Vous avez fait le buzz en publiant une lettre ouverte à Froome, où vous vous interrogez sur ses performances. Pourquoi ce procédé ?

Tout est dans la lettre et je n'ai pas envie d'ajouter un commentaire.
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Tout est dans la lettre et je n'ai pas envie d'ajouter un commentaire. Quand j'ai vu Froome dans les Pyrénées, je me suis senti dans la peau du journaliste qui se retrouve dans l'impossibilité d'expliquer ce qu'il a vu. Je suis censé apporter un éclairage mais, là, je n'avais pas les clefs. Mon rôle n'est pas de juger Froome mais il est logique que je me pose des questions car j'adore le vélo. Plutôt un sentiment de désarroi. Une année n'est pas l'autre. En 2013, tout le monde a crié au scandale et condamné Froome. Je n'ai pas envie de le faire car je le respecte. C'est lié à l'organisation du Tour, victime d'un gigantisme qui risque de le tuer. Les lignes d'arrivée sont bondées. Il y a 150.000 journalistes : les équipes d'Eurosport France et Espagne, les 4 équipes de France 2, les médias locaux, les journalistes radio, etc. Vu le développement d'Internet, on trouve aussi de plus en plus de représentants de sites spécialisés. Toutes ces personnes sont mélangées à un paquet d'invités, de sponsors, de représentants de la caravane qui viennent faire des photos. Il y a tellement de gens que la pression est énorme et que tu peux difficilement bosser. J'en suis à mon 18e Tour et ce phénomène prend de plus en plus d'ampleur. Oui car mon métier reste formidable. Même si c'est parfois difficile, je n'ai pas le droit de me plaindre ! Je ne travaille pas à pause à l'usine. J'ai vu des ouvriers bosser dans des conditions atroces dans les hauts fourneaux et au Val Saint-Lambert. Je garde la passion du vélo. C'est un monde amical et bon enfant. En football, les joueurs passent devant toi avec leurs écouteurs sans te regarder. Pas en cyclisme. Après la prestation moyenne de son équipe au contre-la-montre, Contador a pris le temps de s'exprimer. La Française des Jeux a subi un contrôle antidopage à 23 h, après une étape. J'aimerais voir la même chose à Wimbledon, au Mondial ou la veille d'un match important de Lionel Messi. PAR SIMON BARZYCZAK" Le gigantisme du Tour risque de le tuer. "