Lors de son arrivée à Milan, le 19 août 2003, il avait promis aux supporters qu'il chercherait à concilier l'allégresse et la fantaisie du football brésilien et la discipline tactique du football italien. On sait combien de serments de ce genre n'ont duré que quelques semaines à peine tant la différence entre les deux styles de jeu est grande. Surtout parce qu'en Italie il faut courir pendant toute la rencontre et au Brésil, non.
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Lors de son arrivée à Milan, le 19 août 2003, il avait promis aux supporters qu'il chercherait à concilier l'allégresse et la fantaisie du football brésilien et la discipline tactique du football italien. On sait combien de serments de ce genre n'ont duré que quelques semaines à peine tant la différence entre les deux styles de jeu est grande. Surtout parce qu'en Italie il faut courir pendant toute la rencontre et au Brésil, non. Mais Ricardo Izecson Dos Santos Leite dit Kakà (23 ans, 1,85 m, 75 kg) fait figure d'exception. Son premier match, le 1er septembre 2003, à Ancône (victoire 0-2) fut bon et les suivants le furent tout autant. Les tifosi n'avaient jamais vu un numéro 10 sud-américain comprendre aussi rapidement le jeu italien. Même MichelPlatini n'avait pas été aussi pressé. Avec 30 matches et 10 buts à son actif, Kakà a constitué la plus grande révélation du Milan champion d'Italie 2003-2004. Après avoir enchanté le Brésil, ses deux pieds et son sourire lui ont permis d'en faire autant en Italie où il a pu évoluer dans le rôle qu'il préfère : en soutien des deux attaquants. Il s'est imposé comme trequartista au point de cantonner sur le banc un joueur du gabarit du Portugais Rui Costa. Kakà : " Je l'appelle Professore. A la mi-temps de chaque match, il me donne quelques suggestions. Il le fait toujours et ce sont des conseils justes d'un grand joueur. C'est vrai que j'ai pris sa place mais c'est le football, que dis-je, c'est la vie. La concurrence existe partout. J'ai souvent entendu dire que Rui et même Rivaldo n'ont pas joué par ma faute mais je ne peux pas me sentir responsable de ça. D'ailleurs, la concurrence me stimule. Je crois que nous partons tous de zéro et que le plus rapide arrive le premier. Et j'ai tout fait pour réussir à courir suffisamment vite et obtenir une place dans l'équipe ", commentera le Brésilien après sa première saison milanaise. Kakà est venu au monde le 22 avril 1982 à Brasilia : d'où le numéro 22. Son parcours contredit complètement l'image typique du footballeur brésilien qui a passé son enfance dans les favelas où la pauvreté règne en maître et qui a survécu à de nombreux drames familiaux. Le Milanista provient d'une famille aisée. Son père, Bosco Izecson Pereira Leite, est ingénieur et sa mère, SimoneCristinados Santos Leite, professeur. C'est d'ailleurs pour des raisons professionnelles que toute la famille s'est transférée à São Paulo, alors que Ricardo était encore un bébé. C'est dans le quartier résidentiel de Morumbi qu'il grandit en compagnie de son frère Rodrigo sans devoir endurer de gros sacrifices. Ses parents n'ont guère éprouvé de difficultés à lui garantir son repas. Adolescent, Kakà avait des T-shirts de marque et les jeux vidéo du dernier cri. Et comme parmi ses jeunes coéquipiers on comptait tant d'enfants pauvres, souvent après l'entraînement, toute la garotada (un groupe d'adolescents bruyants) parcourait à pied les 1.400 mètres séparant le centre sportif de la maison des Leite pour aller manger les gâteaux que la maman avait préparés. Ces origines bourgeoises BCBG et le fait que les études étaient prioritaires (il a dû terminer ses humanités) ont laissé planer des doutes quant à son avenir en tant que footballeur. Ado, Kakà se voyait sans doute plus devenir ingénieur comme son père que le nouveau Rai, vedette d'un São Paulo triomphant. Kakà signa sa première carte d'affiliation à São Paulo à 8 ans et son premier contrat professionnel à 18 ans : 500 euros par mois. En classes d'âge, Kakà avait fait admirer son sens de la passe, son opportunisme, la puissance et la précision de son tir mais a dû patienter jusqu'au 7 mars 2001 pour faire ses débuts en équipe Première. Et encore il monta au jeu à la 59e minute de la finale de la Copa Rio-São Paulo contre Botafogo à la grande stupéfaction des supporters de son club. En effet, ceux-ci se sont demandé si l'entraîneur, OswaldoAlvarez, n'était pas devenu fou pour faire monter au jeu en lieu et place de LuisFabiano un joueur qui deux mois plus tôt n'était que réserviste de l'équipe Espoirs finaliste de la même Copa Rio-São Paulo. Mais le coach avait eu une superbe prémonition : en moins de deux minutes, Kakà marqua les deux buts qui permirent à São Paulo d'inscrire son nom au palmarès de l'épreuve. Après le match, Alvarez expliqua qu'il avait compris la stupéfaction des supporters et les propos scandalisés des commentateurs : " Les gens ne savaient pas que Kakà sortait d'une longue convalescence. En octobre 2000, il s'était cassé la sixième vertèbre cervicale en plongeant dans une piscine d'un parc aquatique. Mais moi, je savais qu'il était très fort ". Les médecins ont dit à Kakà qu'il avait été très chanceux et qu'il aurait pu rester paralysé. Mais ces deux buts contre Botafogo ne suffirent pas à convaincre tout le monde et sa prestation en quarts de finale du championnat brésilien 2001 contre l'Atletico Paranaense n'allait pas arranger les choses. Il ne put se défaire un seul instant du marquage de son rugueux garde du corps, Cocito, au point que son entraîneur le sortit dès la 39e et qu'il quitta le terrain en pleurs. La critique ne manqua pas de l'éreinter, prétendant qu'il était beau à voir mais qu'il ne pouvait pas jouer de matches importants. Ses larmes désespérées le rendirent cependant encore plus sympathique auprès des jeunes filles qui, ces dernières années, au Brésil, ont fondé de nombreux clubs de supporters. En 2000-2001, Kakà totalisa 26 matches et 12 buts et participait au Mondial Espoir en Argentine où la Seleção se fit éliminer en quarts de finale par le Ghana, futur finaliste battu par l'équipe locale. En 2001-2002, il disputa 20 rencontres (8 buts) et participa activement à la conquête du Superchampionnat Paulista 2002. A ce moment-là, São Paulo annonçait que la mise à prix du joueur était de 23,7 millions d'euros... Le premier club italien qui s'intéressa à Kakà fut Brescia. En janvier 2002, le président Gino Corioni, qui rêvait de l'associer à RobertoBaggio, profita d'un séjour au Brésil pour offrir 7,9 millions d'euros en échange du joueur. Mais le président Marcelo Portugal Gouveia rejeta la proposition. Le 31 janvier, Kakà fêtait sa première sélection en équipe nationale contre la Bolivie (6-0) et fut repris dans la Seleção pour la Coupe du Monde en Asie. Malgré la victoire, le rendez-vous mondial allait être décevant puisqu'il ne disputa que les 18 dernières minutes du troisième match de poule contre le Costa Rica en remplacement de Rivaldo alors que le score était déjà acquis (5-2). Pour corser le tout, en finale, il se préparait à monter au jeu lors du temps additionnel quand l'arbitre, PierluigiCollina, siffla prématurément la fin de la rencontre. Il n'empêche qu'au Brésil, son image fait vendre et qu'il est même plus aimé que Ronaldo, Ronaldinho et Rivaldo. Ce qui pousse Adidas à lui offrir un contrat jusqu'en 2006 et à investir sur lui au point d'en faire sa nouvelle icône aux côtés de David Beckham, Raúl, AlessandroDelPiero et ZinédineZidane. D'autres firmes font appel à lui mais l'homme a décidé de ne pas faire de publicité pour les boissons alcoolisées, ce qui n'est pas le cas du guarana Antartica, la limonade nationale qui est également sponsor de la Seleção. Cette prise de position s'explique par le fait que la religion a toujours eu une part importante dans la vie du joueur. Il a même été le testimonial d'une secte protestante évangéliste à laquelle il a toujours consacré une petite partie de ses gains et pour laquelle il a même été prédicateur avant et après avoir remporté le titre mondial à Yokohama. Sur ses chaussures il fait toujours appliquer l'inscription deus e' fiel, dieu est fidèle. Cette foi lui a même valu de faire la couverture du magazine catholique italien Famigliacristiana : " Tout ce qui touche à la famille m'intéresse, me remplit de chaleur. Je suis content parce que le message était positif : je figurais sur cette couverture en tant qu'homme et non en tant que footballeur et quand les gens se rendent