Il est près de 21 h quand l'entraînement se termine dans la petite salle située derrière l'ancien conservatoire de Hannut. Après avoir décroché le titre européen en mai à Düsseldorf, LaurenceRase (29 ans) s'est accordé trois mois de repos relatif : " J'ai pris quelque peu mes distances avec le taekwondo proprement dit mais je n'ai évidemment pas abandonné le travail physique. Le titre continental était devenu une véritable obsession. Il valait mieux faire un break après une telle épreuve surtout que le taekwondo est un sport traumatisant ".
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Il est près de 21 h quand l'entraînement se termine dans la petite salle située derrière l'ancien conservatoire de Hannut. Après avoir décroché le titre européen en mai à Düsseldorf, LaurenceRase (29 ans) s'est accordé trois mois de repos relatif : " J'ai pris quelque peu mes distances avec le taekwondo proprement dit mais je n'ai évidemment pas abandonné le travail physique. Le titre continental était devenu une véritable obsession. Il valait mieux faire un break après une telle épreuve surtout que le taekwondo est un sport traumatisant ". En devenant championne d'Europe, Laurence s'offrait une belle satisfaction et une revanche sur le sort vu que l'année précédente au championnat du monde à Madrid, elle avait été grugée par l'arbitrage en demi-finales face à une adversaire... coréenne. Des exemples de favoritisme ne manquent pas depuis que le taekwondo est devenu discipline olympique aux Jeux de 1988 en Corée, pays d'origine du sport. A Séoul, on assista à de véritables scandales où les athlètes coréens étaient déclarés vainqueurs même quand ils prenaient une leçon. Laurence : " A Madrid, j'ai été volée. C'est là qu'on se rend compte que la Belgique est un petit pays et que les juges ne lui accordent pas le respect qu'elle mérite. J'espère que mes résultats pourront faire changer les choses. Le taekwondo est un sport subjectif mais les juges sont allés trop loin. Les erreurs étaient trop flagrantes, au point que la discipline risquait d'être exclue des Jeux. Depuis, on a changé le système de cotation et on a instauré le point en or. C'est-à-dire qu'en cas d'égalité après les trois rounds, on continue et le premier qui marque a gagné. Avant, c'était l'arbitre qui choisissait le vainqueur. Là c'était du chiqué. D'autres mesures comme le plastron électronique et le recours à la machine, aident à objectiviser les choses ". Le prochain grand rendez-vous est le championnat du monde en mai 2007 à... Pékin. Il s'agira donc d'arriver en forme au bon moment. " Actuellement, j'effectue six à sept entraînements par semaine dont deux seulement de taekwondo. En décembre, on va accélérer la cadence et tourner au régime de dix séances par semaine dont maximum quatre techniques. Comme je manque de sparring-partners, je me rendrai chaque jeudi à Bonn qui est situé à 170 kilomètres de mon domicile. En Allemagne, je combats contre des hommes et ça défile, car rien que la fédération régionale compte 18.000 adhérents. Et à partir de février, je résiderai une semaine par mois à Barcelone en fonction des dates des Opens des Etats-Unis (février), Pays-Bas (mars) et Belgique (avril). En Espagne, le niveau est très élevé et on y applique des techniques proches de ce que je fais. Il ne me paraît plus indispensable d'effectuer de longs stages en Corée comme je l'ai fait. Morphologiquement, nous ne sommes pas faits comme les Asiatiques : ils arrivent à maturité à 21 ans et disparaissent à 25 ans. En plus, Barcelone n'est qu'à 1 h 15 de vol ". L'objectif est d'y aller crescendo et de rester en forme jusqu'au tournoi mondial de septembre 2007 à Manchester. Encore une date importante, vu qu'il s'agit de terminer parmi les trois premiers de sa catégorie pour décrocher sa sélection pour les Jeux de Pékin. En cas d'échec, un repêchage continental est prévu en janvier 2008 à Istanbul. Laurence compte bien éviter cette épreuve. " Depuis cinq ans, je bénéficie d'une structure professionnelle. EricCallut, que j'ai connu alors qu'il était en équipe nationale Juniors, s'occupe de l'aspect technique et EricLambert fait toute ma préparation et dose l'intensité des entraînements. Même quand je suis en Espagne, j'observe ses plans : il connaît très bien les nécessités de ce sport ". Laurence a débuté le taekwondo à 14 ans et n'éprouve aucun signe de lassitude : " Tant que j'éprouverai du plaisir, je continuerai. J'ai l'impression que je possède encore une marge de progression et c'est motivant ". Tant mieux, car dans la foulée, elle espère décrocher en juin prochain son diplôme de droit après celui de sciences politiques. NICOLAS RIBAUDO