TACTIQUE
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TACTIQUEANDERLECHTPAS TOUJOURS EN 4-3-3 Adepte du 4-4-2 en début d'exercice, Hugo Broos s'était prononcé pour un 4-3-3 à partir du match aller de la Coupe de l'UEFA contre le FC Midtjylland, celui-là même qui coïncida avec le retour en Première de Nenad Jestrovic. Le coach anderlechtois n'avait, depuis lors, plus jamais dérogé à cette conception jusqu'au quart de finale de la Coupe de Belgique face à St-Trond, mercredi passé. Afin de préserver l'acquis d'un but que son Sporting s'était forgé, il substitua à 20 minutes du terme le puncheur yougoslave par un marathonien, Mark Hendrikx, avant de lancer dans la bataille un médian récupérateur, Besnik Hasi, à la place d'un demi plus offensif, Goran Lovré. Il est vrai que le RSCA prenait eau de toutes parts à ce moment, signe à la fois d'une impuissance à contrôler les événements et d'une condition chancelante après le repos, deux tares qui avaient déjà été relevées tout au long du premier tour. Pour le Sporting, le passage d'un système à l'autre (répété d'ailleurs à Malines avec Ki-Hyeon Seol et Gilles De Bilde en pointe pour clôturer le match) ne reflète nullement une maîtrise tactique mais constitue plutôt une manière de remédier aux manquements en cours de rencontre. La récupération du ballon et la maîtrise dans le jeu demeurent deux casse têtes chez les Mauves.LE STANDARD EN 4-3-1-2Dominique D'Onofrio mise généralement sur la même occupation de terrain: défense à quatre en ligne, Fredrik Söderstöm assume le rôle d'essuie-glace dans la ligne médiane avec Jonathan Walasiak à droite et Johan Walem à gauche. Le but est de libérer Moreira qui doit surprendre l'adversaire tout en soutenant les deux attaquants. Ole-Martin Aarst assume son rôle de pivot et de renard des rectangles avec l'aide d'un Michaël Goossens retrouvé depuis le départ d'Ali Lukunku. L'équipe est équilibrée en possession de balle mais penche à droite en redéploiement défensif. Michaël Goossens revient à droite, Walasiak rentre dans le jeu et Onder Turaci boucle le flanc: parfait. A gauche, c'est plus hésitant. Aarst n'a pas les mêmes habitudes que Goossens et Johan Walem est dans une position moins confortable que Walasiak. Celui-ci doit rentrer dans le jeu pour aider Söderstrom mais pas trop afin de pouvoir coulisser vers le flanc gauche quand il le faut. Il doit également soutenir Gonzague Van Dooren qui s'installe au back gauche mais n'a pas encore le métier et les habitudes d'un arrière de formation. Le flanc gauche n'a pas les automatismes du flanc droit mais Walem compense évidemment par sa vista, la qualité de ses services et autres coups francs. PHYSIQUEANDERLECHT EST UN DIESELEst-ce la moyenne d'âge relativement élevée de l'équipe (avec quatre trentenaires: Bertrand Crasson, Glen De Boeck, Aleksandar Ilic et Yves Vanderhaeghe,) ou bien est-ce plutôt le profil-même des joueurs qu'il faut pointer du doigt? Toujours est-il que le RSCA s'assimile souvent à un diesel cette saison. Et dès que l'équipe a atteint sa vitesse de croisière, elle n'a manifestement pas la faculté, comme Bruges, par exemple, de placer l'un ou l'autre coups d'accélérateur. L'absence de vivacité et de célérité explique aussi pourquoi Hugo Broos ne peut guère se permettre d'évoluer avec un trop grand nombre de joueurs devant le ballon. Quand il en est ainsi, le RSCA s'expose à des contres que le manque de rapidité de la charnière centrale arrière ne peut juguler. La preuve par les banderilles placées par Toni Brogno et Tosin Dosunmu lors de la récente visite de Westerlo au Parc Astrid. Là ne s'arrêtent d'ailleurs pas les problèmes du Sporting, dans la mesure où, par rapport à la concurrence, le volume de jeu de la ligne médiane se révèle nettement insuffisant, excepté dans le cas d'Yves Vanderhaeghe. Quant à l'explosivité, elle ne se vérifie que dans le chef d'Aruna Dindane, de Nenad Jestrovic et, dans une moindre mesure, de Ki-Hyeon Seol. Ce qui est peu aussi.PLUS DE JUS AU STANDARD Il y a longtemps que le Standard ne parvient plus à présenter une équipe de battants durant 90 minutes. En 1998, à son arrivée au Standard, Ivic avait modernisé l'outil de travail. Il y a eu de bonnes périodes avec lui mais surtout sous le duo Thissen-Depireux et avec Preud'homme avant le crash de la saison passée. Avec, à la clef, l'affaire des joueurs trop gros. Le staff technique fut indiquédu doigt. Guy Namurois s'occupe désormais de la condition physique des Standardmen. Ses compétences ne se discutent pas. Cet ancien décathlonien est dans le foot depuis plus de dix ans et travailla avec des pongistes, des tennismen, etc. A force de travail, il résorbe, petit à petit, les manquements du passé criards en début de saison. En France, des entraîneurs, dont Guy Roux et Daniel Leclercq, ne veulent pas travailler avec des "spécialistes" venus du monde de l'athlétisme et qu'ils considèrent comme des gourous pas branchés à fond sur les spécificités du foot. Les joueurs ont récemment parlé de fatigue. Certains ont besoin d'un peu de temps afin de se remettre d'un stage hivernal. Il faut savoir que le Standard tourne avec