Peu de footballeurs font la une comme David Beckham. (31 ans) Sa vie privée est un sujet permanent d'attraction, les tabloïds sont sans cesse en quête de détails croustillants sur son mariage avec la chanteuse Victoria Adams, l'ancienne Spice Girl. Sa touche de balle et son caractère ombrageux sur le terrain inspirent également les commentateurs. Il y a toujours quelque chose à écrire sur Beckham. S'il a sombré en même temps que les Galácticos, sa patrie espère ardemment que les coups francs et les passes précises de son capitaine aideront l'Angleterre à conquérir le titre mondial.
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Peu de footballeurs font la une comme David Beckham. (31 ans) Sa vie privée est un sujet permanent d'attraction, les tabloïds sont sans cesse en quête de détails croustillants sur son mariage avec la chanteuse Victoria Adams, l'ancienne Spice Girl. Sa touche de balle et son caractère ombrageux sur le terrain inspirent également les commentateurs. Il y a toujours quelque chose à écrire sur Beckham. S'il a sombré en même temps que les Galácticos, sa patrie espère ardemment que les coups francs et les passes précises de son capitaine aideront l'Angleterre à conquérir le titre mondial. " J'ai rapidement compris qu'il avait un don spécial ", explique son père, Ted. " J'ai aussi senti que je devais développer de mon mieux ce talent. Je voulais que mon fils devienne bon et je l'ai toujours soutenu, bien que David lui-même ait toujours eu la volonté de réussir en football. Il rêvait de se produire pour Manchester United. Je n'ai fait que l'aider dans son développement ". Beckham s'est souvent entraîné avec son père dans le Larkswood Park ou sur le terrain d'entraînement du club amateur Kingfisher. " Le dimanche, nous partions très tôt ", raconte Ted Beckham. " Parfois, la ligne médiane était le point de départ. Il dribblait des adversaires imaginaires jusqu'au but. Ensuite, en plein sprint, il devait tirer. S'il ne faisait pas mouche, il devait recommencer tout l'exercice ". Les séances durent parfois des heures alors que David n'a que six ans. Grâce aux leçons de ce père sévère et attentif, il affine son sens du ballon et effectue tous les exercices possibles et imaginables. Beckham senior : " Je plaçais le ballon à quelques mètres de moi et David devait me passer, d'abord du droit puis du gauche. Je lui ai appris comment frapper un ballon, je lui ai inculqué les différentes techniques. Puis je me plaçais devant le but et David bottait un coup franc juste devant moi. Pour marquer, il devait me contourner. Ces entraînements ont porté leurs fruits. Ses centres et ses transversales en sont la preuve. Des passants s'arrêtaient pour le voir s'entraîner. Il était brillant et voulait apprendre. J'admets avoir été extrêmement sévère durant toutes ces années, je l'ai obligé à tout donner. Et quand il me disait -Papa, j'en ai marre, je veux rentrer à la maison. Je lui répondais - Seulement quand je serai satisfait. Cela semble dur mais je ne voulais que son bien. Il le savait d'ailleurs ". Son talent saute aux yeux de Stuart Underwood en 1982. Il demande à Beckham de s'entraîner avec le Boys' Club de Ridgeway. Ted Beckham : " J'ai discuté avec lui. Underwood ressemblait à un sergent de l'armée. Discipline et ordre étaient ses leitmotive mais il avait aussi de bonnes idées quant à la formation des talents, ce qui lui a immédiatement valu ma sympathie ". Les années suivantes, il joue un nombre incalculable de matches contre d'autres équipes de jeunes londoniennes, que Ridgeway gagne généralement haut la main. Son père se souvient : " David était généralement le meilleur. Il n'a pas fallu longtemps aux scouts des clubs pros pour le repérer et nous avons dû opter entre Arsenal et Tottenham Hotspur. Le choix était tellement difficile que nous avons tiré au sort. Ce fut Tottenham ". Beckham est inscrit à White