Quand je regarde un match en remplaçant le commentaire par de la musique, ma femme reste à écouter en bouquinant dans le salon. Pour Barça-Inter, j'avais choisi Molly Malone, le dernier Renaud. Dieu sait si j'ai vénéré le chanteur énervant, mais il devrait vraiment raccrocher les crampons, ce CD est son match de trop : j'en pleure de l'entendre bêler, c'est un peu comme si Johan Boskamp persistait encore aujourd'hui, malgré son âge et son bide, à prester au top niveau...
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Quand je regarde un match en remplaçant le commentaire par de la musique, ma femme reste à écouter en bouquinant dans le salon. Pour Barça-Inter, j'avais choisi Molly Malone, le dernier Renaud. Dieu sait si j'ai vénéré le chanteur énervant, mais il devrait vraiment raccrocher les crampons, ce CD est son match de trop : j'en pleure de l'entendre bêler, c'est un peu comme si Johan Boskamp persistait encore aujourd'hui, malgré son âge et son bide, à prester au top niveau... Au bout d'une demi-heure, j'ai préféré le son ertéélien, si bien que la mère de mes enfants a distraitement levé le nez de son bouquin : découvrant ainsi José Mourinho et Josep Guardiola dont elle ignorait tout. Deux play-boys bronzés, deux regards sombres, quatre joues soigneusement mal rasées, quatre mains négligemment les mains dans les poches du costard de luxe,... Pour elle qui ne connaît que mes vieux survêtements pourris, ce fut un double choc : ainsi donc, en 2010, les coaches du top prestaient comme gravures de mode, même durant le match ! Je lui ai précisé qu'en finale, Louis van Gaal porterait un costard lui aussi, mais que ça ne lui ferait pas le même effet : le Batave se costume par obligation, les deux latinos aiment les fringues, n'est pas play-boy qui veut. Et j'ai coupé court à ce dialogue futile pour m'isoler dans mon match... Frank De Bleeckere est bien notre number one, il s'est comporté en stratège rôdé du sifflet : un, il se met l'Inter à dos en excluant tôt Thiago Motta ; mais deux, il parvient à égaliser les récriminations en fin de partie en refusant le but de Bojan Krkic. Un mécontentement partout, c'est parfait pour satisfaire les bonzes uefistes. N'empêche qu'un match qui ne se termine pas à onze contre onze est toujours un match foireux quelque part, et le cas se présente trop souvent : une seule des quatre demi-finales de cette Champions League fut exempte de carton rouge... Le but de Bojan pouvait être annulé comme il pouvait ne pas l'être, la faute de main préalable de Yaya Touré étant à ranger dans les sempiternels gestes involontairement volontaires. Même équivoque pour l'exclusion de Motta, les avis variant de Georges Grün qui n'aurait sifflé qu'obstruction (en s'appuyant sur une des Lois du Jeu) à ceux approuvant la décision en arguant de coup porté avec brutalité (en s'appuyant sur une autre Loi)... Mais ce qui fut intéressant, en tout cas dans mon chef, à partir de l'exclusion de Motta, c'est que cet Inter peu enthousiasmant (prototype d'ultra-défense, à l'opposé du Barça prototype de jeu chatoyant) devenait progressivement sympathique ! Ne penser qu'à fermer à onze est peut-être immoral, mais le faire à dix et maintenir le zéro derrière apparut peu à peu relever de l'exploit... surtout face au Barça, déjà qualifié d'imbattable quand l'adversaire est au complet, et qui n'arrêtait pas d'avoir le ballon : 75 % de possession à la mi-temps, 455 passes (contre 50 à l'Inter !) au bout d'une heure de jeu... Mais la plus belle wag du monde ne peut donner que ce qu'elle a, le Barça et Lionel Messi aussi, ils se sont cassé les dents contre dix Intéristes futés et même pas brutaux. Au point qu'en fin de match, ô ahurissement, le dream team catalan a agi comme tous les impuissants basiques en désespoir de cause : depuis les côtés, le Barça himself (pourtant peu riche en taille, Zlatan Ibrahimovic était sorti, Thierry Henry n'est pas entré) a balancé de vains et longs ballons aériens vers le point de péno ! Tout ça grâce à Motta, lequel espère encore jouer la finale malgré son exclusion : rêve pas, Thiago ! T'aurais peut-être eu une chance si Franck Ribéry ne s'était pas vu coller trois matches de suspension après Bayern-Lyon ( agression, dit l'UEFA ; décision incohérente puisque geste involontaire et Lisandro Lopez même pas blessé, rétorque le Bayern). Mais là, je vois mal les instances européennes pratiquer la clémence tous azimuts. Le foot est un jeu cruel, faut croire que ça fait son charme. par bernard jeunejean"A partir de l'exclusion de Motta, cet Inter peu enthousiasmant devenait progressivement sympathique !"