" En 1992, je suis le coach de Seraing et mon équipe, revenue de D3, rêve de retrouver l'élite. Un grand nettoyage d'été s'impose : l'effectif compte trop de joueurs un peu courts. Pas mal de Brésiliens nous quittent mais pas Isaias,Edmilson et Wamberto qui ont tout l'avenir devant eux . Ces ventes allègent la masse salariale et le président Gérald Blaton me convoque : - Georges, ces efforts me permet...

" En 1992, je suis le coach de Seraing et mon équipe, revenue de D3, rêve de retrouver l'élite. Un grand nettoyage d'été s'impose : l'effectif compte trop de joueurs un peu courts. Pas mal de Brésiliens nous quittent mais pas Isaias,Edmilson et Wamberto qui ont tout l'avenir devant eux . Ces ventes allègent la masse salariale et le président Gérald Blaton me convoque : - Georges, ces efforts me permettent de résoudre ton problème défensif. J'ai un cadeau pour toi : je t'offre le capitaine et arrière central de l'équipe nationale du Danemark, Lars Olsen. L'effet de surprise est total. Ce solide défenseur vient à peine d'être sacré champion d'Europe avec son pays en Suède. C'est du lourd, un apport de choix car le gaillard a du métier à revendre : 84 caps, cinq titres avec Bröndby, joueur danois de l'année en 1988, un expérience d'un an à Trabzonspor en 1991-1992. Les Turcs le lâchent car il ne ressemble pas à leur défenseur central idéal, Franco Baresi. Mais quel club belge de D2 peut se payer un authentique champion d'Europe ? Aujourd'hui encore, je préfère ne pas savoir ce que Blaton a dépensé... Seraing se frotte les mains et découvre un joueur qui organise calmement la défense, laisse les fioritures aux autres, s'impose dans le vestiaire et devient le patron. Olsen prend un jeune arrière central sous son aile : Olivier Doll. Il écoute et met les conseils de son célèbre protecteur en pratique. Si Oli a réussi une aussi belle carrière, il le doit en partie au Danois, un tuteur idéal. Seraing dispose d'autres jeunes et le bagage de Lars est vachement utile. Par son sérieux et sa simplicité, il me rappelle un autre Danois passé par le Pairay de 1982 à 1984 : Jens Bertelsen, un médian de petite taille doté de trois poumons. Seraing réintègre la D1 sans avoir subi la moindre défaite. Et mon équipe continue sur cette lancée comme si elle avait toujours joué au top niveau. La preuve par son classement en fin de saison : 3e, 4e attaque et 3e défense de D1. Cette formation réalise le match parfait au Stade Constant Vanden Stock (0-2) avec un Olsen impeccable aux côtés de Ranko Stojic, Doll, Benny Debusschere, Manu Karagiannis, Patrick Teppers. Après le match, la douche et les interviews, l'autocar s'est arrêté Place de la Vaillance à Anderlecht où Blaton a payé le verre de l'amitié. Lars a quitté Seraing en 1994 pour Bâle puis Bröndby. A 51 ans, il coache l'équipe nationale des Iles Féroé. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC