Titularisé samedi passé, face à Beveren, suite aux tracas de Tristan Peersman, Jan Van Steenberghe (32 ans) aurait assurément aimé faire l'impasse sur l'entame de chaque mi-temps. Car c'est durant ces deux périodes initiales que le RSCA encaissa autant de buts évitables : le premier sur une approximation du nouveau Soulier d'Or, Vincent Kompany et le second sur une amortie mal calibrée d'Olivier Deschacht. Deux actions qui ne mirent pas en péril le large succès (5-2) des troupes locales.
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Titularisé samedi passé, face à Beveren, suite aux tracas de Tristan Peersman, Jan Van Steenberghe (32 ans) aurait assurément aimé faire l'impasse sur l'entame de chaque mi-temps. Car c'est durant ces deux périodes initiales que le RSCA encaissa autant de buts évitables : le premier sur une approximation du nouveau Soulier d'Or, Vincent Kompany et le second sur une amortie mal calibrée d'Olivier Deschacht. Deux actions qui ne mirent pas en péril le large succès (5-2) des troupes locales. Jan Van Steenberghe : C'est râlant, j'ai passé la soirée quasiment en touriste mais, malgré tout, j'ai dû repêcher le ballon à deux reprises au fond de mon goal. Ma seule consolation, c'est que ma responsabilité ne peut être engagée sur ces deux réalisations, qui auront résulté d'autant de cadeaux. Dommage, car il m'aurait quand même plu de préserver mes filets intacts. J'y suis parvenu à plusieurs reprises chez les doublures mais ces prestations n'ont évidemment pas le même retentissement qu'en équipe fanion. C'est sympa. Et correct, sans doute (il sourit). Je ne me souviens pas, en tout cas, d'un match au cours duquel j'ai commis une bourde depuis le début de cette campagne. Il y a bien eu, de temps à autre, une petite erreur d'interprétation, sur l'un ou l'autre ballon. Mais jamais elle n'a porté à conséquence. Oui et non. Je partage entièrement l'opinion du coach, Hugo Broos, quand il soutient que la problématique des keepers au Sporting ne doit pas s'assimiler à un carrousel. Imaginez qu'à la suite de ceux qui me précèdent dans la hiérarchie, je me serais blousé aussi au moment d'assurer pour la première fois l'intérim. Aurait-il fallu alors jeter son dévolu sur le quatrième gardien, Kevin Van den Noortgaete, pour faire l'affaire, et ainsi de suite ? Non, évidemment. Il y avait une place à pourvoir entre les perches l'été passé et, tout comme en 2003-04, deux hommes entraient en ligne de compte pour le statut de titulaire : Tristan et Daniel. D'emblée, je m'étais accommodé d'un rôle de troisième homme et, par là même, je n'ai jamais revendiqué quoi que ce soit, aussi bien il y a un an que durant l'exercice en cours. La seule chose qui me chagrine, c'est qu'au moment où mes deux collègues traversèrent une mauvaise passe, le langage tenu par le staff technique était toujours le même : - Anderlecht possède deux bons gardiens. Et moi alors ? Etais-je donc la cinquième roue de la charrette ? Pourquoi n'avais-je pas droit à la même considération ? Pourtant, lors de mes divers intérims, je ne m'étais pas montré moins bon qu'un autre. A ce titre, aux dires de certaines personnes, j'aurais peut-être pu revendiquer plus. Mais je ne me suis jamais manifesté en ce sens. Normal, dans la mesure où je ne voulais pas qu'on me reproche de ne pas m'en tenir à mon rôle de départ : celui de numéro 3. J'avoue que son jugement m'avait déconcerté. Car qu'attendait-on de moi, sinon que je sois un stand in loyal. Et voilà que cette attitude chevaleresque n'était pas prisée, subitement. Qu'aurais-je dû faire ? Ruer dans les brancards ou clamer sur tous les toits que je voulais être numéro 1 ? Ce n'était pas sur ces bases que j'avais paraphé mon engagement. Pouvait-on m'en vouloir, dès lors, de faire montre de droiture ? Je ne le crois pas. Quant à l'ambition, c'est quoi exactement ? Faire de l'esbroufe ? Très peu pour moi. Mon seul credo, c'est d'être irréprochable, sur le terrain comme dans le vestiaire. Et, sous cet angle-là, je n'ai pas l'impression qu'il y ait grand-chose à redire. J'aurais préféré que la situation soit claire immédiatement. A présent, elle est toujours entourée d'un voile de mystère puisque je ne devrai tirer ma révérence qu'au cas où Anderlecht dénichait quelqu'un qui réponde au profil souhaité. Je vis donc, peut-être, mes derniers mois au Parc Astrid. Mais il n'est pas interdit de penser, non plus, qu'on m'accorde un rabiot. De toute façon, je ne m'en formalise pas : ce n'est pas parce que mon contrat ne sera peut-être pas reconduit que je vais soudain me soucier de mon travail comme un poisson d'une pomme. Au contraire, si je veux taper dans l'£il des recruteurs, j'ai plutôt intérêt à me montrer à la hauteur de ma tâche. Ma carrière ne