Au départ, ils étaient deux à se disputer la place de titulaire dans les buts du FC Brussels. Patrick Nys d'abord, l'un des principaux artisans de la montée parmi l'élite au printemps passé, et Istvan Dudas, transfuge du Sporting Charleroi. Finalement, un concours de circonstances a précipité le troisième homme sur le devant de la scène : profitant à la fois d'une blessure du gardien campinois ainsi que du renvoi prématuré aux vestiaires de son homologue serbe & monténégrin à Saint-Trond, Isa Izgi (20 ans) a été lancé dans le grand bain de la D1, le 23 octobre passé, au Staaienveld. Depuis lors, malgré le rétablissement de l'un et la requalification de l'autre, le troisième homme n'a plus jamais dû céder son poste entre les perches.
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Au départ, ils étaient deux à se disputer la place de titulaire dans les buts du FC Brussels. Patrick Nys d'abord, l'un des principaux artisans de la montée parmi l'élite au printemps passé, et Istvan Dudas, transfuge du Sporting Charleroi. Finalement, un concours de circonstances a précipité le troisième homme sur le devant de la scène : profitant à la fois d'une blessure du gardien campinois ainsi que du renvoi prématuré aux vestiaires de son homologue serbe & monténégrin à Saint-Trond, Isa Izgi (20 ans) a été lancé dans le grand bain de la D1, le 23 octobre passé, au Staaienveld. Depuis lors, malgré le rétablissement de l'un et la requalification de l'autre, le troisième homme n'a plus jamais dû céder son poste entre les perches. " A l'occasion de mes débuts professionnels, en 2003-04, j'avais déjà eu la bonne surprise d'avancer d'un cran dans la hiérarchie en me parant à un moment donné de la deuxième place, réservée jusque-là à Kersten Lauwereys " rappelle-t-il. " Aussi suis-je vraiment comblé d'avoir progressé encore d'un échelon supplémentaire, même si je réalise fort bien que ce statut de numéro 1 est essentiellement dû aux aléas rencontrés par mes concurrents directs. Il n'empêche que personne ne m'enlèvera les rencontres que j'ai eu le bonheur de disputer pour le compte de mon employeur actuel. Et même si je dois m'effacer au profit d'un élément plus chevronné, j'aurai eu malgré tout l'immense satisfaction de m'être montré et d'avoir enrichi mon bagage ". Isa Izgi est un pur produit de l'école molenbeekoise, au même titre que ses coéquipiers Christophe Goumotsios, Vincent Van Diepenbeeck, Fabrice Omonga et Steve Colpaert qui ont effectué eux aussi la jonction avec l'équipe fanion au stade Edmond Machtens. A l'instar de tous ses compagnons d'âge, le portier du FC Brussels aurait pu être, lui aussi, joueur du champ. Car chez les jeunes de l'école communale n°10 à Schaerbeek, puis dans le quartier d'Osseghem où sa famille s'établit ensuite, il se signala de prime abord comme un redoutable pourfendeur des défenses. Le hasard et, surtout, le keeping éblouissant de Michel Preud'homme à la Coupe du Monde aux Etats-Unis, allaient toutefois influer sur son profil. " Je me suis présenté au RWDM en cours de campagne 1993-94 ", se souvient-il. " A ce moment-là, il était malheureusement trop tard pour m'incorporer dans une des équipes de jeunes inscrites en championnat. J'ai dès lors été incorporé chez les non-alignés, où j'évoluais dans le jeu. Un jour, mes coéquipiers et moi-même fûmes appelés à livrer un match en déplacement, sur un terrain en matière synthétique. Comme je n'avais pas de souliers adaptés à cette surface, j'ai chaussé des pantoufles de sport et j'ai pris place dans le goal. Il faut croire que l'essai eut du bon, puisque j'ai été maintenu dans ce rôle. L'un de mes sept frères, Iskender, qui évoluait