Le FC Barcelone fut, sans contestation possible, l'équipe de 2009. Six trophées en 12 mois, ce bilan ne risque pas d'être égalé de sitôt. Si ce n'est, peut-être, par le FC Barcelone lui-même... Les attaquants, à commencer par Lionel Messi (Ballon d'Or et Joueur FIFA de l'année), accaparent beaucoup d'éloges. Mais que seraient-ils sans l'apport de Xavi Hernandez (29 ans) véritable plaque tournante du onze de Guardiola.
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Le FC Barcelone fut, sans contestation possible, l'équipe de 2009. Six trophées en 12 mois, ce bilan ne risque pas d'être égalé de sitôt. Si ce n'est, peut-être, par le FC Barcelone lui-même... Les attaquants, à commencer par Lionel Messi (Ballon d'Or et Joueur FIFA de l'année), accaparent beaucoup d'éloges. Mais que seraient-ils sans l'apport de Xavi Hernandez (29 ans) véritable plaque tournante du onze de Guardiola. XaviHernandez : Oui, bien sûr. Je suis très fier de mes statistiques et des titres conquis avec l'équipe. Nous traversons une bonne période et j'en profite pleinement. J'espère que cela continuera ainsi. En tout cas, en tant que joueur du FC Barcelone et de l'équipe nationale espagnole, je me considère comme un privilégié. Je me suis toujours senti apprécié par mes partenaires et par les professionnels. Il est clair que, depuis trois ou quatre ans, la reconnaissance médiatique est plus grande. Dans la presse, on ne se demande plus si j'ai ma place dans l'équipe, cela paraît évident aux yeux de tout le monde. Ce nouveau statut m'a renforcé mentalement mais je suis très têtu, j'en veux toujours plus. Heureusement, j'ai toujours bénéficié du soutien des joueurs et des entraîneurs avec lesquels j'ai travaillé, et je considère cela comme un luxe. C'est possible, mais le mérite ne revient pas qu'à moi-même. Si c'est le cas, cela signifie que j'ai eu la chance d'évoluer avec de très bonnes générations, que ce soit dans les sélections de jeunes ou en équipe Première. Un sportif veut toujours gagner. Il a toujours faim de victoires, n'est jamais rassasié. Regardez Roger Federer ou Rafael Nadal. Ils ont déjà tout gagné, mais ils en veulent encore plus. Oui. J'ai très envie d'encore gagner le championnat d'Espagne, la Coupe du Roi et la Ligue des Champions. En décembre, j'ai encore ajouté le Championnat du Monde des clubs à mon palmarès. Et en juin, viendra la Coupe du Monde en Afrique du Sud. La Selección possède un bon groupe et un bon entraîneur. Si l'Espagne veut enfin remporter cette compétition, c'est le moment ou jamais. C'est vrai, j'en ai déjà parlé avec Puyi et nous sommes d'avis que c'est un cap intéressant que nous aimerions tous les deux franchir, mais cela dépendra de la manière dont notre corps réagira. Si la santé le veut, ce serait un grand honneur d'intégrer le Club des 100. Il était inévitable qu'une polémique surgisse. Cela n'a rien à voir avec ma personne, c'était lié à la guerre médiatique que se livrent le Real Madrid et Barcelone, et à l'opposition entre Catalans et Castillans, qui continue à alimenter les conversations en Espagne. Je me sens impuissant face à cela. Exactement. Si j'avais été Andalou, il n'y aura jamais eu de polémique. Mais dans ce cas-ci, certains se sont servis d'un prétexte pour gonfler l'opposition entre Madrilènes et Barcelonais. J'avais déjà connu la même mésaventure à la suite d'un carton jaune. J'y suis habitué, je ne prête plus guère d'attention à toutes ces futilités. Vicente Del Bosque était d'accord de me laisser au repos, et son adjoint Fernando Hierro a abondé dans le même sens. Cela ne leur posait aucun problème que je fasse l'impasse sur le match contre l'Arménie. J'avais mal au genou : il y avait du liquide dedans et il était normal que je déclare forfait et que je rentre en Espagne. Personnellement, je n'ai pas le sentiment d'être irremplaçable. En Bosnie-Herzégovine, l'Espagne s'est imposée 2-5 en