuses. Et l'adresse du nouveau site internet du club est :www.beerschot.be. La loi du nombre joue en faveur du Beerschot même si, pour les vrais Beerschotmen, le club est mort avec le matricule 13, en 1999. Finalement, Beerschot Wilrijk l'emporte de justesse (1-0) dans un stade en ébullition comme à ses plus beaux jours. Les joueurs enchaînent alors les tours d'honneur, tandis que leurs fans, à nul autre pareils, entonnent un dernier couplet : " In provinciaal is 't ook plezant... "?PAR PETER MANGELSCHOTS ET BRUNO GOVERS" Le Beerschot est à la Belgique ce que les Rangers sont à l'Ecosse. "