Deux deuxièmes places et la deuxième au classement de la montagne: Mario Aerts a redoré le blason belge pendant ce Tour de France. Le coureur Lotto, vainqueur de la Flèche Wallonne ce printemps, a une fois de plus étalé sa classe. Son problème, c'est qu'il est constamment en proie à un manque de confiance en ses propres moyens. Il ignore encore l'étendue de ses possibilités, il a rarement atteint la limite de ses forces et est réput...

Deux deuxièmes places et la deuxième au classement de la montagne: Mario Aerts a redoré le blason belge pendant ce Tour de France. Le coureur Lotto, vainqueur de la Flèche Wallonne ce printemps, a une fois de plus étalé sa classe. Son problème, c'est qu'il est constamment en proie à un manque de confiance en ses propres moyens. Il ignore encore l'étendue de ses possibilités, il a rarement atteint la limite de ses forces et est réputé plutôt douillet. Aerts n'a pas la résistance mentale d'un Axel Merckx, par exemple. Axel choisit ses moments pour se porter quelques fois à l'attaque. Par nécessité. Quand Merckx lutte avec les meilleurs en montagne, deux jours de suite, il se brûle. Indépendamment du fait qu'un excès de pression le coince. Il ne sera donc jamais un coureur de classement. D'un point de vue belge, on a autant discuté des changements en cours au sein des équipes que des prestations sportives. Il y a quelques semaines, on a annoncé à grand renfort de publicité la fusion entre Lotto et Domo, une fusion activée par les pouvoirs publics. Il s'agit plus d'un mariage de raison que d'autre chose et on parle ici et là d'une grande équipe. Il risque de ne pas en rester grand-chose, puisque Patrick Lefevere, le manager de Domo, rejoint Quick Step, l'actuel second sponsor de Mapei, qui jette l'éponge en 2003 et laissera Quick Step seul. Lefevere emmènera sans doute avec lui les meilleurs coureurs de Domo, de sorte que Lotto-Domo devra sans doute aligner les coureurs de l'équipe actuellement sponsorisée par la Loterie nationale, moins Mario Aerts, qui a signé chez Deutsche Telekom. La fragilité actuelle de l'économie rend les entreprises frileuses en matière de sponsoring. Le peloton se ressent des conséquences du 11 septembre. Beaucoup de coureurs sont toujours dans l'incertitude et l'ambiance est plutôt morose. Rarement les managers se sont joué des coureurs comme maintenant. Paradoxalement, la Belgique ne se ressent guère de cette récession puisqu'en 2003, elle alignera au moins deux grandes équipes. Noël De Meulenaere, un mécène du cyclisme, a même trouvé deux autres sponsors et souhaite former une autre écurie d'envergure. Le seul problème, c'est qu'il ne semble guère y avoir de grands coureurs belges pour porter cette équipe.