Hart Lane dès juillet 1985 où il ne s'entraîne qu'une fois par semaine. " Pendant ces séances, il voulait sa tenue de Manchester United ", sourit son père. " Il se faisait joliment charrier ". Mais Becks pose rapidement les premiers jalons qui vont le mener au club de ses rêves. Ses grands-parents lui paient des stages de football à Manchester United en 1985 et 1986 où la Bobby Charlton SummerSchool offre aux talents de dix à treize ans l'occasion de faire leurs preuves pendant une semaine. Ted Beckham : " En 1986, il a été élu Joueur de la semaine. Pendant les vacances estivales, Manchester United organisait ces stages pendant huit semaines. Les meilleurs étaient invités pour la finale des tests en décembre. Celle-ci avait lieu au centre d'entraînement du club et sur le terrain d'Old Trafford, avant un match de championnat contre Tottenham Hotspur. A ma grande surprise, pendant la première partie, les enfants devaient exécuter exactement les mêmes exercices que ceux que David et moi avions répétés pendant des années. Sans exagérer, mon fils était fantastique ". Agé de 11 ans, David Beckham est le glorieux vainqueur de la finale et reçoit une coupe des mains de Bobby Charlton en personne, gagne un petit stage d'entraînement au FC Barcelone et Alex Ferguson, le manager de United, prend note de son nom, sans qu'aucun membre de la famille ne s'en rende compte. " David se plaignait de n'avoir aucune chance à Manchester, puisqu'il était Londonien ", poursuit Ted Beckham. Puis, début septembre 1987, un scout s'est présenté. Il nous a expliqué que United souhaitait inviter notre fils à un stage. David a pleuré de joie et moi, je n'osais y croire ". Quelques jours plus tard, Sandra, sa mère, a la peur de sa vie. Ted Beckham : " C'était un vendredi soir. J'étais rentré tard du travail et Sandra m'a dit : - Tu ne devineras jamais ce qui est arrivé. J'ai reçu un coup de téléphone... d'Alex Ferguson. Stupéfait, je l'ai regardée et j'ai demandé ce qu'il avait dit. - Je ne sais pas. Il a un accent écossais tellement prononcé. Tout ce que j'ai compris, c'est que nous avons un fils doué et que David sera en de bonnes mains avec lui ". A l'invitation de Manchester United, David et ses parents assistent au match en déplacement des RedsDevils contre West Ham United, le 25 octobre 1987. Le soir précédant le match, le trio dîne avec Ferguson à l'hôtel des joueurs, afin de faire plus ample connaissance. Beckham vit un rêve. L'Ecossais lui demande d'être la mascotte de l'équipe. Il pénètre donc sur le terrain avec les joueurs et assiste au match en compagnie des réserves. Jusqu'en mai 1989, Ferguson met tout en £uvre pour faire bonne impression. Il n'est pas sûr du tout que le talent va signer à Manchester United. Beckham continue à s'entraîner une fois par semaine avec Tottenham Hotspur. " Ce dernier club a été le premier à nous faire une offre ", se souvient Ted Beckham. " Il voulait lier David pour six ans. Jusqu'à seize ans comme schoolboy puis comme apprentice et à 18 ans, pour deux ans avec un vrai contrat. David, lui, voulait attendre la proposition de Ferguson ". Le 2 mai 1989, Beckham a 14 ans, le jeune footballeur et son père ont rendez-vous avec l'Ecossais. Quand tout le monde est assis, Ferguson prend la parole : " David a tout pour devenir un joueur de Manchester United, il peut même devenir une légende de ce club. Nous avons constitué un dossier sur lui ces dernières années. Il révèle quel footballeur il est. Nous pensons qu'il ne fera que progresser. David obéit à ses parents, il est bien élevé, gentil, travailleur. Nous voulons qu'il joue pour nous ". Ferguson fait la même proposition que Tottenham. Marché conclu ! Beckham ne réside à Manchester que pendant ses vacances, jusqu'en 1991, même si l'école lui accorde parfois des permissions plus longues. " A quinze ans, David a commencé à envisager de déménager à Manchester ", raconte