Avec la multiplication des caméras, est-ce bien utile d'avoir un journaliste en plus sur une moto ?

Oui, surtout pour des courses de 250 kilomètres comme Paris-Roubaix ou Liège-Bastogne-Liège car les caméras ne captent pas tout, surtout quand le peloton se casse en plusieurs groupes. Parfois, les plans des caméras ne permettent pas de distinguer le dossard d'un coureur et, si je suis à côté, j'interviens pour dire de qui il s'agit. Quand il y a des chutes, je les vois avant qu'elles ne passent à l'antenne. Autre utilité : sur la moto, on sent d...

Oui, surtout pour des courses de 250 kilomètres comme Paris-Roubaix ou Liège-Bastogne-Liège car les caméras ne captent pas tout, surtout quand le peloton se casse en plusieurs groupes. Parfois, les plans des caméras ne permettent pas de distinguer le dossard d'un coureur et, si je suis à côté, j'interviens pour dire de qui il s'agit. Quand il y a des chutes, je les vois avant qu'elles ne passent à l'antenne. Autre utilité : sur la moto, on sent directement d'où vient le vent. Lors de la Flèche, on a malheureusement eu un petit souci technique avec le son. Il a fallu trouver la voiture d'assistance et je n'ai pu intervenir sur antenne qu'à 50 kilomètres de l'arrivée. Je travaille depuis longtemps avec le même motard, Serge Seynaeve, qui est un ancien coureur. C'est un passionné de vélo et il a une bonne connaissance des règles de course. Il est pro et il a ses habitudes. Il sent comment le peloton va réagir, quand il doit klaxonner, etc. Si c'est nécessaire d'attendre, il n'essaiera pas de passer en force. Le risque zéro n'existe pas. A la Flèche, juste après le premier passage du Mur, il y a une route assez étroite où les coureurs descendent voir leur directeur de course. C'est parfois limite et on frôle le contact. C'est rare mais il suffirait qu'on soit un peu touché pour finir dans les champs. A certains moments, on est à 80/90 km/heure en descente à côté du peloton. Dans ce genre de situation, avoir confiance en ton pilote est important. Si tu penses trop aux risques, tu arrêtes ! La moto. Il y a beaucoup de choses que tu vois ou que tu entends, comme quand les coureurs s'arrêtent pour uriner. Durant les premières heures de course, les coureurs sont assez détendus. Quand je croise Philippe Gilbert ou Maxime Monfort, on se sourit, on se fait signe, on échange un petit mot. Mais, ce laps de temps passé, tu n'existes plus. Les coureurs rentrent dans leur bulle. Grâce à la moto, le dialogue est permis avec les directeurs sportifs, à condition que tu aies un bon contact avec eux. Si le peloton roule à un train de sénateurs, tu peux te mettre à côté des voitures et discuter de certains aspects, comme la tactique, etc.PAR SIMON BARZYCZAK" En cyclisme, être sur la moto de course est plus excitant que de commenter. "