compte que je suis un garçon éduqué, je suis fier de moi ". Cela n'a toutefois pas empêché les journaux brésiliens de lui attribuer un flirt avec la chanteuse MariahCarey, qu'il avait rencontrée lors d'une émission télévisée mais l'entourage du joueur avait démenti l'anecdote jurant qu'il était resté fidèle à sa fiancée Caroline. Après la saison 2002-2003 (neuf matches, deux buts) et la finale perdue contre le Mexique à la Coupe d'Or Concacaf 2003 pour les -23 ans (1-0), Kakà mit le cap sur Milan qui, officiellement, aurait déboursé 10 millions d'euros. Son intégration fut immédiate et son entente avec AndriyShevchenko tellement parfaite qu'on avait l'impression qu'ils jouaient ensemble depuis des années. Il participa activement aux différents trophées récoltés par le club milanais : le titre et la Supercoupe d'Italie 2004 mais avait vécu le triomphe en Supercoupe d'Europe 2003 contre Porto de la tribune. Cette saison, les choses semblent plus dures : les adversaires le connaissent mieux, le marquage est plus strict et l'attente des tifosi plus grande. Probablement aussi le joueur subit-il le contrecoup des efforts consentis pendant deux ans sans vacances. D'ailleurs, Kakà avait pressenti le coup et préféré décliner ûtemporairementû ses sélections en équipe nationale (non sans provoquer un véritable tollé) pour arriver frais à la reprise des entraînements à Milanello. La préparation à Milan, ce n'est pas vraiment une sinécure et le joueur savait pertinemment bien qu'il devait travailler son physique car, pendant ses 40 jours de vacances, il n'avait pas fait beaucoup d'efforts. Entre la visite de ses grands-parents au Brésil (ses parents et son frère l'ont rejoint en Italie en janvier 2004) et un séjour aux Etats-Unis, notamment à Disneyland, il s'était contenté de quelques joggings et avait perdu son démarrage et une partie de sa masse musculaire. Ceci étant, Kakà a mis les bouchées doubles au point qu'il a disputé 35 des 36 rencontres de championnat (2.893 minutes, 7 buts) et à 12 de Ligue des Champions (939 minutes, deux goals). Il n'a pas oublié que pour devenir plus complet, il devait améliorer son jeu de tête et son explosivité afin d'améliorer des longues passes qui, au Brésil, sont peu utilisées mais restent très importantes en Italie. S'il a sans doute progressé à ce niveau, Kakà regrette en revanche de n'avoir pu perfectionner son tir avec effet : " C'est vraiment difficile car je n'exerce quasi jamais ce geste. Mon père me dit toujours que je dois me perfectionner parce que de nombreuses rencontres se décident sur un coup de coin, un coup franc. Il a raison, je dois m'entraîner ". Comme l'année passée à pareille époque, le futur de Steven Gerrard (24 ans) est au centre de toutes les spéculations. Après une nouvelle saison d'anthologie, les grosses cylindrées sont revenues courtiser le médian de Liverpool. Dans un premier temps, c'est Chelsea qui a coincé son pied dans la porte. Déjà l'année passée, de retour de l'EURO 2004, Gerrard, convaincu par ses équipiers en équipe nationale John Terry et Frank Lampard de les rejoindre à Londres, avait réfléchi sérieusement à un transfert dans la capitale anglaise. Mais c'est son père qui l'avait persuadé de rester fidèle au club de son c£ur. Cette saison, l'argent de Roman Abramovitch est revenu sonner aux oreilles du capitaine des Reds. José Mourinho voulait reformer le duo Lampard-Gerrard, actif en sélection. Mais le Real de Madrid, toujours à l'affût d'un bon coup, flaire également la bonne affaire. Et l'argument se nomme là-bas Michaël Owen. De six mois son aîné, ce dernier a toujours ouvert la voie à Gerrard. A Liverpool, Owen a débuté précocement avant de devenir l'idole de toute l'Angleterre après le Mondial 98. Pour Gerrard, Owen constituait depuis sa plus tendre enfance un repère fiable. A 16 ans, ils mesuraient tous les deux 1m75 et ne se quittaient jamais. Depuis lors, Gerrard a pris 13 centimètres, sa croissance tardive expliquant notamment ses problèmes à la cheville. Gerrard-Owen, une même pièce à deux faces. A tel point que l'envol du buteur, il y a un an, pour le soleil espagnol le toucha beaucoup : " J'étais dévasté par le départ de Michaël. Je voulais qu'il reste à Liverpool pour nous aider à devenir une