son père. " Il serait hébergé dans une famille. A partir de ce moment, toute la vie de la famille a tourné autour de sa carrière. Nous allions à Manchester presque tous les week-ends. Suivre sa progression au début des années '90 était magnifique. Il grandissait, forcissait, prenait confiance en lui-même. Entouré de bons footballeurs, il jouait aussi de mieux en mieux ". " David était sérieusement en retard sur les autres ", explique son père. " Il n'a commencé à s'entraîner et à jouer chaque semaine à Manchester qu'à seize ans. Du coup, jusqu'à vingt ans, il a été physiquement trop court et a aussi dû apprendre beaucoup sur le plan tactique. Il était très talentueux mais la dernière étape vers le top est aussi la plus ardue ". Le 7 décembre 1994, Ferguson titularise le médian contre Galatasaray, en Ligue des Champions. Les Anglais sont déjà éliminés et l'Ecossais ménage quelques pions importants. Beckham s'illustre, il marque un des quatre buts de son équipe (4-0). Après une brève location à Preston North End, afin qu'il s'endurcisse, Ferguson décrète que son poulain est prêt pour ses grands débuts en championnat. Le 2 avril 1995, il joue contre Leeds United (0-0). Ensuite, Beckham disputera encore trois matches. Une saison plus tard, il conquiert son premier titre et sa première Cup. Les jeunes de United ont l'occasion de se montrer, notamment suite à la longue exclusion d' EricCantona, qui ne remonte sur le terrain que le 1er octobre 1995, suite à son fameux coup de karaté contre un supporter de Crystal Palace en janvier. " Cette année-là, Manchester United a refait un retard de douze points sur Newcastle United en fin de championnat ", se rappelle Ted Beckham. Le 17 août 1996, lors du premier match de la saison suivante, Beckham s'établit définitivement. Dans la dernière minute de jeu à Wimbledon, il fixe le score à 0-3 d'un lob magistral des 50 mètres. Peu après, il effectue ses débuts en équipe nationale. Le 1er septembre 1996, il joue en Moldavie (0-3) dans le cadre des qualifications pour le Mondial. Sa carrière s'accélère. Son sens du ballon et son apparence attirent l'attention. Il est bientôt submergé d'e-mails de supporters. Il éclate à droite de l'entrejeu, car il a l'art de délivrer des passes sans devoir se défaire de son adversaire. La saison 1996-1997 est mémorable également, pour d'autres raisons. Beckham se lie avec VictoriaAdams, devenue une star de la pop anglaise avec les Spice Girls. " Ma femme et moi étions présents quand ils ont fait connaissance ", raconte Ted Beckham. " C'était en février 1997, au foyer des joueurs à Chelsea. Elle était alors nettement plus célèbre que mon fils. Nous avons donc été stupéfaits quand son manager nous a présenté Victoria. C'est elle qui avait pris cette initiative. Je me souviens que David n'a presque pas ouvert la bouche ! " Ferguson n'apprécie pas cette relation ni l'attention accrue de la presse pour son jeune footballeur. Il ne voit que les dangers que court le médian en fréquentant une chanteuse. " Nous n'étions pas vraiment enthousiastes non plus ", avoue le père Beckham. " Nous ne nous tracassions pas tellement à propos de Victoria mais de son style de vie ou de celui des stars de la chanson en général. Ce n'est pas vraiment ce qu'on attend de footballeurs professionnels. Mais David est têtu. Il aurait poursuivi sa relation même si nous nous y étions opposés. Ce fut pareil avec sa première Porsche. Il a développé des goûts de luxe, peut-être parce que d'un coup, il pouvait s'offrir tout ce qu'il voulait ". On a longuement décrit le drame de Beckham au Mondial français de 1998. En huitièmes de finales, face à l'Argentine (2-2), l'arbitre danois Kim Milton Nielsen l'a exclu, le médian ayant décoché un coup de pied en direction de Diego Simeone. L'Angleterre a été éliminée aux tirs au but mais Beckham est devenu le bouc émissaire. Le lendemain, la presse