jouant remarquablement, malgré mon absence. Barcelone a, aussi, livré des prestations fantastiques lorsque je n'étais pas là. En football, personne n'est irremplaçable. Je suis devenu un pion important, c'est clair, mais cela ne signifie pas que mes partenaires ne soient pas capables de gagner sans moi. Les adversaires essaient de me neutraliser, mais on parvient souvent à trouver la parade. Nous possédons de nombreuses alternatives pour contrer le marquage individuel. A Barcelone, il y a des variantes dans le système de jeu, d'autres footballeurs qui peuvent prendre le relais. Andrés Iniesta, Carlos Busquets ou Seydou Keita, pour ne citer qu'eux, sont aussi capables de prendre la construction du jeu à leur compte. Et moi, j'essaie de me libérer du marquage dont je fais l'objet, en étant constant et en aidant mes partenaires. Oui, j'avais d'ailleurs crié à Chico : - Si tu continues ainsi, on va finir par s'ennuyer, mon vieux. Il m'a répondu : -Désolé, mais c'est ce que l'on m'a demandé. Le traitement qu'il m'a réservé était excessif et on ne devrait jamais arriver à de telles extrémités. Les gens paient parfois très cher pour assister aux matches et ils ont droit à mieux qu'à ce type de spectacle-là. Il y a d'autres stratégies que l'on pourrait appliquer pour essayer de faire déjouer l'adversaire. Oui, parce qu'elle est intervenue à un moment où j'étais en toute grande forme. Durant toute la saison, je n'avais jamais eu le moindre bobo : pas une blessure musculaire, pas un coup direct, rien. Et là, subitement : les ligaments croisés. Bam ! Oui, dans de tels moments, on gamberge énormément. Lorsqu'on n'est pas bien dans son corps, on n'est pas bien dans sa tête. On voit que son genou n'est pas en bon état, qu'on a du mal à pivoter et on se demande forcément quand la souplesse reviendra. Je savais qu'il avait les capacités de devenir un très grand entraîneur, car je l'ai encore côtoyé comme joueur. Il est très enthousiaste et prêt à mourir avec ses idées. C'est le meilleur entraîneur que j'ai eu, avec Luis Aragonés. Il sait ce qu'il veut, il est exigeant, il respire le football et il est attentif au moindre détail. Oui. Lorsqu'on est un jeune footballeur, on voue un respect total à l'entraîneur et on garde une certaine distance vis-à-vis de lui. Avec l'âge, un dialogue s'installe des deux côtés. Pep me demande souvent comment je me sens, si j'estime avoir besoin de repos ou pas. C'est un gars extraordinaire, on sent qu'il a lui-même été footballeur. Il est très intelligent, et en plus, il a su s'entourer d'excellents adjoints. Je l'ignore, je ne sais pas comment on travaille au quotidien dans la capitale, mais je pense que la différence se situe essentiellement dans le fait que Barcelone possède un système de jeu bien défini. Guardiola a imposé une discipline sur et autour du terrain. Que l'on gagne ou que l'on perde, on sait ce qu'on a à faire. Le Real Madrid a acheté huit ou neuf joueurs, et doit d'abord essayer de rassembler les pièces du puzzle. Malgré cela, son équipe est déjà compétitive, car elle compte de nombreux joueurs de talent. Eux aussi accumulent les succès. Et ils resteront de sérieux rivaux jusqu'au bout. C'est incroyable. J'en ai été très surpris, mais cela arrive lorsqu'une équipe ne se livre pas à 100 %. Cela nous est arrivé à nous aussi, lorsqu'on a été éliminés 4-0 à Getafe alors qu'on avait gagné le match aller 5-2. Certes, Getafe, c'est plus fort qu'Alcorcón, mais cette élimination n'était pas très glorieuse non plus. Lorsqu'on croit que plus rien ne peut arriver et que l'on ne se présente pas en vrais compétiteurs, on s'expose à ce genre de contretemps. Surtout lorsque l'adversaire est déchaîné. Ce qui est souvent le cas lorsqu'il affronte le Real ou Barcelone. Je l'ignore. Je ne sais pas si les Madrilènes regardent beaucoup dans notre direction. Nous, en tout cas, nous essayons de regarder dans notre