la même équipe de base. Peut-être usant physiquement mais elle a signé un match plein face à Charleroi et semble désormais fraîche.MENTALANDERLECHT A PEUR DE MAL FAIREIl y eut une époque, pas bien lointaine d'ailleurs, où dès que le Sporting menait à la marque, le match était plié en sa faveur. Ce temps-là semble révolu. Malgré une avance au score, Anderlecht a dû, cette saison, concéder le partage face à La Gantoise et Genk sur son terrain, sans compter qu'il s'est même fait carrément surprendre par le Lierse et Westerlo à domicile. En réalité, dès que l'adversaire entreprend de mettre la pression sur le porteur du ballon à l'arrière, le Sporting éprouve toujours les pires difficultés à sortir le grand jeu. Plus personne n'ose entreprendre ou quémander le ballon, ce qui explique le nombre de passes latérales ou même en retrait, sur le gardien. Bon nombre de joueurs sont dès lors taraudés par la peur de mal faire, d'autant plus que le public anderlechtois ne se montre pas toujours bon prince, ni envers ses joueurs, ni envers l'entraîneur. La preuve par les coups de sifflet qui ont accompagné Mark Hendrikx et Besnik Hasi à leur entrée sur la pelouse contre St-Trond. Deux joueurs qui s'expriment mieux à l'extérieur qu'au Parc Astrid, finalement, comme l'atteste le deuxième but qu'ils ont façonné de concert à Bordeaux.LE STANDARD EST FRIABLELe Standard marche à l'euphorie. Mais quand ça ne tourne pas, les chutes de régime sont impressionnantes. Le mental est assez friable. S'il en avait été autrement, le groupe n'aurait pas accepté de courber l'échine sous la pression de la direction, des supporters et des problèmes internes qui ont compliqué la vie de tout le monde dans un vestiaire déchiré. Robert Waseige avait évidemment mis le doigt sur cette fragilité mentale devenue chronique au fil des années. Il avait décidé d'écouter les joueurs, de leur offrir un cadre de travail offensif sur le terrain. Mais il y eu la réalité des résultats négatifs et le groupe, identique à celui de la saison passée, n'avait pas encore atteint le fond sur le plan mental, se reposant sur le prestige de son coach pour résoudre ses problèmes. Il devait encore s'accepter avec ses forces et ses faiblesses avant de rebondir. C'était une affaire de temps. Après le départ de Waseige, vaincu par le long blues rouge qui emporta aussi Ivic, Thisssen, Depireux et Preud'homme avant lui, Dominique D'Onofrio trouva les mots justes pour requinquer un groupe pétrifié par sa dernière place au classement général. Les joueurs se prirent en mains et se vidèrent enfin les tripes pour remonter la pente avec la tête. LEADERSANDERLECHT EN CHERCHEA l'évidence, Anderlecht souffre de l'absence d'un véritable patron comme l'était Pär Zetterberg autrefois. Après le départ du Suédois à destination de l'Olympiakos, tout semblait indiquer que Walter Baseggio allait reprendre ce rôle. Ses débuts furent d'ailleurs prometteurs, comme en attestait sa désignation de Footballeur Pro au terme d'une saison 2000-2001 au cours de laquelle il avait mené Anderlecht au titre ainsi qu'au deuxième tour en Ligue des Champions. Depuis lors, le citoyen de Clabecq est malheureusement rentré dans le rang. Ces deux dernières années, il avait encore pu profiter de la présence au RSCA d'un véritable meneur de jeu, en la personne d'Alin Stoica, pour occuper son poste de prédilection: celui de relais entre les secteurs arrière et offensif. Après le départ du Roumain, le Belgo-Italien n'a plus jamais éprouvé les mêmes sensations, entendu qu'il n'est ni un véritable homme-orchestre, ni un demi défensif. Le hic, au RSCA, c'est que personne d'autre ne manie la baguette. Derrière, les joueurs sont trop préoccupés par leur propre prestation pour se glisser dans la peau d'un chef et devant, personne n'enfile ce paletot non plus. En réalité, le baromètre de l'équipe est Yves Vanderhaeghe. Mais son ascendant n'est nullement comparable à celui d'un Zet. LE STANDARD A DRAGO-SODERTSROM-AARSTFabian Carini ne s'est pas encore installé dans la peau d'un gardien de but qui dégage une grande autorité. Ivica Dragutinovic est le capitaine et surtout le patron de la défense. C'est un des gueulards du Standard qui assume un rôle important même s'il préfère jouer à gauche qu'au centre de la défense. Le moteur de l'équipe n'est autre que Söderström avec qui le Standard a enfin trouvé le remplaçant de Didier Ernst à la récupération. Il aurait dû débarquer bien plus tôt car son abattage est décisif. Son travail fait du bien à Walem qui joue enfin à sa place et plus à droite comme ce fut parfois le cas la saison passée. Aarst est le troisième leader du Standard. Il ne revendique pas cet honneur mais sa force tranquille en fait, qu'il le veuille ou pas, une des références morales de ce groupe. C'est lors de sa fracture de la jambe que le Standard piqua du nez. Il y a des leaders et un artiste: Moreira. Techniquement, c'est du haut de gamme. Moralement aussi: il joue et se donne à fond malgré une blessure à la cheville. C'est cela aussi, le Standard version DD. Par Pierre Bilic et Bruno Govers,"Le Standard version DD joue juste et se donne toujours à fond"