Peu à peu, nos play-offs deviennent une tradition plutôt qu'un gag, même si leur 7e édition démarre demain 1er avril ! D'accord, il reste du cocasse : comme supprimer cette fois les PO3, comme ne pas appliquer aux PO2 la division des points par deux... comme avoir un participant à ces PO2 qui n'en a rien à fiche avant même de commencer ! Consommation boulimique de joueurs, chamboulements à tout-va, mais pardon des offenses aux supporters via cette victoire en Coupe, le Standard est dès maintenant élu bolu 2015-2016.
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Peu à peu, nos play-offs deviennent une tradition plutôt qu'un gag, même si leur 7e édition démarre demain 1er avril ! D'accord, il reste du cocasse : comme supprimer cette fois les PO3, comme ne pas appliquer aux PO2 la division des points par deux... comme avoir un participant à ces PO2 qui n'en a rien à fiche avant même de commencer ! Consommation boulimique de joueurs, chamboulements à tout-va, mais pardon des offenses aux supporters via cette victoire en Coupe, le Standard est dès maintenant élu bolu 2015-2016. Tant mieux pour lui, y'en a toujours un : en remerciant Abdou Diaby, en félicitant Olivier Renard d'avoir imaginé exciter les Malinois pour mieux booster les Rouches la semaine suivante ! Mais pensée émue pour Slavo Muslin le défenestré, qui n'a pas fait pire championnat que son successeur : 7/15 pour l'un, 34/72 pour l'autre, ça fait kif 47 %. Après 5 matches, Francky Dury avait 7 points, comme Muslin, Zulte Waregem n'a rien chambardé et se retrouve en PO. Chapeau, ça pourrait presque faire croire qu'existe une morale en foot, d'autant que les supporters flandriens sont les plus gâtés de la phase classique : average de 51-50, 101 buts dans les mirettes en suivant partout leur club. Ils sont l'antithèse des voisins courtraisiens pauvres de 66 buts (31-35) ! Chapeau à Dury surtout, on lui pique ses bons joueurs chaque année et il maintient des résultats en en révélant d'autres : en 5 saisons à la tête de Zulte depuis les playoffs de 2010 (*), c'est la 4e fois qu'il atteint les PO1, c'est à peine moins que Gand, Genk et le Standard sans disposer des mêmes moyens. Il y a des coaches qui accomplissent de petits miracles chaque saison sans qu'on s'en rende vraiment compte, et d'autres qui se sont ouvert toute une carrière sur base d'un seul gros coup à leurs débuts : c'était ma transition pour vous causer d'André Villas-Boas. Personne ne le connaissait en 2011 lorsque, après moins d'une saison (à Coimbra) comme coach principal, il réussissait un triplé avec Porto : Europa League, coupe et championnat du Portugal ! Y'a pire comme débuts, ça laissait forcément augurer certaines qualités, et nous sommes dans un domaine - le foot - où le coup d'essai réussi est volontiers assimilé au coup de maître. Assimilation que commit Roman Abramovitch en décidant de se payer le jeune Dédé, lequel accourut à Chelsea... pour foirer en championnat, se faire virer en mars et abandonner à Roberto Di Matteo la gloire de brandir la Ligue des Champions. Qu'importe : Tottenham, déjà friqué à l'époque, est alors alléché : Dédé y fonce, n'arrive pas à taquiner le Big four en 2012-2013 même si Gareth Bale lui pète 21 buts, puis se fait remercier en décembre de la saison suivante. Il se replace au Zenit et n'y sera que champion russe en 2014-2015. Pas vraiment une perf dans ce club de riches rêvant depuis lurette d'être mégapointure européenne. Je résume donc par cette question qui me chipotait : Villas-Boas est-il un vrai bon coup ? Eh bien, depuis le récent Zenit-Benfica de Champions League, je sais que non ! Rappelez-vous, les Russes ont été battus 1-0 à Lisbonne. Au retour, Hulk ouvre le score à la 69e et c'est l'instant précis de mon ébahissement. Dédé crève l'écran : il explose de joie, bondit et rebondit sur place, embrasse tout son staff, éructe un bonheur barbu de supporter basique, cabriole comme un schtroumpf à deux doigts du striptease. Bref, je n'en reviens pas : ça ne fait jamais qu'un but partout au total des deux matches, il reste 25 minutes de jeu à gérer intelligemment pour espérer l'issue heureuse, et ce mec déserte son cerveau au moment où il en aurait le plus besoin ! Dédé est un pantin rêveur, pas un coach professionnel. Score final 1-2, adieu veau, vache, cochon, couvée. AVB vient d'annoncer qu'il quitterait le Zenit, le Zenit n'en sera pas orphelin. Mais les glorioles ont la vie dure : il se chuchote qu'à l'Olympique de Marseille, le prési Vincent Labrune rêve d'André Villas-Boas. Faut croire qu'il ne connaît pas Francky Dury. (*) Zulte a aussi manqué les PO1 en 2011 et 2012, mais le Francky s'en était allé à Gand, puis à la fédé... PAR BERNARD JEUNEJEAN