meilleure équipe mais il ne pouvait refuser une telle proposition ". Car Gerrard ne peut pas nier que les arguments de Chelsea et du Real sont alléchants. Le club londonien serait prêt à débourser 45 millions d'euros et à lui offrir un salaire annuel supérieur de 22,5 millions d'euros soit quatre fois plus (il gagne 88.500 euros par semaine à Liverpool). Mais ce qui le fait le plus réfléchir, c'est la possibilité de gagner des trophées. Depuis quelque temps, Liverpool ne parvient pas à accrocher le wagon de la bataille pour le titre. Cette saison, les Reds ont même dû laisser la quatrième place, qualificative pour la Ligue des Champions, à leur rival ancestral d'Everton. Humiliation suprême... Ceux qui avaient pensé que la formidable campagne de 2001 û victoire en Coupe de La Ligue, en Cup et en Coupe de l'UEFA û serait le déclenchement d'un retour des ambitions les plus folles en sont pour leurs frais. Et Gerrard, un des survivants de ce treble (triplé), veut re-goûter aux joies des trophées. L'embellie pourrait venir de la bouffée d'oxygène offerte par ce parcours en Ligue des Champions. " Après la finale, on se mettra autour d'une table avec Rick Parry, le directeur général de Liverpool, pour discuter de notre avenir. Mais un résultat comme celui-ci place chacun dans une ambiance positive. Je voulais voir le club aller dans la bonne direction et cette qualification pour la finale montre que nous sommes sur la bonne voie ", indiquait-il quelques jours après avoir sorti... Chelsea en demi-finales de la Ligue des Champions. Le départ de Gerrard serait traumatisant pour toute une ville, pour tout un club. Car s'il y a bien un joueur qui caractérise le club, c'est lui. Issu des quartiers ouvriers de Whiston, au nord de la ville, Gerrard a appris à taper dans le ballon sur la minuscule pelouse d'une de ces petites maisons alignées avant de rejoindre l'académie du club à huit ans. A cette époque, il vibrait, au stade, au rythme des exploits de ses prédécesseurs lors de la défunte Coupe des Champions ou des matches de championnat. Lui, son préféré, c'était l'Irlandais Noël Whelan qui n'a pas manqué de l'inspirer : " Je l'ai souvent vu jouer. Il rendait le match facile. Il était en quelque sorte le héros discret de l'entrejeu de Liverpool. Il travaillait sans cesse et il aurait dû avoir plus de reconnaissance pour tous les efforts qu'il fournissait ". Gerrard, c'est en quelque sorte un Whelan reconnu. C'est la tête remplie de toutes ces images fortes que Steven a grandi, passant un à un les échelons menant à l'équipe Première. A 18 ans, il connaissait le premier grand moment de sa carrière. Profitant de la blessure de Jamie Redknapp, il débutait en Coupe de l'UEFA face au Celta Vigo. Depuis lors, il n'a plus quitté l'équipe, poussant Redknapp, un autre héros d'Anfield vers Tottenham. Médian défensif ou offensif, à gauche et à droite, il attira les éloges. Louant sa polyvalence, sa capacité à se sacrifier pour l'équipe et ses talents de marathonien, ses entraîneurs en font une pierre angulaire de leur formation. Que ce soit Gérard Houllier à Liverpool ou Sven Goran Eriksson en Angleterre. " Quel que soit le poste où je le fais jouer devant la défense, sur un côté ou un peu plus haut, c'est toujours un joueur très important car il a tout : la puissance, la confiance en soi, la technique et la capacité, à la fois, à attaquer et défendre ", explique le sélectionneur anglais. Puis arriva l'année 2000-2001. Gerrard s'en souviendra toute sa vie. Première apparition en équipe nationale anglaise face à l'Ukraine, fameuse épopée en club et le trophée du jeune joueur de l'année au nez et à la barbe de Wes Brown (Manchester) et Joe Cole (ex-West Ham, aujourd'hui à Chelsea). La suite ne pouvait être que moins réjouissante. " Nous avons réalisé une très bonne saison ", réagissait Gerrard en juin 2001. " Mais maintenant, nous devons viser la Ligue des Champions ", ajoutait-il en sportif ambitieux. Pourtant, durant quatre ans, son club ne parvint plus à reproduire la performance de cette année 2001 et le milieu de Liverpool dut faire l'impasse sur la Coupe du Monde 2002 à cause d'une blessure. Désormais, il a atteint sa plénitude. Leader hors pair, passeur inégalable, buteur à ses heures, doté