s'arrêtera pas chez les Mauves. D'ores et déjà, quatre clubs de D1 sont venus aux nouvelles en prévision de la saison prochaine. Comme quoi, je jouis toujours d'une certaine estime dans le milieu. Ma participation au dernier match en Ligue des Champions à l'Inter Milan. J'avais déjà goûté aux joies de la Coupe d'Europe, jadis, avec l'Eendracht Alost ; nous avions rencontré l'AS Rome en UEFA. Secrètement, j'ai toujours caressé l'espoir de pouvoir me produire un jour sur la plus haute scène et ce rêve s'est finalement réalisé à San Siro. Ce match-là constituait, à mes yeux, la juste récompense du travail fourni dans l'ombre, durant des mois, à Anderlecht. Car si j'avais abordé le football en dilettante, comme le soutiennent parfois certains qui me voient à l'£uvre à l'entraînement, je ne me serais pas montré sous mon meilleur jour cette fois-là. Sans doute. Autant je suis jouette aux séances de préparation, autant je suis toujours sérieux et appliqué en match. A ce moment-là, je suis comme un sphinx : concentré à 100 % sur mon sujet. Une bombe peut éclater à côté de moi, je ne l'entendrai pas. La concentration, c'est mon point fort. C'est vrai. J'étais tout naturellement transcendé chez les Nerazzurri et j'ai apprécié aussi l'effervescence qui régnait autour du dernier sommet entre Anderlecht et le Club Bruges, que j'ai eu la chance de disputer également. Peut-être parce qu'ils n'avaient jamais connu l'adversité auparavant. De ce point de vue-là, j'ai été blindé très tôt : au Standaard Wetteren, quand j'étais encore adolescent, j'en avais entendu des vertes et des pas mûres, sous prétexte que je devais ma place dans le goal à mon père, qui était entraîneur des gardiens à l'époque. J'avais 18 ans à peine et il s'en était fallu de peu que je jette les gants. Un ami de la famille avait prophétisé que cet épisode m'endurcirait et que je mènerais ma barque beaucoup plus loin qu'en D3. Finalement, il ne s'était pas trompé puisque j'ai connu les joies du football parmi l'élite avec Alost et, surtout, La Louvière. Il ne m'avait pas à la bonne mais j'ai toujours su que je lui rendrais un jour la monnaie de sa pièce. Et j'ai obtenu gain de cause en gagnant la finale de la Coupe de Belgique avec les Loups. Sur le plan belge, c'est mon plus beau souvenir à ce jour. Il va de soi qu'il a étoffé singulièrement son registre, grâce à son expérience acquise en équipe Première chez les Vert et Blanc ainsi qu'à son nouveau statut d'international. A 21 ans, il a un potentiel certain mais la transition éventuelle risque tout de même d'être grande entre le Centre et Bruxelles. Moi-même, j'ai eu besoin de quatre à cinq mois pour digérer la différence d'intensité entre le football déployé. A la place de la direction, je réfléchirais quand même à tête reposée avant de prendre cette mesure. Tristan, pour moi, c'est franchement la toute grande classe. Je ne pense pas que, techniquement parlant, il y ait meilleur que lui en Belgique. Chez lui, le mental conditionne toujours ses prestations. S'il se sent soutenu à fond par son entourage, il réalisera toujours des matches sans faille. L'ennui, c'est qu'il a le sentiment d'avoir été floué. Je n'en dirai pas plus. C'est vous qui le dites... S'il est bien encadré et conseillé, je suis persuadé qu'il peut revenir, plus fort que jamais. Et qu'à 25 ans, sa carrière aura pris son envol pour de bon. Tristan, Daniel et moi possédons trois caractères différents qui nécessitent autant d'approches particulières. Pour bien faire, il aurait besoin d'un suivi personnalisé, au même titre qu'un attaquant doit travailler son explosivité ou un médian son endurance. A l'étranger, on a compris cette réalité. Ici, on n'en est pas encore à ce stade. C'est marrant mais vous avez été le tout premier journaliste, depuis le début du championnat, à m'interroger d'abord sur mes prestations, puis à évoquer les deux autres (il rit). En général, avec vos collègues, mon keeping était tout à fait accessoire et seule mon opinion concernant Tristan et Daniel avait de l'importance. Mais c'est vrai : j'ai souvent été amené à devoir les encourager vu les passes difficiles qu'ils ont vécues. Ma seule envie, c'est de laisser une trace. Quoi qu'il advienne de moi, je veux que l'on se souvienne de Jan Van Steenberghe comme un gardien sur qui le Sporting a pu compter, en toutes circonstances. Je n'aimerais pas que les gens se demandent, comme ce fut le cas avec Zeljko Pavlovic autrefois : -Ce gars-là, au fond, c'était un gardien ou un joueur de champ ? Je pense que dans mon chef, le doute n'est déjà plus permis. C'est toujours ça de pris. Bruno Govers" Sur le plan technique, il n'y a pas meilleur que Peersman en Belgique " " J'ai été choqué que le staff dise : Anderlecht a deux bons gardiens "