anglaise assiégeait le domicile de ses parents, brutalement éveillés. Le père Ted : " Deux voitures peuvent à peine se croiser dans notre rue mais il y avait certainement 30 photographes, trois équipes TV et je ne sais combien de journalistes. J'ai pris peur. Nous n'avons pu nous rendre à notre travail et notre téléphone a même été placé sur écoute ! Cette carte rouge et la fureur qui a suivi ont projeté David dans le monde adulte. Avant de revenir à Manchester United, il a fui aux Etats-Unis. A l'aéroport, il nous a appris qu'il allait être père. Je ne puis vous rendre compte de nos émotions ". La campagne de haine est virulente et mesquine, en Angleterre. Beckham reçoit le soutien inconditionnel de Ferguson et ses coéquipiers lui réservent un accueil exemplaire. Manchester United va vivre une saison fantastique mais l'affaire a changé l'image de Beckham dans son pays. Il est victime d'une publicité systématiquement négative, même quand il signe des prestations admirables et va sa part dans le treble (titre, Cup et Ligue des Champions) en 1999. " Comme père, c'était horrible d'entendre ce que les supporters criaient contre David ", confie Ted. " Une fois, après un match, je suis sorti de mes gonds et j'ai frappé quelqu'un ". Beckham épouse Victoria le 4 juillet 1999. Hasard ou non mais à partir de ce moment, il a des problèmes avec Ferguson. Le manager ne supporte pas le style de vie de son footballeur vedette. Ainsi, celui-ci habite à 300 kilomètres de Manchester et on le voit régulièrement à des galas. Sur le terrain, il se comporte parfois bizarrement. Il commet des fautes méchantes par frustration et United lui inflige une sévère amende durant l'automne 1999. Pourtant, Ferguson ne peut se passer de sa vedette. Beckham preste et prolonge même son contrat en 2000, à l'issue de négociations difficiles. Son père a compris les critiques de Ferguson. " Je partageais son souci à propos de la vie de David, en tout cas. En février 2000, j'ai trouvé juste que Ferguson écarte provisoirement mon fils de l'équipe après qu'il avait raté un entraînement pour soigner Brooklyn, son fils malade. En même temps, cela me faisait terriblement mal pour David. Mais Ferguson est juste, honnête et fait ce qu'il estime être dans l'intérêt de son club. J'ai toujours éprouvé un énorme respect pour lui et j'ai été très triste que sa relation avec David soit mise à mal en automne 2002. Ferguson voulait avoir un entretien avec ma femme et moi à propos du fonctionnement de David. Il sentait qu'il ne pouvait plus le toucher et doutait de sa motivation. Selon lui, nous devions parler à notre fils. Je savais que dès 2003, David n'aurait plus d'avenir à Old Trafford ". Un incident précède le transfert de Beckham au Real, le 15 février 2003. A la suite d'une défaite en Coupe face à Arsenal (0-2), Ferguson est tellement fâché sur Beckham qu'il balance à travers le vestiaire une chaussure abandonnée à terre. On n'a jamais établi s'il avait vraiment visé mais le soulier atteint Beckham et lui vaut une petite plaie au-dessus de l'arcade gauche. Le capitaine de l'Angleterre rejoint l'Espagne pour près de 40 millions d'euros l'été suivant mais ce transfert ne lui apporte guère de satisfactions. Depuis trois saisons, le Real traverse une crise sportive et Beckham ne fait la une qu'à cause de relations extraconjugales et de quelques cartes rouges. Fait significatif, sa valeur commerciale est plus élevée au Real que sa valeur sportive. Le club écoule énormément de maillots de Beckham en Asie mais sur le terrain, les manquements du médian apparaissent cruellement depuis qu'il n'est plus dans le moule de United. Il manque d'explosivité et ne parvient pas à se dégager des marquages défensifs : il se bat, montre de la bonne volonté mais ses passes n'arrivent plus... Même son père ne sait pas ce que le monde peut attendre de Beckham durant ce Mondial. MARTIJN HORN, ESM