propre assiette. Nous savons que, si nous faisons ce que nous avons à faire, peu d'équipes peuvent nous résister. Les présidents, les dirigeants et même les supporters témoignent de peu de patience envers ce Real qui a l'obligation de triompher. Or, il faut assembler les pièces une à une. Je ne pense pas. Je n'aime pas trop diriger les autres. Je suis plutôt un homme de dialogue, j'aime me mettre au service de mes partenaires. Donner des ordres, ce n'est pas trop mon truc. Non, j'aime trop le football pour cela. Je ferai quelque chose en rapport avec le ballon rond. J'aime beaucoup les enfants. En été, je passe de nombreuses semaines dans des stages avec eux. J'aime regarder des matches et les analyser. Il y a suffisamment des choses à faire en rapport avec le football. Espérons-le. Mon successeur et, pourquoi pas, mon partenaire. J'aimerais beaucoup jouer avec lui. Pourquoi cela ne pourrait-il pas fonctionner ensemble ? Les bons joueurs parviennent toujours à s'entendre. Je suis sûr qu'on formerait un bon duo. Oui, vraiment très bon. Et en plus, avec le style de jeu du Barça, il ferait merveille car il a cette capacité d'adresser la dernière passe. Mon contrat court encore jusqu'en juin 2014. J'aurai alors 34 ans. Je suis un diesel, mais la cadence de 60 matches par saison est difficile à tenir. La compétition au plus haut niveau est très exigeante, et plus les années passent, plus je commence à en ressentir les effets. Le genou, cela va. Il me procure encore du souci de temps en temps, mais pas de quoi briser mon élan. Je continuerai aussi longtemps que la santé me le permettra. Il a surtout beaucoup de talent. Avec sa taille, il donne parfois l'impression d'avoir peu de qualités footballistiques, d'être uniquement un joueur physique, mais c'est trompeur. Et puis, il me donne l'impression d'avoir joué toute sa vie au Barça alors qu'il vient à peine d'arriver. En un regard, il t'adresse le ballon comme tu l'attendais. Il aime passer, se mêler aux combinaisons. Fabuleux. Je l'ignore. Aujourd'hui, Barcelone compte en ses rangs quelques-uns des meilleurs joueurs du monde. Le club est en pleine santé. La philosophie qu'il a adoptée, à savoir former de jeunes footballeurs à La Masia, est en train de porter ses fruits. Nous avons été champions d'Europe avec sept ou huit footballeurs formés dans le sérail. Cela nous procure une grande fierté, à nous mais aussi à tous ces entraîneurs qui ont £uvré pour nous former, comme Oriol Tort, Carmona, Benaigues, Joan Vilá et d'autres. Ils se sont occupés des jeunes pendant dix ou quinze ans et nous ont enseignés les principes de base. Je pense en tout cas que nous sommes très respectés et appréciés à notre juste valeur. Lors des différents galas et remises de prix, on n'entend que des éloges. On nous félicite et on nous dit que c'est un plaisir de nous voir jouer. Cela nous remplit d'orgueil. Aux entraîneurs qui y travaillent, aux principes de jeu qui y sont inculqués - principalement le jeu rapide en passes courtes -et aux personnes qui encadrent les jeunes. Je pense que Johan Cruijff a établi les premières bases, et à partir de là, on a continué dans la même direction en perfectionnant le système. Non. Lorsque cela allait moins bien, l'idée m'a effleuré l'esprit. Il m'est arrivé que, peut-être, on ne voudrait plus de moi, que l'on essaierait de me vendre. Mais partir de ma propre initiative, non. Ce sera très difficile. Mais pourquoi pas ? L'enthousiasme de l'équipe n'est pas affecté, et la qualité est là. Mais plus on gagne, plus on devient l'équipe à battre. Nous sommes attendus au tournant un peu partout. Six titres en un an, c'est incroyable. Phénoménal... par alfredo martinez (esm) -photos :reporters"On me présente parfois comme un sosie de Guardiola sur le terrain, mais je ne le suivrai pas comme entraîneur. ""Le genou me procure encore du souci mais pas au point de briser mon élan. "