également au goal en Corporatifs, m'incita à persévérer. Personnellement, je fus définitivement conquis après avoir vu Preud'homme à l'£uvre aux Etats-Unis. Après coup, ma décision était prise : on ne me délogerait plus jamais du but ". Isa Izgi vécut dès ce moment plusieurs années sans histoire avec les Rouge/Blanc/Noir. Des saisons agrémentées régulièrement de distinctions marquantes, récoltées tant en tournoi qu'en championnat. Avec, comme point d'orgue, la victoire du RWDM à la Caje Cup en 2002 (3 à 0 pour les Molenbeekois face à Lokeren, sur le terrain d'Alost) et ce, avec une équipe dont la moyenne d'âge n'excédait pas les 17 ans. Pas mal quand on sait que cette compétition est destinée aux moins 21. Quelques mois plus tard, toutefois, la période de douce euphorie prend fin : le club est en faillite et notre homme se retrouve pour ainsi dire sur la rue. " Ne sachant pas trop à quoi m'en tenir, je suis allé présenter mes services à l'Union ", précise-t-il. " Mais la proposition des Jaune et Bleu n'était guère tentante : d'un côté, on voulait m'embrigader chez les Juniors provinciaux et puis, surtout, on me demandait de payer une cotisation qui n'était franchement pas piquée des vers. En définitive, c'est sur recommandation de l'entraîneur des gardiens à la rue Malis, Luc Duville que j'ai été repêché par le FC Brussels. En principe, j'aurais dû être détaché auprès des doublures mais le président, Johan Vermeersch, a tenu à ce que je sois incorporé d'emblée au noyau professionnel. Dans un premier temps, j'ai essayé de combiner le football et les études, à l'Institut des Ursulines, mais j'ai tôt fait d'opter pour le ballon rond. Et je ne suis pas fâché, aujourd'hui, d'avoir accompli cette démarche, vu le parcours que j'ai effectué entre-temps ". A l'heure des bilans partiels, Isa Izgi se révèle un critique des plus sévères. S'il s'avoue relativement satisfait du travail qu'il a dû accomplir jusqu'à présent sur sa ligne, il est pleinement conscient d'être passé à l'une ou l'autre reprises à travers au prix de sorties approximatives. Pour ses débuts, chez les Canaris trudonnaires, il encaissa déjà sur une phase de ce type. Sans que ce goal ne porte vraiment à conséquence dans le verdict final. En revanche, il n'en était pas allé ainsi à domicile, contre Charleroi, par exemple. Ce soir-là, son intervention hasardeuse avait valu à Nasredine Kraouche de signer le but de la victoire pour les Zèbres, dans les arrêts de jeu. Une unité perdue qui vaut de l'or quand, comme le FC Brussels, on fait partie des mal lotis. " Je me suis troué quelquefois, j'en suis pleinement conscient ", avoue humblement notre interlocuteur. " Mais par rapport à ma première prestation, face aux hommes de Marc Wilmots, j'ai le sentiment de m'être bonifié en la matière. Récemment, contre les grands gabarits du Racing Genk, j'ai eu la satisfaction de ne pas encaisser sur ce genre de phase. C'est un constat réjouissant, même s'il ne nous a pas aidés à ramener une unité de ce déplacement au Limbourg. Le coach, Emilio Ferrera, a entièrement raison, quand il a affirme que je progresse mais que je n'ai pas encore pris de point pour mes couleurs. Telle est mon ambition dans les semaines à venir. Du moins, si on me laisse l'opportunité de m'illustrer. J'ai cru comprendre que le FC Brussels était en quête d'un nouveau gardien lors du mercato. Dans l'optique de l'opération sauvetage, je conçois que le club veuille prendre un maximum de garanties. Si je dois céder ma place, je le ferai. Avec pour tout le monde, je l'espère, le sentiment du devoir accompli ". Bruno GoversIl joue au goal parce qu'iln'avait pas LES GODASSES POUR SYNTHéTIQUE