C'est aujourd'hui le club d'Al-Sadd, au Qatar, qui bénéficie de son génie mais Xavi (37 ans) n'a pas oublié les années passées au FC Barcelone, au contraire. L'homme qui, entre 1998 et 2015, a remporté quatre fois la Champions League, suit toujours son ancien club de très près. Lors d'interviews précédentes, il a même reconnu qu'il aimerait un jour en devenir l'entraîneur. Mais il veut d'abord terminer la saison à Al-Sadd...
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C'est aujourd'hui le club d'Al-Sadd, au Qatar, qui bénéficie de son génie mais Xavi (37 ans) n'a pas oublié les années passées au FC Barcelone, au contraire. L'homme qui, entre 1998 et 2015, a remporté quatre fois la Champions League, suit toujours son ancien club de très près. Lors d'interviews précédentes, il a même reconnu qu'il aimerait un jour en devenir l'entraîneur. Mais il veut d'abord terminer la saison à Al-Sadd... XAVI : Mon corps n'est plus capable de jouer au plus haut niveau mais au Qatar, ça va. Je continue à jouer par passion et parce que je suis toujours compétitif. J'aime aussi m'entraîner. Toucher le ballon, c'est fantastique. Je vais essayer de jouer le plus longtemps possible, même si cette saison pourrait bien être la dernière. XAVI : Parce qu'aux Etats-Unis, les déplacements sont longs et nombreux. On dort beaucoup à l'hôtel. C'est un championnat très physique et très compétitif. Le niveau y est de plus en plus élevé tandis que moi, j'avais envie de lever le pied. Et puis, le Qatar a donné du boulot à toute ma famille. XAVI : Il y a moins de différences entre un Qatari et un Espagnol qu'on le pense généralement. Ils sont très accueillants et très humbles. Ce pays est une grande famille. Je n'avais pas la moindre idée de cela non plus mais les préjugés au sujet de la culture arabe me dérangent car les gens parlent sans savoir. XAVI : Non parce que, la plupart du temps, il est meilleur que l'adversaire, hormis en Super Coupe. Il y avait très longtemps que je n'avais pas vu cela car, même la saison dernière, le Barça avait été supérieur au Real, tant au stade Bernabéu qu'au Camp Nou. Bien entendu, j'ai eu la chance de connaître une époque fantastique. Aujourd'hui, on dirait que tout a changé. On y joue encore très bien mais les joueurs transférés auraient pu faire mieux. Ils se sont assoupis. Il y a cinq ou six ans, Barcelone engageait les meilleurs joueurs du monde pour pratiquer son système. Aujourd'hui, ils ne sont plus que quelques-uns : Iniesta, Alba, Messi, Piqué, Luis Suárez et Busquets. Mais il faut être onze pour jouer de la sorte. Par le passé, aucun club ne possédait des joueurs dont on pouvait se dire qu'ils conviendraient au Barça. Parce qu'ils y étaient déjà tous. Maintenant, il y a des joueurs qui ne conviennent pas au système. XAVI : On y fait toujours appel mais devenir titulaire, c'est encore autre chose. À la meilleure époque du club, au moins 60 % des joueurs étaient issus du centre de formation. Thiago Alcántara est parti, à juste titre, parce qu'on ne lui donnait pas sa chance mais tout le monde doit faire preuve de patience. Le Barça, c'est le club le plus difficile au monde. XAVI : On attend de vous que vous gagniez tout en jouant bien. Si le Real Madrid gagne 3-2 après un mauvais match, on parle de lutte épique, d'état d'esprit... Si nous gagnons à la 90e, nous passons la semaine à analyser pourquoi nous n'avons pas eu le ballon, pourquoi l'adversaire s'est créé trois occasions, pourquoi nous ne sommes pas passés par les flancs... À Madrid, on ne se pose pas toutes ces questions : on gagne et on ne discute plus. XAVI : À Madrid, quand ça va mal, les fans, les joueurs, le staff technique et la presse serrent les rangs. C'est ça, la différence. Au Real, personne ne s'oppose au président. Au Barça, ça n'arrête pas et aucun président ne tient plus de six ans. Il n'y a pratiquement jamais d'unité. Je le répète : c'est le club le plus difficile, et pas seulement pour les joueurs. XAVI : La patience. Lorsque nous avons réussi le triplé (en 2015, ndlr), le Real Madrid avait remporté énormément de matches d'affilée en début de saison. Il semblait invincible mais en janvier, il a perdu à Valence, puis à domicile et nous avons fini par tout gagner. XAVI : On n'en sait rien et c'est ce qui fait la beauté du football. À l'époque de PepGuardiola, je me sentais invincible sur le terrain, je n'ai jamais connu cela par la suite mais nous n'avons tout de même remporté que deux fois la Ligue des Champions alors que nous aurions dû la remporter quatre fois. XAVI : Le Real a pris l'habitude de gagner. Son équipe est plus avancée tandis que le Barça entame une nouvelle étape. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas être champion. Dans le monde du foot, tout va très vite. En 2015, l'année du triplé, tout le monde voulait virer Luis Enrique en janvier. XAVI : Je refuse de croire que nous avons modifié notre façon de jouer. Je vois une équipe qui tente de jouer de la façon qui lui a valu beaucoup de trophées. Si cela devait changer, nous serions vraiment dans la m... Depuis le passage de Johan Cruijff, le Barça est un club différent, respecté dans le monde entier et qui conquiert le coeur des amateurs de football. Pourquoi devrions-nous changer ? XAVI : Il est parti pour différentes raisons. Il voulait changer d'air parce qu'il n'était plus satisfait à Barcelone, parce qu'il a reçu une très bonne proposition et parce qu'au PSG, il sera le grand patron. À moi, il m'a juste dit qu'il voulait partir. XAVI : Oui. Messi rend tout le monde meilleur. C'est un maître, tant collectivement qu'individuellement. Il fait tout de manière sublime. XAVI : Si on demandait à Cristiano de jouer en une ou deux touches de balle, je ne sais pas s'il serait le meilleur. C'est un buteur incroyable, un joueur historique. Mais il n'y a pas de comparaison possible avec Messi, qui est le meilleur au Barça et serait aussi le meilleur à l'Atlético, avec Diego Simeone. par lorena gonzález à doha - photos belgaimage " Dans le monde du foot, tout va très vite. En 2015, l'année de notre triplé, beaucoup voulaient virer Luis Enrique en janvier. " Xavi