En 1985, j'étais encore un jeune footballeur professionnel qui, alléché par l'affiche proposée, décida de se procurer deux places pour la finale de la Coupe des Champions qui avait lieu, fait exceptionnel, dans notre capitale. A l'époque, il n'y avait que les équipes championnes qui participaient à cette compétition ; sauf si le vainqueur de l'édition précédente n'avait pas décroché les lauriers nationaux.
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En 1985, j'étais encore un jeune footballeur professionnel qui, alléché par l'affiche proposée, décida de se procurer deux places pour la finale de la Coupe des Champions qui avait lieu, fait exceptionnel, dans notre capitale. A l'époque, il n'y avait que les équipes championnes qui participaient à cette compétition ; sauf si le vainqueur de l'édition précédente n'avait pas décroché les lauriers nationaux. Liverpool était une des équipes plusieurs fois lauréate du trophée et la Juventus recelait en ses rangs six titulaires de l'équipe championne du monde en titre renforcés par Zibi Boniek et Michel Platini, fraîchement couronné champion d'Europe en tant que capitaine de l'équipe de France. J'avais eu la chance d'échanger mon maillot avec celui de l'attaquant polonais lors de l'édition précédente où la double confrontation avec la Vieille Dame au deuxième tour déboucha sur l'élimination logique du Standard et également sur le plus grand souvenir de toute ma carrière. En ce 29 mai 1985, je décidai de partir relativement tard vers Bruxelles vu que les places assises que je possédais étaient numérotées. Je choisis de laisser mon véhicule à Wemmel, de l'autre côté du ring, vers 19 h 30 et de me rendre à pied au stade. En chemin, tout se déroule normalement, et nous arrivons avenue Houba de Strooper vers 20 h 05. Quelle ne fut pas notre surprise de voir dans le virage à notre droite une tribune complètement vide et des centaines de personnes sur le terrain. La place juste devant moi était occupée par Michel Rossignon, membre du comité provincial de la Province de Luxembourg. L'interrogeant sur ce qui s'était passé, il me répondit qu'il y avait eu une bagarre et qu'un supporter avait perdu la vie. Tout le monde dans les gradins prit son mal en patience et le match, remporté pour l'anecdote par les Italiens sur un penalty imaginaire (la faute sur Boniek fut commise largement en dehors du rectangle) transformé par Platini, débuta avec plus d'une heure de retard. Dès la fin de la cérémonie de remise de la coupe, nous décidâmes de nous rendre rue des Bouchers afin de nous restaurer et c'est là que nous apprîmes via le journal du soir que 39 personnes avaient perdu la vie. Et je pense que de nombreux spectateurs ont appris l'information bien après le match et que pour beaucoup, cette rencontre se déroula dans des conditions plus ou moins normales. Ce drame nous est revenu en mémoire suite à la confrontation entre les deux clubs 20 ans plus tard et on peut dire que si nul n'a oublié, peu ont pardonné. Certains supporters italiens n'ont toujours pas digéré cette catastrophe et à juste titre. Mais où se trouvaient réellement les responsabilités en ce mois de mai 85 ? A cette période, les Anglais étaient catalogués comme les pires hooligans. A-t-on pris les mesures adéquates afin d'éviter un tel drame ? Poser la question, c'est y répondre !Etienne Delangre" Les Anglais étaient catalogués comme LES PIRES HOOLIGANS. A-t-on pris les mesures adéquates ?"