d'une frappe phénoménale comme en témoigne encore son but de classe mondiale contre Middlesbrough il y a quelques semaines, il a porté ses couleurs à bout de bras durant toute la saison. Notamment en ce soir de décembre, lorsque de capitaine, il décida de devenir l'icône de tout un public. Menés rapidement 0-1 sur leur terrain devant les Grecs de l'Olympiakos, les Reds devaient marquer trois buts pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Un but de Florent Sinama-Pongolle et un autre de Neil Mellor ne suffisaient pas lorsqu'à quatre minutes du coup de sifflet final, Gerrard, qui avait raté une partie du début de saison à cause d'un orteil cassé, portait l'estocade sur une demi-volée des vingt mètres. " C'est indiscutablement le but le plus important de ma carrière ", lâchait-il à l'issue de cette rencontre. Depuis lors, Liverpool enchaîne les performances au point d'avoir éliminé successivement la Juventus et Chelsea. Quand Gerrard est sur le terrain, c'est lui qui imprime le rythme à la rencontre et quand il est absent, comme contre la Juventus, son rôle n'en est pas moins important. Comme l'avouait son entraîneur Rafael Benitez : " Il incarne parfaitement les valeurs de ce club. Il aimerait disputer toutes les rencontres mais ce n'est pas toujours possible ". Et c'est vrai qu'avec Jamie Carragher, il sert de relais avec les supporters qui lui donnent la force de se surpasser. Le soir de la qualification pour la finale, il déclara : " Ce fut la plus belle soirée de ma vie. Quand on est allé s'échauffer, cinquante minutes avant le match, le terrain tremblait déjà... Et à la fin, je n'arrivais pas à quitter la pelouse, tellement j'avais envie de partager ces instants avec tous ces gens, de sauter et de faire la fête avec eux ". Lors des précédentes saisons décevantes, il n'hésitait d'ailleurs pas à affirmer : " Je peux parfaitement comprendre la déception des supporters. J'en suis moi-même un. Et déçu, je le suis également ". Steven Gerrard a donc pris de l'ampleur en Angleterre. A Liverpool, d'abord, surtout depuis qu'il a repris le brassard de capitaine à Sami Hyypia. " Je ne m'attendais pas à le porter si tôt pour être honnête. Je n'avais pas intégré qu'un jour je deviendrais capitaine de ce club même si je suis un gars du coin et que je porte Liverpool dans mon c£ur. Tout le monde sait que je joue avec mon c£ur. Je ne vais pas prendre avec légèreté ce travail et les responsabilités qui vont avec ". Benitez ne tarit d'ailleurs pas d'éloges sur son poulain : " Dans notre manière de jouer, l'occupation du milieu de terrain est la chose la plus importante. Pour moi, Steven Gerrard est aussi bon si pas meilleur qu'un garçon comme Lampard. Dans des moments importants, je peux compter sur lui. A tout instant, il peut faire la bonne passe, marquer le but décisif et changer le cours d'une rencontre. C'est important pour lui de voir que Liverpool peut battre des formations comme Arsenal, Manchester ou Chelsea, cela lui donne confiance pour maintenant et pour le futur. Il est devenu un joueur clé et il peut encore s'améliorer. Il en a en tout cas la volonté ". En Angleterre, ensuite. En équipe nationale, même après sa bourde commise devant la France à l'EURO, Gerrard s'est inscrit en pilier de l'équipe. Au point de compter à 24 ans déjà 34 sélections dont cette fameuse journée de septembre 2001 lorsque l'Angleterre avait atomisé les Allemands à Munich (1-5). Gerrard avait même inscrit un but. Mais également dans l'imaginaire collectif du pays. Ainsi, on le voit de plus en plus dans certaines manifestations mondaines aux bras de sa petite amie Alex Curran. La naissance de leur fille il y a un peu plus d'un an a même fait l'objet d'un communiqué officiel repris très sérieusement par la vénérable BBC. Et il y a deux ans, il apparut aussi dans le clip du groupe de rock, The Crescent, issu également de la ville des Beatles. C'est cela aussi le quotidien d'une star du foot... Nicolas Ribaudo et Stéphane Vande VeldeAu Brésil, son image fait vendre et il est même plus aimé que RONALDO, RONALDINHO et RIVALDO Le départ de Gerrard serait TRAUMATISANT POUR TOUT UN CLUB Jamais un numéro 10 n'avait compris aussi rapidement le jeu italien. Même PLATINI N'AVAIT PAS éTé AUSSI PRESSé